Conseil de Métropole du 7 juin 2021 (© AM)
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Ce lundi 7 juin 2021, 111 affaires étaient à l’ordre du jour du conseil de Métropole, réuni pour la première fois depuis longtemps en « présentiel ». Que faut-il en retenir ?

Aux 105 affaires initialement prévues, 6 ont été ajoutées lors d’un envoi complémentaire, portant à 111 le nombre total d’affaires, au sommaire : Plan Pauvreté, police métropolitaine des transports, gratuité des transports et lancement du projet Med Vallée…

Plan Pauvreté

« Il y a urgence à agir pour les plus précaires », explique Clara Gimenez, Vice-présidente communiste de la Métropole. Personne ne pourrait lui donner tort, dans la Métropole, 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pour endiguer la vague, le plan pauvreté doté de 3 M€ sur trois ans, a été mis en place en fin d’année dernière. Pour le compléter, l’assemblée de l’Établissement Public de Coopération Intercommunal (EPCI – Métropole de Montpellier) a décidé d’adopter un avenant au plan. En pratique, les actions du Plan Pauvreté pour 2021, représentent un somme de 1,94 M€ (dont une participation de l’État de 0,59 M€.  « Je crois qu’on est tous d’accord pour dire que le Plan de Pauvreté, tout seul, ne sortira pas les gens de la pauvreté […] c’est plutôt l’occasion de saisir des financements de l’État, pour faire une politique qui devrait être la sienne ».

Première à prendre la parole, la conseillère métropolitaine, Alenka Doulain (Nous Sommes) a évoqué certaines « faiblesses » du Plan, « nous le soutenons […] mais stop à l’hypocrisie […] quel est votre objectif M. le Président, endiguer la pauvreté, ou la déplacer au-delà de l’écusson ? ». Pour la Montpelliéraine, le montant de l’investissement métropolitain, 326 516, 34€ est à mettre en perspective avec le « montant accordé à la multinationale évadée fiscale JC Decaux« , ou « le coût de la réfection de la dalle du Polygone ».

Du côté de la majorité, on se réjouit de cette avancée, même si tous « nos efforts pour combattre la pauvreté, ne sont pas dans le plan pauvreté », précise Michel Calvo adjoint au Maire de Montpellier, « le Plan pauvreté est là pour donner des effets d’entrainement », explique-t-il, avant de reprendre Alenka Doulain, « c’est bien beau de faire une opposition […] moi, je fais du combat contre la pauvreté, à travers des parcours pour en sortir« . Même constat positif du côté d’Isabelle Touzard, Vice-présidente et Maire de Murviel-lès-Montpellier, « je me réjouis de voir le volet alimentaire se développer dans le Plan Pauvreté […] avec l’objectif de sortir de la précarité alimentaire ».

« Je voudrais rendre hommage au travail de Mme Gimenez et de M. Calvo », précise le Vice-président  René Revol,« il faut réfléchir à une politique plus universelle […] politique globale à l’échelle de la Métropole […] nous pouvons beaucoup plus agir sur les biens et les services », explique le Maire insoumis de Grabels, avant d’évoquer la gratuité des transports ou encore la politique tarifaire de l’eau.

Révision du Plan Climat en Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET)

« Nous devons être exemplaires en tant que collectivité », introduit Isabelle Touzard, et pour fixer les objectifs et espérer les atteindre, le PCAET présenter en « chorale » par une partie de la majorité métropolitaine, vise tout à la fois à atténuer l’impact du territoire sur le climat, et adapter le territoire au changement climatique. Une ambition en trois étapes, d’abord des engagements sur le mandat, puis des engagements à l’horizon 2030 et enfin des engagements à l’horizon 2050 pour arriver à la neutralité carbone, dans le cadre de la loi relative à l’énergie et au climat.

En pratique, le PCAET vise à décarboner 100% du parc de transport commun d’ici 2030, augmenter à 15%, la part modale du vélo d’ici 2030, ramener de 18% à 5%, d’ici 2050, le nombre de ménages en précarité énergétique, atteindre 90% de rendement du réseau d’eau potable, d’ici 2030, tendre ver le « Zéro artificialisation nette » en 2030, pour les quartiers mixtes, d’atteindre 80% de déchets recyclés ou valorisés en 2030, et enfin de respecter le « 0 phyto » sur le territoire en 2030. Un optimisme qui n’a pas tout à fait été partagé par la Maire de Saint-Drézery, Jackie Galabrun-Boulbes, c’est « un travail phénoménal […] il y a un engagement que je ne pourrai pas tenir, c’est le zéro phyto […] ma commune n’est pas reliée au tout-à-l’égout », évoquant par la même la grande diversité de développement des communes de la Métropole. Comme pour rappeler la nécessité de jouer collectif, Frédéric Lafforgue, Vice-président de la Métropole précise, il y a « une très forte ambition de la Métropole […] mais, « l’impact de nos actions dépendra de notre manière de nous coordonner ».

