Sophie Cluzel en visite au Centre de rééducation et d’insertion professionnelle (CRIP) de Castelnau-le-Lez (© AM)
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[VIDEO] Sophie Cluzel, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées, s’est rendue jeudi à Castelnau-le-Lez, dans le cadre du plan France Relance.

Alors que le nombre de demandeurs d’emploi en situation de handicap est descendu sous la barre symbolique des 500 000 personnes, la Secrétaire d’État participait, jeudi 23 septembre 2021, à un déplacement au sein des locaux du Centre de rééducation et d’insertion professionnelle (CRIP) de l’UGECAM Occitanie, un déplacement pensé, comme un temps d’échanges sur l’accompagnement professionnel et le recrutement en apprentissage des personnes en situation de handicap

En amont et quelques minutes avant de recevoir Sophie Cluzel, Stéphanie Démaret, directrice générale UGECAM Occitanie, nous précisait les contours de cette rencontre, « le CRIP a la particularité d’accueillir, dans le cadre du Plan France Relance et depuis plusieurs années des apprentis en situation de handicap, sur la filière du soin (infirmier et aide-soignant), c’est à ce titre qu’elle vient nous rendre visite ». Et Yannick Ledreux, cadre coordinateur des stages et des projets pôle métiers du soin de compléter, « depuis de nombreuses années, on travaille avec sa conseillère qui était la Déléguée régionale du CRIP de Nouvelle-Aquitaine qui connaissait très bien notre établissement, cette rencontre s’est faite tout naturellement ».

Une rencontre, sous forme de table ronde qui doit permettre « une mise en lumière des intérêts de l’apprentissage, une mise en lumière du fait que les métiers du soin sont aussi accessibles aux personnes en situation de handicap. On a souvent une représentation, en disant le métier d’infirmier, c’est pénible, c’est de la stature debout et les personnes en situation de handicap sont souvent difficilement orientées vers ces métiers-là, pourtant les formations de santé sont accessibles à tous, et nous avons l’ambition de les accompagner, afin que le handicap ne soit pas un frein à l’accès de ces métiers », explique la directrice générale UGECAM Occitanie.« C’est aussi l’occasion, au travers des témoignages des apprentis, de voir la réalité de leur accueil sur les différents terrains de stage et ce n’est pas toujours simple, les représentations sont souvent difficiles pour les étudiants en situation de handicap », conclut Yannick Ledreux.

L’UGECAM Occitanie accueille au CRIP à Castelnau-Le-Lez, des personnes reconnues travailleurs handicapés, par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées des MDPH et en situation de reconversion professionnelle. Le CRIP propose notamment dans son IFAS un cursus aboutissant au DE d’Aide-Soignant et dans son IFSI, un cursus permettant l’obtention du DE d’Infirmier, notamment via des contrats d’apprentissage. Un enseignement très présent au sein de la structure, qui a enregistré 16 contrats d’apprentissage sur son Pôle Santé et 10 en dehors, en 2021 (19 sur le Pôle et 5 autres en 2020 et 21 seulement sur le Pôle Santé en 2019).

Arrivée peu après 15h, Sophie Cluzel était ainsi attendue pour une table ronde sur l’apprentissage des personnes en situation de handicap, en présence de nombreuses personnalités du territoire.

Une table ronde pour échanger sur les réussites et les difficultés des apprentis

Un moment intense, au regard des nombreux témoignages partagés par des apprentis ou anciens apprentis de tout âge, autour de leur parcours de vie. Margot, en apprentissage infirmier, est la première à témoigner, quelque peu touchée par le décorum de la réunion, « j’ai la chance d’avoir été accompagnée sur les différentes structures […] je n’ai pas de problème, pour parler de mon handicap ou de dire quand je ne souhaite pas en parler, je suis heureuse de l’accompagnement que j’ai reçu ». Même combativité du côté de Joy, apprentie aide-soignante au sein d’un EHPAD, qui évoque aussi les lourdeurs administratives qui ont ralenti son parcours estudiantin. Des lourdeurs qui n’ont pas empêché Pierre de se reconvertir, ancien manageur, celui-ci est aujourd’hui apprenti infirmier, et il est bien conscient de ce qu’apporte sa différence, « mon handicap m’a permis de découvrir les métiers des soignants dans la sphère privée, c’est presque une chance […] Il faut encore parvenir à casser les stéréotypes du soignant tout puissant, qui n’a pas de soucis de santé, il y a encore du travail ».

