Accéder aux preuves et éléments à partir desquels a été composée l’Histoire du monde, telle qu’enseignée dans nos Universités, se révèlerait sans doute fort instructif. Nombre d’épisodes du passé, considérés comme historiques appartiennent en réalité, à la mythologie.

Importe-t-il que des faits anciens soient authentiques ou non ? Là n’est pas la question. L’essentiel est le sens de ce que nous pensons ; la signification de ces récits qui constituent notre imaginaire.

Personnage mythologique, le nom de Jeanne d’Arc dérive de l’avatar christique Saint-Jean, et de l’arc, symbole mystique fondamental. La célèbre virginité dont on affuble l’héroïne représente la pensée non-souillée, vierge de toute influence extérieure. Dans le christianisme, la vierge Marie se retrouve fécondée par le Saint-Esprit. Cette allégorie du penser par soi-même réapparaît dans l’épisode où Jeanne identifie son roi, pourtant déguisé au sein d’une assemblée. L’énergie reconnaît sa conscience, et lui demeure fidèle.

Jeanne d’Arc aurait été inspirée par deux vierges martyres, Sainte-Catherine et Sainte-Marguerite. Cette référence à des figures légendaires indique que la jeune guerrière appartient elle aussi au mythe. Son existence héroïque revêt tous les éléments de l’archétype fondamental ; celui de la recherche de soi.

Symboliquement, bouter l’ennemi hors de nos frontières signifie débarrasser la pensée d’idées intruses.

Gardant ses moutons, la pucelle de Lorraine entend des voix. La figure du pâtre, ou Pater représente la protection de l’esprit. Entendre des voix a la même signification que le verbe du commencement tel qu’invoqué dans l’épitre de Saint-Jean.

La spiritualité réelle consiste à redécouvrir le sens du langage, au cœur duquel l’âme s’est perdue.

Si chaque épisode, de la supposée vie de Jeanne-d’Arc peut trouver ainsi valeur d’enseignement, décryptons à présent la mise en scène de sa mort. Le nom de l’inquisiteur, Pierre Cauchon, relève autant de la farce que du cynisme. Comme dans l’islam, le cochon représente l’impureté, ou plutôt l’absence d’impureté dans le monde. L’animal ne fait qu’être, selon sa nature. La condamnation à mort par un religieux proche des puissants n’est pas sans rappeler celle du Christ, ou de Socrate. C’est donc par un porc que Jeanne est jugée avant de périr par le feu, élément de la dissolution de l’illusion.

Jeanne aux vêtements d’homme égale l’androgyne de Platon, l’hermaphrodite des Grecs, Hatchepsout chez les Égyptiens ou encore Ardineshvar en inde. L’éveil spirituel se situe au-delà du genre. Prime notre nature humaine. Et notre conscience, notre capacité à comprendre ce que nous savons. Croire en la réalité historique de Jeanne d’Arc empêche l’entendement de son message.