Zemmour à Nîmes avec ses partisans (© AM)
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Il y avait foule. Ce vendredi soir à Nîmes, les partisans du « presque » candidat à la présidentielle, s’étaient donné rendez-vous en masse pour écouter le discours de leur chef de file.

Encadré par des jeunes, vêtus de t-shirts tricolores « Zemmour 2022 », enfilés quelques minutes avant, les curieux et les convaincus s’étaient presque tous donné rendez-vous avec une heure, voire une heure et demie d’avance. De son côté, leur candidat avait lui presque une heure de retard. Une ferveur et une impatience contenue confirmaient ce que l’on pouvait voir du premier regard : ceux qui avaient fait le déplacement n’auraient raté pour rien au monde leur polémiste d’extrême droite préféré.

Bien que l’écrivain à succès, confirme qu’il n’est dixit « toujours pas en campagne », le rassemblement n’était pas celui d’un écrivain avec son public, mais bien un véritable meeting de campagne, où chacun et chacune espéraient approcher de près, celui qu’ils vivent comme leur porte-voix médiatique, depuis plusieurs années.

C’est donc devant une foule conquise de 800 militants à l’intérieur, et 300 à l’extérieur, issus des déçus de la droite et de l’extrême droite, que le polémiste a pris la parole, sous les cris de « Zemmour Président ».

Samuel Paty et chute de Rome

Dans une logorrhée bonapartiste classique, l’homme qui se veut providentiel a laissé la foule faire le spectacle de son adhésion à ses idées, tout en réinterprétant dans une étrange association mort de Samuel Paty et chute de Rome, pour servir sa doctrine : la guerre civile est déjà là, et les porteurs de paix sont des ennemies, « il faut conserver le peuple français, il ne doit être dissous, ni dans l’Europe ni dans l’Afrique ». La foule lui répond « Zemmour Président ».

Réussissant à la fois, à faire siffler à leur seule évocation, le Président de la République et « nos dirigeants de droite », la bête médiatique tenait un discours martial, devant un eurodéputé Gilbert Collard stoïque et bienveillant au premier rang du public.

« Nous avons tout à perdre et nous finirons par gagner. » – Éric Zemmour

Toujours dans la même veine, et comme pour conclure son gros quart d’heure de discours,  avant de prendre des questions choisies du public (une question sur le pass sanitaire passera ainsi à la trappe, malgré l’insistance du demandeur), Éric Zemmour dresse un horizon pour électriser la foule : « notre civilisation n’a pas dit son dernier mot, non la France n’a pas dit son dernier mot ». Le public se lève et scande « Zemmour Président ».

Première question, l’Algérie. Là, le polémiste reste conforme au miroir grossissant du petit écran, « la France est le seul colonisateur à avoir soigné les gens […] seul colonisateur à laisser des routes, hôpitaux, gares et aéroports […] on déteste avoir de la gratitude pour quelqu’un, c’est normal ». « Ils doivent cesser de nous demander de nous excuser, si excuse il y a, ce serait à eux de présenter des excuses à leur peuple, pour les avoir martyrisés ». Mélangeant volontairement guerre d’Algérie et flux migratoire, le toujours « presque » candidat, réaffirme sa volonté de « rétablir la règle de l’assimilation, il y a aujourd’hui de nombreuses enclaves étrangères […], en France, on doit vivre à la française », applaudissements. La conclusion ne fait pas de doute sur le prisme politique présenté au Grand Hôtel de Nîmes, « l’Algérie a toujours été colonisée, et c’est nous qui avons été les meilleurs colonisateurs ». Interrogé par la suite sur la création de mosquées, le polémiste proposera d’interdire les financements étrangers pour la construction d’édifices religieux, et d’interdire la création de mosquées cathédrales avec minarets.

Après une question plus anecdotique sur des conseils de lectures, c’est à un ancien militaire d’interroger le polémiste sur « la création d’une grande alliance de souverainistes pour contrer la diaspora de mondialistes et progressistes ». Pour Éric Zemmour, la solution est toute trouvée, tout d’abord il faut monter le budget de l’armée à 3% du PIB, ensuite sortir du commandement intégré de l’OTAN et « tendre la main à la Russie ». Sans proposer de sortir de l’Union européenne, le « presque » candidat propose aussi, de redessiner les rapports de force, « faire comme les autres défendre nos intérêts, apprendre à dire non, et faire respecter le principe de subsidiarité ».

L’éducation refait surface avec la question d’un lycéen de 16 ans, qui se sent en décalage avec sa génération. Pas de soucis pour Éric Zemmour, qui prévoit déjà le grand ménage culturel avec « l’élimination de la propagande des programmes scolaires », enclenchant un spontané « Zemmour Président » de la part de la foule. Mais les idées ne lui manquent pas, et le potentiel candidat propose aussi de supprimer la redevance, et de mettre la télévision publique au pas. Programme de droite oblige, le candidat veut aussi bien évidemment réduire impôts globaux, et impôts de production.

Interrogé sur la thématique judiciaire, le journaliste condamné plusieurs fois en justice prépare déjà son costume de victime judiciaire, en évoquant l’affaire Fillon comme un « putsch médiatico-judiciaire » contre son élection. La dernière question sera plus attendue, et viendra d’un convaincu, « pour qui vous conseillez-vous de voter aux prochaines présidentielles ? » La salle hurle alors « Zemmour, Zemmour Président ». Et le presque candidat de confirmer malicieusement : « je propose à la salle de répondre à ma place », tout en confirmant peu après en aparté à la presse, « je suis un lent, vous savez je suis un diesel, je réfléchis lentement, il faut me donner du temps […] quand on a un tel enthousiasme populaire, quand on a une telle progression dans les études d’opinion, reconnaissez qu’il est normal de réfléchir, pour simplement répondre à l’attente des gens ».

Bulle médiatique ou pas, candidat ou pas. Une chose est sûre, il existe un électorat déçu par la recherche de respectabilité de Marine Le Pen, et les atermoiements de la droite de gouvernement, et cet électorat a trouvé son porte-voix et veut peser sur les prochaines élections. N’oublions pas qu’en octobre 2002, personne n’avait prédit le 1er tour du 21 avril 2002…

Dès demain, le polémiste a rendez-vous à Béziers, pour un entretien privé avec Robert Ménard, Maire de Béziers et Emmanuelle Ménard, Députée de l’Hérault, avant une nouvelle conférence à la salle Zinga Zanga. Un rendez-vous qui affiche déjà complet.

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