Du côté d’Alenka Doulain, on est plus circonspect, « merci pour ce point d’étape […] c’est un document rempli de bonnes intentions, à l’horizon 2050″. Pour la conseillère métropolitaine, la dimension sociale pêche par son absence ; évoquant l’exemple de la ZFE, « Zone de Forte Exclusion » et symptôme d’une « écologie bourgeoise à la Macron », « c’est un peu quand on lit ce document, la vôtre ». À l’inverse, celle-ci aurait préconisé plus de concret, avec « une écologie pour le plus grand nombre » et aurait voulu que soit mis en place des coachs énergétiques, une aide aux propriétaires pour la rénovation des logements via des baux de réhabilitation, des cours de vélo, ou encore des cantines populaires pour cuisiner les invendus.

Pour le Président Michaël Delafosse, ce document est une « feuille de route pour faire la transition […], une transition écologique et solidaire […], et ne laisser personne sur le chemin ». En fin d’année 2021, le PCAET doit aboutir à un programme d’actions opérationnelles.

Dans le même sens, l’assemblée a adopté la mise en place d’une aide de 1 300€, à destination propriétaires, copropriétaires, habitants ou bailleurs,  pour la rénovation énergétique de leur logement. Cette aide sera cumulable avec les dispositifs existants, avec pour objectif de 1300 logements rénovés en 2021, puis 4 500 par an, à partir de 2021. Une subvention de 90€ pour la mise en place d’un diagnostic La Métropole a aussi adopté un premier Pacte Local d’engagement pour la transition écologique, qui porte « une vision commune de l’avenir des infrastructures de mobilités et de réseaux à l’horizon 2030 ».

42 agents pour la police métropolitaine des transports

Présentée par le Maire de Pérols, Jean-Pierre Rico, l’affaire était très attendue. En pratique, la future police métropolitaine des transports sera au nombre de 42 agents avec pour vocation de lutter contre le harcèlement, les vols et agressions. Ceux-ci seront répartis 7j/7 (montée en puissance du mercredi au samedi) sur les 31 communes de la Métropole, dans le réseau bus et tramway, armés et avec des unités cynophiles.

Les agents seront des agents de police judiciaire adjoints. Ceux-ci pourront relever l’identité et auront accès au fichier de police. En réalité, seuls 15 policiers seront présents au quotidien, armés et équipés trois véhicules, dont un véhicule cynophile. Cette unité de police devrait entrer en vigueur en 2023.

Si la mise en place de cette force de police a fait consensus, son financement a beaucoup interrogé les Maires, « une question reste en suspens pour moi », explique le Maire de Beaulieu, « à quelle hauteur bloquer le curseur en matière de solidarité communale […] comment va être financé ce nouveau service ? » Même interrogation pour le Maire de Baillargues, Jean-Luc Meissonnier, « loin de moi l’idée d’être contre […] on se retrouve avec des difficultés vers le pôle de Cadoule et Bérange […] on a du embaucher six équivalents temps plein pour finir les travaux […] il faut déjà rectifier ce qui ne marche pas ». On est plus positif du côté du Maire de Saint Geniès des Mourgues, Yvon Pellet, « je suis totalement favorable […] la sécurité c’est important […] il y aura un pacte fiscal, il va falloir payer, je suis favorable […] même si l’impression dans nos communes, c’est de payer au Pôle, et ne pas avoir de retour ».

