Montpellier : Un Conseil Métropolitain résolument axé sur l’humain

Montpellier : Un Conseil de Métropolitain résolument axé sur l'humain (CR CDS)

99 affaires à l’ordre du jour ! Le Conseil de Montpellier Métropole de ce lundi 12 octobre s’annonçait long. Il l’a été. Mais, il a été constructif. C’est déjà ça ! Compte-rendu

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À situation inédite, conséquence tout aussi inédite. 9H30 pétantes, Michaël Delafosse s’installe dans son siège de Président de Montpellier Méditerranée Métropole. Ponctuel, il incite les élus ses collègues élus à prendre place. Juste après la Marseillaise, Michaël Delafosse prend la parole. Là ou habituellement, les séances commencent inexorablement par l’appel des élus présents et l’ordre du jour, ce dernier est repoussé de quelques longues minutes. Et pour cause, c’est le Préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski qui prend la parole.

« Ce lundi soir, à 0h, l’Hérault passe en alerte maximale »

« Je remercie nos services respectifs d’avoir réussi à mettre en place dans ces toutes dernières heures, ma venue ici, ce matin », entame le représentant de l’Etat dans l’Hérault avant de poursuivre qu’ « après une longue concertation notamment avec le CHU de Montpellier, mais aussi toutes les instances importantes de l’ensemble du territoire, j’ai pris l’arrêté que vous connaissez déjà tous. Ce lundi soir, à 0h, l’Hérault passe en alerte maximale ».

Le Préfet n’est pas là pour perdre du temps. Alors, il résume les annonces qu’il détaillera plus tard dans la journée à la presse, écoute les nombreuses observations et questions des élus métropolitains. Au bout d’une poignée de minutes, raccompagné par le Président de la Métropole, le représentant de l’Etat quitte l’hôtel de Métropole pour reprendre les activités prévues de longue date à son agenda. Alors que les deux hommes (Michaël Delafosse et Jacques Witkowski, NDLR) se quittent sur le parvis du site héraultais, l’appel des élus commence. Le Conseil de Métropole va pouvoir démarrer. De là à se poser la question de la réelle utilité de la venue du Préfet, il n’y a qu’un pas. Que chacun fera…… ou pas.

Une nomination saluée par tous ! 

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La première affaire inscrite à l’ordre du jour concerne l’approbation de la création de l’Agence de Développement pour le territoire. Annoncée en fin de semaine dernière, la nomination à sa présidence (bénévole) de l’avocat Alex Larue n’a recueilli que des éloges. « Il s’agit d’un homme à l’écoute, un homme attentif et disponible comme rarement j’en ai croisé dans mon parcours politique », a notamment salué Hervé Martin avant d’ajouter qu’il est convaincu que « c’est assurément un bon choix fait par Michaël Delafosse ».

Davantage pondérée, Stéphanie Jannin, élue de la liste Montpellier la Citoyenne et proche de l’ancien Président de Montpellier Métropole, Philippe Saurel, salue également cette décision, mais plaide, pour sa part, « pour la création d’une véritable agence concrète et pluridisciplinaire et notamment pour l’Urbanisme ». L’élue sait de quoi elle parle, l’urbanisme, c’est sa spécialité.

Au terme des propos globalement flatteurs, tenus par une demi-douzaine d’élus, Michaël Delafosse prend la parole. Solennel, il rappelle que « ce matin, nous préfigurons de ce que sera la future agence ». « Il faut qu’on écrive ensemble une nouvelle étape concrète, sérieuse du développement de notre territoire. Il y a une volonté farouche de travailler ensemble avec Kléber Mesquida au Département, mais aussi avec Carole Delga, notre Présidente de Région », ajoute le Président Delafosse, avant de conclure « les planètes entre les trois collectivités sont alignées comme jamais. Il faut savoir en profiter pour le bien de tous nos concitoyens ».

