Théâtre de la mer, la salle Tarbouriech est pleine. L’ambiance de la réunion publique s’annonce passionnante. En ouverture, l’introduction de Jean-Claude Gayssot donne le ton.

L'Humain au coeur

Un style d’une autre époque, où le lyrisme avait la vertu d’exalter des sentiments d’espoir pour des citoyens autrefois confiants, devenus aujourd’hui concernés et acteurs de la gestion de la cité. Un temps où le personnel politique voulait s’inscrire dans l’Histoire, avant même d’avoir trépassé. Le président de l'EPR entame donc : « Sète, c’est un port à taille et à visage humain… dans la plaisance, la petite, la moyenne et maintenant la grande. Tout ça avec une seule idée, l’intérêt général… dans l’esprit d’une croissance durable, favorable à l’emploi, à l’activité commerciale et aux entreprises locales… » Rires et huées, Jean-Claude Gayssot lève le menton pour regarder l'assemblée et reprend : «… le rayonnement et l’attractivité de ce littoral et de l’Occitanie toute entière…» Pour enchainer avec foi, sans se douter que son affirmation va cristalliser son discours dans tout ce qu’il y a de plus cliché : «... mais quand je parle de croissance durable, c’est aussi pour dire, pas pour faire n’importe quoi ! Je pense aux enjeux essentiels et à mes yeux l’enjeu essentiel, il se résume en trois mots. L’humain au coeur !…» À nouveau, des rires, il scrutera la salle et lâchera dans un sourire interrogatif et timide : «… c’est bien ?…». Faibles applaudissements des représentants des entreprises locales, eux-mêmes surpris par la formule.

Évitons les caricatures

Apothéose : « ... Bien sûr les discussions se poursuivent… la réunion de ce soir peut contribuer à ce que le projet soit le mieux possible dans l’intérêt des salariés, des populations du port de Sète et Frontigan, des Sétois et de la région. C’est pourquoi j’en termine. Cette réunion n’a pas simplement pour but d’informer, mais aussi d’échanger. Et je souhaite que le débat avec celles et ceux qui le voudront dans la salle soit réel. Il peut être vif, mais évitons les caricatures. » Rires. A-t-il eu conscience d’être lui-même une caricature ? Un indice pouvait l’aider : une salle hilare aux rires spontanés et exutoires. Indice qu’il a préféré identifier comme une approbation sympathique.

L'introduction complète de Jean-Claude Gayssot :



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