Conseil municipal à Montpellier (© AM)
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Ce mardi 21 septembre 2021, 61 affaires étaient à l’ordre du jour du Conseil Municipal de Montpellier, réuni en « présentiel ». Que faut-il en retenir ?

En guise de comité d’accueil de ce conseil de rentrée, près de 200 Atsem s’étaient donné rendez-vous pour une manifestation festive devant l’Hôtel de Ville, exhortant le Maire  « à descendre », pour venir dialoguer avec elles. Une problématique qui n’a eu de cesse de rebondir, tout au long du conseil. Et ce ne fut pas la seule…

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Au sommaire de ce conseil : Ligne Nouvelle Montpellier- Perpignan (LNMP), environnement, attractivité des territoires, jeunesse, « résorption » des bidonvilles et avenir du Zoo…

En amorce, avant de rentrer dans le vif du sujet, le conseil a décidé d’approuver à l’unanimité, la dénomination du futur groupe scolaire de la ZAC Restanque, « Lucie Aubrac – Samuel Paty ». Une unanimité qui vient à point nommer pour saluer la mémoire de Samuel Paty, le 16 octobre prochain.

Ligne Nouvelle Montpellier- Perpignan

« Enfin, on rentre dans la phase opérationnelle », s’est réjoui le Maire de la Ville devant une assemblée presque conquise. L’horizon est à présent posé pour la fin d’un des couloirs ferroviaires les plus saturés de France. En pratique la Ville a émis un avis favorable sur l’enquête préalable sur la déclaration d’utilité publique (DUP). À la suite de la DUP, les travaux devraient commencer à l’horizon 2029 pour un mis en service en 2034.

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« 30 ans que nous attendons cette ligne », précise la conseillère municipale Coralie Mantion (Choisir l’écologie à Montpellier), inquiète de « ce projet qui n’est pas mixte de bout en bout […] À terme, la ligne historique est condamnée par la montée des eaux. Il n’est donc pas raisonnable écologiquement et financièrement que la ligne ne soit pas mixte TGV-fret sur la totalité du tracé. Revoyons la phase 2 du projet rapidement, car l’urgence climatique n’attend pas ». Une inquiétude partagée par la conseillère d’opposition Alenka Doulain, qui ajoute que « les deux gares nouvelles prévues en raz-campagne à Béziers et Narbonne doivent être abandonnées ».

« Ça fait trois décennies qu’on en entend parler », complète sans approuver sa collègue, l’adjoint au maire, Hervé Martin (Communiste et Républicain), « sur le plan écologique, il y a un enjeu« , précise l’élu, tout en évoquant la nécessité d’une mobilisation citoyenne, comme celle qui a « ressuscitée » la ligne Pergignan-Rungis.

Le montant total du projet est estimé à 6,12 milliards €, selon une clef de financement définie entre les collectivités et l’État.

Environnement

Dans le cadre de sa politique environnementale, la majorité municipale a décidé d’instaurer un barème d’évaluation de la valeur des arbres, au 1er janvier 2022, afin d’enclencher des pénalités contre les entreprises endommageant des arbres, lors des travaux, en sus « de solutions de diversification et d’expérimentation de nouvelles essences », dans l’objectif notamment de lutter contre le chancre coloré, a pu compléter l’élu référent Stéphane Jouault (Choisir l’écologie à Montpellier).

Un outil qui n’a pas plu à l’élue d’opposition Alenka Doulain, « on raffole de ce type de dispositif […] un système où tout à un prix, tout ce vend, tout s’achète, pose problème […] vous choisissez une écologie d’accompagnement alors qu’il fallait une écologie de rupture ».

Ce barème pourrait prochainement être enrichi, comme a pu le préciser l’adjoint au maire écologiste, « j’aurai bientôt l’occasion de vous présenter un autre barème de l’arbre, pour réfléchir à une compensation, en matière de biodiversité », un outil qui devrait servir au comité ARBRE de la Ville. En parallèle, la Ville s’engage au travers de « Montpellier Ville Nature » à planter 50 000 arbres en 10 ans, et il a été décidé d’instaurer une exonération totale de la taxe foncière sur les propriétés non bâties, pour les exploitations certifiées en agriculture biologique, pour une durée de 5 ans.

