Jérémie Malek, conseiller départemental de l'Hérault - photo (© Sebastien Archimbaud)
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Récemment l’actualité a rattrapé les débats qui ont déjà eu lieu au Sénat, et qui vont se poursuivre à l’Assemblée nationale le 8 avril prochain, sur la question du Droit à mourir dans la dignité. Paulette Guinchard-Kunstler ex-députée socialiste opposée à l’euthanasie, a décidé de mourir par recours au suicide médicalement assisté, le 4 mars, en Suisse.

Les sénateurs ont voté, mardi 9 mars, la suppression de l’article 1 d’un texte visant à légaliser l’euthanasie, conduisant ainsi la sénatrice PS, Marie-Pierre de La Gontrie, à retirer sa proposition de loi.

« Je pense que le moment n’est pas venu » Olivier Véran

Olivier Véran a précisé, lors de ces débats, qu’un nouveau plan national de développement des soins palliatifs allait être mis en place. Sur la question du Droit à mourir dans la dignité, le ministre de la Santé a été direct et succinct « Je pense que le moment n’est pas venu. » Arguments : le « contexte épidémique » ou l’euthanasie « n’a pas été présentée aux Français dans le cadre de la campagne présidentielle précédente. »

Jérémie Malek, conseiller départemental de l’Hérault adresse un courrier sur ce sujet aux 9 députés de l’Hérault. Occasion de lui poser une question :

Le Mouvement : Souffrant d’une maladie incurable Paulette Guinchard-Kunstler ex-députée socialiste a décidé de mourir par recours au suicide médicalement assisté, le 4 mars, en Suisse. En 2005, elle s’opposait à ce que l’euthanasie soit légalisée en France. Jérémie Malek, est-ce là tout le sens de votre courrier adressé aux députés ?

Jérémie Malek : Paulette Guinchard était atteinte d’une maladie neurodégénérative irréversible qui, selon ses propres propos, l’enfermait dans un corps qui la rendait de plus en plus dépendante. Elle a fait le choix, malgré ses convictions, de réaliser un suicide assisté en espérant « bouger les lignes », confrontée aux limites de la loi Léonetti, pour elle et pour les siens. Elle est aujourd’hui un symbole fort de la nécessité de faire progresser la loi vers la liberté de choisir sa mort. Comme vous l’avez lu dans mon courrier, 96% des Français sont favorable à la légalisation de l’aide active à mourir. Entre la loi Léonetti de 2005 et 2021, un gouffre s’est creusé entre ce qui est autorisé et la volonté de nombreux Français, qui faute d’avoir la possibilité de mourir selon leur volonté, dans notre pays, s’exilent à l’étranger pour mettre fin à leurs souffrances et celles de leurs proches. L’évolution de la loi sur la fin de vie est transpartisane, elle intéresse tous les Français, représentés par les députés. Il leur appartient d’être à l’écoute de leurs concitoyens et de porter, haut et fort, leur choix face à leur propre fin de vie. Comme je l’ai écrit, il s’agit simplement d’offrir une alternative supplémentaire aux dispositifs de fin de vie déjà en place.

 


Courrier de Jérémie Malek envoyé aux 9 députés de l’Hérault :

Jérémie MALEK
Conseiller Départemental de l’Hérault / Montpellier V
Montpellier, le 25 mars 2021

Madame la Députée,
Monsieur le Député,

Le 8 avril prochain, vous serez appelé à vous prononcer sur la proposition de loi donnant le droit à une fin de vie libre et choisie, porté par le député Olivier FALORNI, exactement un mois après que le parlement espagnol a définitivement approuvé la loi sur la légalisation de l’euthanasie. L’Espagne est ainsi devenue le quatrième pays en Europe, et le sixième mondial, à permettre à un patient atteint de maladie incurable de choisir les conditions de sa mort pour mettre fin à ses souffrances, entre euthanasie et suicide assisté. Tout comme ses voisins européens, la France, pays des Droits de l’Homme, doit, aujourd’hui, être en capacité de proposer des solutions de fin de vie qui permettent de préserver la dignité humaine.

Tous, autour de nous, avons ces exemples de familles meurtries par l’accompagnement difficile de la fin de vie d’un proche. Je l’ai personnellement vécu avec ma mère. Je ne veux pas que mon mari, mes sœurs, mes amis vivent, à leur tour, la lente et douloureuse dégradation qu’imposent la maladie, puis l’agonie, jusqu’à leur mort. À l’heure, où la liberté fait plus que jamais débat, je vous invite à offrir, à ceux qui le demandent solennellement, l’ultime liberté de choisir de mourir dans les conditions qu’ils souhaitent. Et j’en suis un fervent défenseur.

Si la loi Léonetti de 2016 a créé de nouveaux droits en faveur des personnes en fin de vie, il vous appartiendra, le 8 avril, d’apporter une réponse supplémentaire à une demande croissante de la population. En 2019, 96% des Français se disaient favorable à une loi en faveur de la légalisation de l’aide active à mourir. Chez nos voisins européens qui ont légalisé l’aide active à mourir, depuis bientôt 20 ans pour certains, le recul est largement suffisant pour démontrer qu’il n’y a pas de dérive et que toute la population, même si elle ne souhaite pas user de ce droit, est heureuse qu’il existe. Si elle est adoptée, cette loi sera une alternative aux soins palliatifs pour ceux qui ne supportent plus la souffrance physique, psychique et morale malgré les soins prodigués. Par votre vote, vous ouvrirez un nouveau droit aux Français, créant une nouvelle liberté sans créer d’obligation.

Trois autres projets de loi, portés respectivement par les députés Marine BRENIER, Caroline FIAT et Jean-Louis TOURAINE prouvent que cette question sociétale n’est pas une question partisane mais une question de droits humains, de liberté, de respect et d’égalité. Je compte donc sur votre présence et votre vote le 8 avril prochain, afin que la France soit à la hauteur de sa devise républicaine.

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