« Il y a une volonté farouche de travailler tous ensemble, Ville, Métropole de Montpellier avec le Département et la Région », conclus, enthousiaste le Président. Reste à savoir le chemin que prendra cette volonté, pour paraphraser la célèbre maxime d’Albert Einstein. À l’issue d’une demi-heure d’échange entre le Président et les élus de tous les bords, l’approbation de ladite Agence est officiellement actée par le Conseil.

« Un choc pour le Vélo à Montpellier »

Le vélo a été l’autre sujet majeur de ce Conseil métropolitain. La petite reine a représenté une large part des débats matinaux dans l’hémicycle.  Soutenue par tous ses colistiers présents ce matin, Julie Frèche a ensuite présenté dans le détail, « l’aide à l’achat d’un Vélo à Assistance Electrique (VAE) pour tous les habitants de la métropole ».

Fille du plus connu des Maires de Montpellier du siècle dernier, l’élue en charge des mobilités se lance dans un monologue concis de présentation. « On veut que le vélo passe de 3 à 10% dans les déplacements quotidiens de nos concitoyens. Pour y parvenir, on propose une aide qui va de 500 à 1150 euros, pour tous les habitants de la Métropole, sans condition de revenus. On s’active pour de l’écologie positive. Tous les vélocistes du territoire métropolitain sont prévus dans ce projet », détaille Julie Frèche dans un propos, rendu difficilement audible pour le public et la presse présente, à cause des bavardages incessants de certains élus, franchement peu intéressés par les propos tenus par l’oratrice.

Pourtant, certains d’entre eux n’ont pas hésité ensuite à prendre la parole pour s’interroger sur le bien-fondé de l’annonce matinale, feignant maladroitement d’avoir consciencieusement écouté leur collègue élue !

Quelque peu inattendue, Clotilde Ollier a dans un premier temps salué une « bonne mesure » avant d’inciter le Président de la Métropole à développer dans ce dossier « l’usage d’une monnaie locale qui doit être davantage utilisée sur l’ensemble du territoire ». Un vœu, pour l’heure, resté pieux du côté de la Présidence de la collectivité.

Simplement ravis par le virage pris par la collectivité, d’autres élus tels que Julien Miro à Castelnau-le-Lez et Manu Reynaud ont salué « une décision absolument historique pour le territoire et ses habitants ». Seul hic dans cet enchaînement de propos positifs, Michèle Cassar a regretté que « la circulation à vélo aux abords de Pignan ne soit vraiment pas sécurisée ». Il y a fort à parier que dès les prochaines semaines, cette situation va évoluer favorablement. D’autres communes, comme Saint-Brès et son charismatique édile Laurent Jaoul, devraient être également concernées par « le choc en faveur du vélo », selon les mots de Michael Delafosse, lui-même.

Interrogé notamment par Abdi El Kandoussi, élu montpelliérain de la liste Montpellier la Citoyenne et proche de Philippe Saurel, sur le système existant de Vélomagg (Système de vélos non électriques, mis à disposition aux quatre coins de la Métropole depuis plusieurs années, NDLR), Michael Delafosse a été clair : « Il n’y a pas et il n’y aura pas de rupture concernant Vélomagg. Mais, on réfléchit à instaurer une offre moins chère en coût de fonctionnement, plus efficace et mieux positionnée que ne l’est actuellement le système existant ».

Parfaitement conscient de l’importance croissante de la petite reine dans Montpellier et sa métropole, cycliste lui-même de longue date, Michaël Delafosse a expliqué, juste avant le vote de la délibération : « On lance clairement une nouvelle politique sur ce sujet !  On veut un choc pour le vélo sur tout le territoire. Je le dis par avance, à chacun des prochains conseils de Métropole, il y aura une ou plusieurs délibérations concernant le vélo, électrique ou non pour qu’on avance vraiment, pour aider cet éco-système là sur Montpellier ! ». C’est donc peu dire que pour les prochaines décennies, Montpellier Métropole fait le pari de la petite reine, qu’elle soit électrique ou non. Un choix qui ne devrait pas manquer de faire des heureux parmi les amoureux de la bicyclette dans l’Hérault !