Attractivité

À propos d’une affaire relative à la prolongation de la durée des conventions d’occupation du domaine public de la Ville, la conseillère d’opposition, Alenka Doulain a proposé, une nouvelle fois, l’abrogation du règlement des terrasses, votée par la majorité cet été, et une nouvelle consultation.

L’occasion pour le Maire de s’interroger « presque » naïvement, sur cette demande, « est-ce que les terrasses ont disparu ? […] Aujourd’hui, ce que nous disent les professionnels, c’est qu’ils n’arrivent pas à recruter ? […] Vous cherchez à créer une polémique et créer de l’anxiété pour les restaurateurs ». Bref, circulez, il n’y a rien à voir.

Une affaire qui a rebondi avec la suivante, lors du vote de l’exonération du loyer jusqu’au 31 décembre du Rockstore. Pour le conseiller d’opposition Salim Jawhari (Le Cœur & l’Action), évoquant une rupture d’égalité avec la fin du quoi qu’il en coûte, « vous ne visez qu’un exploitant […] je ne vois pas en quoi la collectivité territoriale devrait mettre la main à la pâte ».

Jeunesse

Alors que l’assemblée a adopté une nouvelle organisation du conseil montpelliérain de la jeunesse, créé en 2018 et renouvelé en 2021, la conseillère Alenka Doulain, en a profité pour souligner les derniers dysfonctionnements du dispositif, « à travers plusieurs témoignages, le processus de candidature a manqué de rigueur », et d’évoquer son absence de rôle décideur. « Nous déplorons ainsi que le conseil montpelliérain de la jeunesse, constitué sans respecter les consignes de départ, n’ait qu’une vocation consultative ». Des critiques restés sans effet sur les positions de la majorité.

En pratique, le conseil a vu son règlement modifié, afin d’intégrer une stricte parité, 32 femmes et 32 hommes. Les membres du conseil peuvent transmettre à la municipalité des avis ou propositions. En parallèle, l’assemblée a aussi adopté la gratuité de la carte des Maisons pour tous pour les bénéficiaires du Pass culture.

Bidonvilles

En amorce du conseil, les bidonvilles se sont, une première fois, invités dans l’assemblée, « le bidonville et le squat ne peuvent être la norme à Montpellier », a précisé d’emblée le Maire de la Ville, après une interpellation de la conseillère municipale Alenka Doulain, « nous avons une méthode, celle de l’habitat intercalaire […] nous sommes sur un calendrier, le prochain bidonville traité, le sera sur la méthode de l’intercalaire, ce sera le bidonville de Celleneuve », tout en condamnant à demi-mot la méthode préfectorale, « on ne peut expulser comme ça ».

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La question des bidonvilles a de nouveau rebondi, en milieu de conseil, toujours avec Alenka Doulain, lors d’une affaire  relative à la mise à disposition entre la Ville et le Ministère des Armées, du 3 boulevard Henri IV. L’occasion pour le maire de l’affirmer encore, « nous notre méthode, c’est la méthode des Archives, ça vous ne l’aviez pas vu ».

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Et une dernière fois, lors du vote de l’attribution de subvention aux associations dans le cadre de la thématique « Lutte contre les exclusions », « cette délibération est révélatrice d’un paradoxe insupportable. D’un côté l’État et la Ville mobilisent des moyens financiers pour lutter contre l’insalubrité des bidonvilles : 20 000€ aujourd’hui, qui s’ajoutent aux 40 000€ votés en décembre dernier. Dans le même temps, le représentant de l’État et celui de la Ville expulsent et détruisent ces mêmes bidonvilles à la pelleteuse, avant même que les acteurs associatifs aient pu mener les projets. Cela s’appelle jeter l’argent public par les fenêtres. » Une critique restée lettre morte, du côté du premier édile, « nous allons voter ces subventions pour mettre fin aux bidonvilles ».