Dans les témoignages présentés, celui de William, en emploi et premier apprenti en 2013, est touchant, celui-ci évoque ce handicap qui survint au milieu du parcours universitaire et qui chamboule le parcours de vie, et les vertus de l’apprentissage pour se remettre dans le bain, reprendre confiance en soi et en somme devenir un soignant comme les autres. Même combativité pour Mélissa, diplômée infirmière, « j’ai un handicap de naissance, je suis sourde […] je suis infirmière, et j’ai ma place dans ce métier », un chemin souvent entravé par l’administration complexe et lente, « on ne peut pas être sourd et redevenir entendant, donc pourquoi me redemander les papiers afin de prouver mon handicap », mais un parcours qui impose la sagesse, « tous les soignants, en handicap ou non sont nécessaires à la société, les personnes en handicap peuvent l’être un plus pour la société. »

Du côté des centres de santé attablés, on se réjouit aussi du travail du CRIP, « qui nous permet de recruter des soignants sans porter un regard sur la situation personnelle des soignants, car ce sont tous des soignants ».

Pour la secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des Personnes handicapées, ce temps d’échanges était visiblement vécu, comme un véritable retour d’expérience, autour de ces acteurs terrains qui innovent en ouvrant largement l’accès aux métiers du soin aux personnes porteurs d’un handicap, « nous ne devons plus pouvoir dire que ce n’est pas possible, que ce n’est pas un métier réalisable, je suis là pour être complémentaire avec les élus locaux et nationaux, je veux ouvrir des portes d’avenir », tout en reconnaissant qu’il y a encore fort à faire pour simplifier leur vie « administrative », « arrêtons de vous demander perpétuellement de prouver vos droits […] j‘ai besoin des élus, et des élus locaux, des parlementaires, car parfois il faut bouger les lignes, on a une palette de solution, mais on voit qu’il faut mettre de l’huile dans les rouages ». En somme, il reste encore du chemin à parcourir, pour que l’handicap ne soit plus une entrave.

L’emploi des personnes en situation de handicap, une priorité du Plan France Relance ?

Au-delà du seul apprentissage en métier de soin, le Plan France Relance, a organisé plusieurs dispositifs pour doper l’emploi des personnes en situation de handicap. Ce sont ainsi 85 millions d’euros qui ont été consacrés à la création d’une aide à la mobilisation des employeurs pour l’embauche des travailleurs handicapés (AMEETH), cette aide, d’un montant maximal de 4 000 euros, s’applique encore jusqu’au 31 décembre 2021.  En parallèle, 2 milliards d’euros ont été consacrés au développement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation pour tous les publics, dont ceux en situation de handicap. Une aide qui s’applique, elle aussi, aux embauches réalisées en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation conclus jusqu’au 31 décembre 2021, un aide d’un montant est de 5 000 euros pour les mineurs et de 8 000 euros pour les majeurs. Dès lors que la personne recrutée est en situation de handicap, le contrat d’apprentissage peut être conclu sans aucune limite d’âge.

15 millions d’euros ont aussi été dédiés au déploiement de plateformes labellisées « emploi accompagné », dispositifs permettant la mobilisation d’un service gratuit, un job coach externe dispensant un accompagnement spécifique pour les personnes en situation de handicap et les employeurs. 900 millions d’euros sont aussi consacrés au développement des parcours emploi compétence (PEC), du contrat initiative emploi (CIE) et du renforcement de l’insertion par l’activité économique (IAE). Ces dispositifs s’adressent aux jeunes éloignés du marché de l’emploi, âgés de moins de 26 ans, et aux jeunes reconnus travailleurs handicapés, jusqu’à 30 ans inclus, afin de faciliter leur accès à l’emploi durable.

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