Rappelez-vous, Richard Kettle, « Project Manager » chez IGY Marinas était venu en février dernier, pour expliquer le rôle de Sète, le deuxième hub Méditerranée du géant américain, après celui de Porto Cervo en Sardaigne.

On pouvait comprendre alors que le quai d’Alger ne serait qu’une étape, un parking, avant la Côte d’Azur. Ce « communicant » capable de vanter ses équipes disait : « nous avons un personnel heureux, amical et dévoué » et il faisait la promesse d’actions humanitaires pour la ville de Sète : « J’aimerais voir avec la mairie, une fois qu’on s’installe, j’aimerais bien voir, ce qu’on peut faire dans la ville de Sète. » Communication maladroite, l’homme avait été moqué au Théâtre de la mer dans une salle Tarbouriech pleine. Mais une question demeure, qui est donc IGY Marinas ?

Extrait de la présentation de Richard Kettle IGY Marinas (février. 2018) :

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Qui sont IGY Marinas et P&O Marinas, le consortium américano-émirati qui développera la marina de Sète ?

Avec 17 marinas localisées aux États-Unis d’Amérique, aux Caraïbes et en Amérique latine à son actif, le réseau IGY Marinas est un géant du secteur s’appuyant sur 3 000 emplacements et affichant un trafic de 8 000 yachts par an.

IGY Marinas c’est associé avec P&O Marinas pour son projet sétois : « En engageant un partenariat avec IGY marinas, nous serons en mesure de combiner des savoir-faire complémentaires et ainsi de proposer les meilleurs services aux propriétaires et opérateurs de super-yachts, en créant des destinations répondant aux aspirations des fans du yachting, de la population locale et des touristes », expliquait sur le site Mer et Marine, le sultan Ahmed Bin Sulayem, P-DG du groupe émirati Dubaï Ports World dont via la filiale P&O Marinas a investi dans le projet. Un homme déjà dans la place avec son autre filiale P&O Ports qui avait signé en juillet 2017, une convention d’exploitation du terminal conteneurs du port de Sète. Port de Sète qui est devenu propriété de la Région, en 2007.

La marina de Sète : opportunité économique ou naufrage écologique ?

Bien que l’ancien ministre communiste, Jean-Claude Gayssot ( et actuel président de Port Sud France, établissement public régional en charge de la gestion du port), soit à la manœuvre, les belles promesses économiques ne suffisent plus pour le moment, à calmer les opposants au projet, trop lucides des réalités de leur ville. Ce mois de mai devrait apporter plusieurs réponses grâce à la plate-forme de consultation en ligne, mise à la disposition de tous par l’EPR et grâce aussi au travail du collectif citoyen : « Collectif une marina pour qui ? Pour quoi ? »

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Selon le magazine Entreprendre.fr, le consortium IGY Marinas-P&O Marinas se serait engagé à investir au moins 5 millions d’euros sur 4 ans, notamment dans des installations électriques et des corps-morts pour amarrer les Yachts. L’investissement du Port Sud France s’élèverait, lui, à un million d’euros pour l’installation électrique.

Côté « retombées économiques », IGY Marinas parle de retombées à hauteur de 5 millions d’euros, mais sans préciser d’échéances : sur un semestre, une année ou bien une décennie… Une temporalité qui semblerait plutôt essentielle. Et ce gestionnaire d’évoquer aussi une cinquantaine de créations d’emplois, cela fait peu à côté des 200 emplois présentés au moment de l’annonce du projet.