Du côté d’Alenka Doulain, c’est plus sur l’insuffisance du nombre d’agents que l’on s’inquiète, « est-ce que le nombre est suffisant, est-ce efficace en matière de méthode ? […] Je m’étonne un peu de l’ambition […] seulement 15 agents seront réellement présents sur les réseaux ». Elle a aussi proposé  le recrutement de médiateurs, au-delà des 6 existants, pour accompagner les usagers. Un demi-soutien de la part de René Revol, « je suis d’accord avec la proposition de Mme Doulain [les médiateurs] ne sont pas contradictoires avec la police municipale, mais complémentaires ». « Je préfère parler de tranquillité publique que de sécurité […] et il faut se donner les moyens », précise le Maire de Juvignac, Jean-Luc Savy. Pour Jackie Galabrun-Boulbes, « le nombre est insuffisant […] il nous faut suppléer au manquement de l’État, je m’abstiendrai ».

Pour Michelle Cassar, Maire de Pignan, et Vice-Présidente de la Métropole, « il ne faut pas s’arrêter aux transports […] il faut faire un effort pour l’étendre sur le mandat ». Une position partagée par Sébastien Cote, Adjoint au Maire de Montpellier, il s’agit d’une forte augmentation de 12% du nombre de policiers municipaux de la Métropole, « un vrai plus pour les transports, pour la Métropole et pour chaque ville qui a des policiers municipaux ou n’en a pas […], c’est la première étape pour la prévention de la délinquance au niveau intercommunal ». On évoque aussi du côté de la Vice-présidente Julie Frêche, une progressive « montée en puissance ». Une perspective qui n’enchante pas le Vice-président de la Métropole et Maire de Castelnau-le-Lez Frédéric Lafforgue, il faudrait « d’abord aller vers des missions de coordination entre nos polices municipales […] avant de parler d’effectifs ».

« La totalité de notre population va à Montpellier […] il est essentiel d’assurer la sécurité […] on se doit d’avoir une politique globale […] il y a une volonté collective de s’engager sur ce sujet », précise le Maire de Lattes, Cyril Meunier.

« J’entends, mais c’est quoi l’image de la Ville et de la Métropole, quand on arrive à la Gare ? », s’interroge le Président de la Métropole, devant la levée de boucliers de certains membres de l’assemblée avant la mise au vote, « avec cette police, nous apportons une réponse […] Combien coûte une agression d’un conducteur ? […] Je vous propose une réponse bâtie par Jean-Pierre Rico, mettre des hommes dans les transports en commun. […] On crée de la solidarité entre nous, pour assurer la sécurité ». Empourpré, Michael Delafosse a mis l’affaire au vote, récoltant l’unanimité, moins l’abstention de la Maire de Saint-Drézery.

Lancement de la deuxième phase de la gratuité des transports urbains

L’assemblée devait approuver la mise en œuvre de la 2e étape avec la gratuité pour les « moins de 18 ans » et les « plus de 65 ans », à partir du 1er septembre 2021. Depuis la mise en place de la première phase, 650 000 trajets ont été réalisés, 43% des voyages réalisés le week-end, près de 80 000 habitants on acquis le Pass « gratuité week-end ».
Pour la Vice-présidente de la Métropole, Julie Frêche, depuis le lancement les week-ends en septembre dernier, « les résultats sont assez exceptionnels malgré la crise sanitaire. » L’élue précise, nous allons« créer une génération gratuité […] tous les jeunes ayant moins de 18 ans aujourd’hui, rentreront dans une logique de gratuité permanente ».

Pour la conseillère métropolitaine Alenka Doulain, il semblerait que« le dogme ne pourra pas être questionné […] tous les étudiants me contactent, et ne comprennent pas pourquoi ils ne sont plus concernés […] je ne suis pas contre la gratuité […] vous avez fait le choix de vous rétracter sur la gratuité pour les étudiants ».

Pour Hervé Martin, la gratuité va dans le sens du social et s’inscrit dans le Plan Pauvreté, « nous construisons un service public gratuit sur la Métropole de Montpellier » , avec de vraies économies pour les ménages, « nous tenons le cap pour arriver à la gratuité totale en 2023 ».

« Nous passons à la deuxième étape, à peine un an après la première », explique Michaël Delafosse, la suppression de la gratuité pour les jeunes est un « choix de gestion des deniers publics ». « Vous verrez Mme Doulain en 2026, dans toutes les campagnes électorales, nous parlerons de la gratuité des transports […] Il n’y a pas la gratuité dogmatique et la gratuité généreuse, il y a un très beau projet. » La phase 3 de la gratuité devrait être mise en place fin 2023, avec la gratuité des transports pour tous.