Zoo

À l’occasion d’une affaire relative à l’adhésion à une organisation de protection des espèces menacées, la question de l’avenir du Zoo s’est invitée dans les débats.

« Nous proposons de réaliser un bilan complet, qui doit conduire à une réintroduction systématique dans leur milieu naturel des animaux qui peuvent l’être, l’arrêt progressif de la Serre amazonienne, gouffre écologique et financier, et la réorientation du Zoo en lieu d’éducation populaire », précise l’élue d’opposition Alenka Doulain, très critique sur les gestions successives du Zoo. Sans lui répondre, le Maire de Montpellier est resté sans appel, « sur la question du zoo, une délibération aura lieu qui posera l’ensemble des projets et des attendus », tout en confirmant que la collectivité continue de mettre des lignes de crédit, et que le principe de gratuité n’a pas vocation a être remis en cause.

Un mutisme partiel, qui a quelque peu agacé, la conseillère municipale de l’opposition Annie Yague (Montpellier Citoyens), « avec ma collègue Patricia Mirallès, nous sommes inquiets pour le zoo », évoquant un héritage des harkis, et des « espèces et structures emblématiques qui font le bonheur des enfants et des familles » et appelant « à consulter largement les habitants sur ce sujet, la destination et l’avenir du parc zoologique doivent être décidés collectivement par les Montpelliérains ». Une critique renforcée par son collègue Abdi El Kandoussi, « il faut confirmer deux éléments fondamentaux, la gratuité doit être maintenue et la présence d’animaux, en prenant en compte le bien-être animal ». Des remarques de l’ancienne majorité municipale qui ne passe pas pour Michaël Delafosse, « quand on est arrivé aux responsabilités, nous pensions que le dossier était clos […] On proposera une délibération-cadre pour le Zoo ».

À l’horizon 2023, des travaux de restructuration devraient commencer, selon les services de la Mairie. D’ici là, une délibération doit être prochainement présentée en conseil pour fixer le nouveau cap et notamment préciser les contours du futur hôpital de la faune sauvage.

Atsem

« Vous n’avez pas utilisé les marges que vous aviez pour régler les problèmes », a fait rebondir  la conseillère Alenka Doulain, alors que les Atsem manifestaient toujours devant l’Hôtel de Ville, et que l’élu proposait au premier magistrat de lui remettre l’ouvrage « Le saviez-vous », relatant le métier d’Atsem et signé par les agentes et les syndicats.

Une critique qui a plus qu’agacé le Maire de la Ville, « vous êtes dans l’opposition, donc vous caricaturez, assurément […] la question se pose sur la qualité du service public, l’accompagnement […] vendredi, les Atsem ont fait l’objet de négociations », et évoquant plus précisément leurs conditions de travail, « on va travailler sur le chantier condition de travail et de pénibilité ». Et comme pour lui répondre, le conseil a décidé d’adopter la mise en place d’une prime d’intéressement de la performance collective en faveur des agents de la Ville de Montpellier de 300€ brut par an, versée à la mi-décembre et qui devrait être reconduite d’année en année.

Alors que le conseil prenait fin en même temps que la matinée, les Atsem tenaient, elles, toujours le piquet de grève sur le parvis de l’Hôtel de Ville, sans avoir pu rencontrer les élus de la majorité, qui se sont discrètement éclipsés entre midi et deux, parfois sous les sifflets.

En bref. Le conseil a aussi acté le changement de nom de la ZAC EAI, en ZAC du « quartier de la Cité éducative », la création d’un parking vélo pour la desserte du Stade de la Mosson, adopté un plan d’actions 2021 pour la Cité éducative Mosson-Montpellier, et la nouvelle crèche de la ZAC Rive Gauche de Port Marianne sera dénommée « Liselotte » en l’honneur de Liselotte von der Pfalz, née au château d’Heidelberg et belle-sœur de Louis XIV.

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