À l’occasion du  12e congrès de la Fédération CGT des Services publics, qui se tient à Montpellier, jusqu’au 21 novembre 2019, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT a évoqué, en conférence de presse, l’échéance du 5 décembre.

Prochain grand jalon de la grogne sociale, la date du 5 décembre est devenue, au fil des semaines, une date butoir pour de nombreux opposants à la réforme des retraites.

À l’appel de nombreuses organisations syndicales et de jeunesse, la journée du 5 décembre 2019 devrait être une journée de grève et de mobilisation interprofessionnelle nationale, largement suivie dans le pays. La CGT, FO, FSU, Solidaires, ainsi que les organisations d’étudiants et de lycéens Unef, UNL, MNL et FIDL soutiennent déjà le mouvement.

Alors que se tient actuellement à Montpellier, le 12e congrès de la Fédération CGT des Services publics, qui réunit 400 délégués, 80.000 syndiqués à la fédération, le service public devrait fortement se mobiliser le 5 décembre prochain.

Les services publics devraient être fortement mobilisés, le 5 décembre prochain, à Montpellier, que ce soit du côté de la Poste, en pleine réorganisation, avec depuis plusieurs semaines des épisodes de grève, notamment sur la plateforme de Saint-Jean-de-Védas ou du côté de l’éducation nationale où le mal-être de la profession est encore largement dénoncé.

Pour Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des Services publics, la mobilisation est d’autant plus attendue, que « le congrès confirme que la Fédération va se battre, partout en France, notamment à Montpellier, et je dis ça pas tout à fait par hasard, pour que le droit de grève soit respecté partout et que les employeurs locaux, en particulier s’ils se revendiquent du progrès social ne mettent pas en œuvre ces mesures liberticides, introduites par la loi Dussopt« ; une loi qui encadre, notamment, le droit de grève dans la fonction publique territoriale, dans l’optique de lutter contre les grèves perlées.

Surtout, pour le secrétaire général de la Fédération CGT des Services publics, avec le 5 décembre, « on n’est pas dans un appel incantatoire », ainsi, « l’idée, qui irrigue vraiment les débats, c’est qu’il y ait partout un maximum d’assemblées générales pour permettre aux travailleurs et travailleuses du champ fédéral de décider de la manière dont ils s’inscrivent dans le 5 et dans la suite », « on a vraiment des raisons de penser que la sauce est en train de prendre et que la peur, peut-être est en train de changer de camp ». Une position partagée par Natacha Pommet, candidate au poste de secrétaire de la Fédération CGT des Services publics.

Vers une mobilisation des Gilets Jaunes, le 5 décembre prochain ?

Du côté des Gilets Jaunes, après le faible taux de participation lors de l’anniversaire du mouvement social (28.000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, 10 fois moins que lors de l’acte « 1 » du mouvement), il reste, encore pour le moment, difficile d’imaginer une forte mobilisation des Gilets Jaunes le 5 décembre prochain, malgré l’appel montpelliérain de la quatrième assemblée des assemblées montpelliéraine, et une mobilisation attendue pour le samedi 7 décembre.

Même constat, du côté des étudiants, qui ne semblent pas pour l’instant rejoindre massivement l’appel à mobilisation lancé par les centrales syndicales, malgré des mobilisations ciblées dans tout l’Hexagone. Des « positions » qui pourraient profondément changer dans les prochains jours.

« Ils ont encore les moyens d’arrêter la grève, à condition qu’on les croit sur parole » – Philippe Martinez

Pour secrétaire général de la CGT, il y a peut-être une solution pour arrêter la mobilisation du 5 décembre, « la seule solution, d’ailleurs le gouvernement s’agite un peu dans tous les sens, la seule solution, c’est de nous dire : « OK, il y a un fort mécontentement, dans le pays », la grève du 5 est soutenue par 56% des Français, selon les derniers sondages et 70% des Français pensent qu’elle va durer, c’est pas que la CGT qui le dit, c’est une mauvaise réforme, avec un mauvais climat social dans ce pays, au-delà des retraites, la question des salaires, la question de l’emploi, des conditions de travail ».

Philippe Martinez explique, plus précisément « la seule solution c’est de dire on remet les compteurs à zéro en matière de retraite, et on discute sérieusement des questions sociales, ça veut dire évidemment rediscuter de la retraite et de l’amélioration de notre système actuel, discuter des questions de salaire et du point d’indice pour les fonctionnaires ».

Les rassemblements du 5 décembre dans le département de l’Hérault

C’est avec confiance que Serge Ragazzacci, secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Hérault, aborde les mobilisations du 5 décembre dans l’Hérault, « on a plutôt une appréciation positive, sur le Département, avec des appels à la grève qui sont en plus grand nombre que d’habitude et qui seront beaucoup plus importants que le 24 septembre dernier« .

Ainsi le 5 décembre prochain, des rassemblements seront organisés dans tout le Département, à partir de 10h30, à Montpellier au départ du Peyrou, à Sète au départ de la Mairie et à Béziers au départ de la Bourse du travail.

Interviews de Serge Ragazzacci, secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Hérault et de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, à propos de la mobilisation du 5 décembre dans l’Hérault

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, le projet de réforme des retraites devrait remplacer les 42 régimes existants par un système universel à points, d’ici 2025. La discussion avec les partenaires sociaux, devrait se poursuivre jusqu’au mois de décembre 2019. De son côté, la loi devrait être votée, après les élections municipales, à l’été 2020, au plus tôt.