VOIR AUSSI : Montpellier : Avec la 5e ligne de tramway, Michaël Delafosse « met la ville en chantier ! »

Lancement du projet Med Vallée

L’assemblée a adopté la délibération « cadre », celle-ci autorise juridiquement le démarrage des opérations foncières, et permet de recevoir le soutien des partenaires publics. Les contours exacts du projet devraient être davantage précisés, en septembre-octobre prochain.

Du côté des Maires, le projet séduit, « c’est un projet concret […], merci pour ce projet, on sera totalement partenaires », explique Cyril Meunier. Même son de cloche du côté de Frédéric Lafforgue, l’affaire « confirme intérêt et ambition de ce projet […] avec volonté pour ma commune de […] candidater pour intégrer le dispositif Med Vallée ». Pour René Revol, « la santé est devenue un enjeu du siècle […] avec un changement de paradigme, nous ne sommes plus uniquement dans le curatif […] Il faut réfléchir comment Montpellier peut s’intégrer dans ce nouveau paradigme ».

On attend toujours le concret, du côté d’Alenka Doulain, « vous êtes fort avec les faibles et faible avec des forts, abandon du stade la Paillade, chèque à la multinationale JC Decaux, chasse des SDF, augmentation de la taxe sur les ordures ménagères… »

En parallèle, la Métropole s’est aussi engagée dans l’acquisition du site Agropolis Muséum, en son sein un pôle économique devrait être implanté autour de la santé, du bien-être, de l’alimentation et de l’environnement. Le prix de vente était de 760 000 €.

L’accession abordable sur le territoire de la Métropole

L’assemblée de la Métropole a adopté un référentiel pour garantir « des logements abordables ». Un référentiel qui a beaucoup fait s’interroger, la conseillère métropolitaine, Stéphanie Jannin, « peut-on parler de logement abordable à 3200 euros du m2 ? » Pour l’élue de l’ancienne majorité municipale, la Métropole aurait dû « reprendre  ledispositif logement abordable de 2015 », avec votre référentiel, « le logement abordable est devenu beaucoup moins abordable ».

Vous connaissez mieux que moi le bilan », précise le Président de la Métropole, « si les dispositifs marchaient, on les aurait continués […] attention, le but est de préparer les dispositifs de logement abordable […] dans l’attente d’un possible encadrement des loyers ».

« Pour le moment aucune définition homogène de l’accession abordable n’existait », explique Claudine Vassas-Mejr, « le zonage est imposé nationalement et nous sommes nous même contre ».

Un exercice 2020, marqué par la transition et la Covid-19

Le temps de l’adoption du compte administratif et du compte de gestion 2020 et de ses budgets annexes, le Président de la Métropole a cédé sa place au Maire de Jacou, Vice-président de la Métropole et du Département, Renaud Calvat

Un exercice 2020, marqué par la crise sanitaire et l’élection d’une nouvelle majorité :

Pour Max Lévita, ancien grand argentier de la Métropole, « la situation reste extrêmement difficile […] il serait étonnant que nous retrouvions la situation antérieure ». On s’interroge aussi sur les bienfaits économiques d’un projet comme la Med Vallée, dont le principe sillonne l’intercommunalité depuis près de 30 ans.

En parallèle, l’assemblée a aussi adopté de fixer le tarif de taxe de séjour applicable aux hébergements non classés ou en attente de classement à 5%.

Approbation de la convention pluriannuelle d’objectif entre la Ville de Montpellier, la société ViàOccitanie et Montpellier Méditerranée Métropole

VOIR AUSSI : Montpellier : Analyse des 310.000 € versés par la Ville et la Métropole à un média privé

On aurait pu espérer un soubresaut, mais il n’en a rien été. La délibération a été adoptée, avec seulement 4 abstentions et 1 contre (Alenka Doulain).

En fin de séance, la question du Chêne de Castelnau-le-Lez a refait surface, grâce à la conseillère métropolitaine Mathilde Borne. Le Président a évoqué l’envoi d’un courrier au promoteur, pour sauvegarder le chêne. S’est ensuivi un certain agacement de la part de Frédéric Lafforgue, « ton courrier t’as tout à fait raison […] on ne peut pas revenir sur une décision de justice, il faut respecter les pouvoirs de police du Maire […], je veux bien avoir les épaules larges pour tout, mais il y a une limite ».

La séance s’est terminée à 15h45. La date du prochain conseil de Métropole a déjà été fixée au 28 juillet prochain.

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