[Communiqué de presse] Nous savons que dans nombre de cas les protections indispensables pour protéger leur santé sont inexistantes, voire insuffisantes. 

Monsieur le Préfet [du Gard],

Suite à la pandémie en cours, notre région, ses habitants, ses salariés et retraités sont victimes de l’incurie de l’État conséquence des politiques des destructions massives des moyens d’accueil et de gestion de nos hôpitaux en France suite aux politiques gouvernementales successives d’austérité en matière hospitalière.

Nous affirmons que la protection de la santé des salariés et de la population doit être LA priorité absolue de l’État. Pour cela, le corps médical appelle largement à renforcer le confinement de la population.

Dans le même temps, le gouvernement n’a toujours pas dressé la liste des activités essentielles qui permettrait concrètement un arrêt de celles qui ne sont pas prioritaires. La réquisition d’entreprises pour assurer les activités essentielles et l’arrêt de celles jugées non essentielles relèvent du rôle de l’État.

Les salariés des secteurs agricoles et alimentaires, conscients de leur rôle pour l’approvisionnement alimentaire de la population, vont travailler, dans la crainte terrible de contamination, pour eux-mêmes et leur famille.

Nous savons que dans nombre de cas les protections indispensables pour protéger leur santé sont inexistantes, voire insuffisantes.

Si l’alimentation est vitale pour la population, les activités agroalimentaires ne peuvent être globalisées. Nombre d’entre elles ne sont pas prioritaires dans cette période où le confinement reste l’élément primordial pour enrayer la propagation de la pandémie. 

Pour ce qui concerne le département du Gard :

  • l’entreprise Haribo n’a jamais cessé son activité
  • Les Salins ont suffisamment de stock avec les entreprises en Bretagne pour cesser l’activité quelques semaines
  • les Boulangeries Marie Blachère ont repris l’activité Pâtisserie sur l’ensemble de leur gamme le 9 avril
  • l’entreprise Duc n’a jamais cessé une partie de ses activités
  • la direction de l’ONF annonce une reprise progressive de ses activités alors qu’il semble que la forêt peut attendre
  • les distilleries n’ont jamais cessé leurs activités (compost, huile pépin de raisin, tartre, colorant….) autre que la production d’alcool pour les gels hydroalcooliques
  • les activités agricoles ne se sont pas arrêtées comme entre autres les activités viticoles et commerciales du Grand Domaine du Littoral et toutes les exploitations du département..

Seules les exploitations agricoles concernées par des activités à caractère vital de première nécessité doivent continuer dans les secteurs suivants (011 IZ/ 0150Z uniquement les semis, 0113Z fruits de saison, 0128Z uniquement les plantes médicinales et pharmaceutiques, 0141Z vaches laitières, 0142Z bovins, 0145Z ovins et caprins, 0146Z porcins, 0147Z volailles, 0149Z lapins de chair uniquement) les autres activités doivent cesser. Cette liste est loin d’être exhaustive notamment pour ce qui concerne nos industries.

À l’heure où M. Macron prolonge le confinement jusqu’au 11 mai, ces activités que nous jugeons non essentielles doivent s’arrêter et les salariés rémunérés à 100 %.

L’État doit prendre ses responsabilités. Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation doit dresser la liste des entreprises, et productions essentielles dans cette période exceptionnelle, pour garantir la protection de la santé des salariés et l’approvisionnement alimentaire de la population. Les activités agricoles et alimentaires prioritaires sont celles qui ont un caractère vital de première nécessité. Pour définir cette liste, les stocks existants doivent être répertoriés et réquisitionnés et les entreprises concernées fermées durant le confinement. Par ailleurs, l’État doit prendre des mesures de régulation des prix pour juguler la valse des étiquettes et la spéculation. Pour les produits agricoles et alimentaires à caractère vital de première nécessité, des entreprises ciblées, doivent être réquisitionnées et les productions sélectionnées afin de limiter le nombre de salariés contraints de travailler en leur assurant les conditions maximales de santé, d’hygiène et de sécurité nécessaires et non à partir de guides de bonnes pratiques visant, de fait, au minimum de protection. Ces entreprises et productions réquisitionnées doivent être définies pour assurer l’approvisionnement du marché intérieur et participer à la coopération solidaire avec les pays en difficultés notamment d’Afrique. La liste des entreprises réquisitionnées doit être soumise aux organisations syndicales à tous les niveaux, du fait de leur connaissance approfondie et précise de leurs professions, du savoir-faire des salariés et de la conscience professionnelle dont ils font preuve dans cette période difficile. Les organisations syndicales de salariés doivent disposer d’un droit de veto sur toutes décisions et à tous les niveaux. 

À toutes fins utiles, nous vous informons que nous exigeons dans toutes les entreprises de nos professions et auprès de leurs directions, de réelles mesures de protection de la santé et du niveau de vie des salariés : 

  • la mise en sécurité des salariés pour la protection de leur santé et le maintien des droits syndicaux,
  • garantir leur santé, améliorer les conditions de travail,
  • respecter les dispositifs d’hygiène,
  • fournir, dans les meilleurs délais, de toute urgence, les équipements indispensables à celles et ceux qui travaillent,
  • des conditions de travail correspondant à leur protection et à la garantie de qualité et de sécurité sanitaire des productions alimentaires,
  • le maintien de l’intégralité des salaires et des accessoires, quel que soit le fonctionnement de l’entreprise et même en cas d’utilisation du chômage partiel, ainsi que de tous leurs acquis sociaux comme les congés payés, le paiement de tous les jours fériés et non travaillés,
  • tous les acquis et usages sociaux doivent être maintenus sans condition et aucune atteinte au droit local en la matière ne doit être portée.

En conséquence, nous vous demandons expressément de n’autoriser aucun travail le dimanche ou pendant les jours fériés.

Ceux qui profitent (patrons, actionnaires, dirigeants d’entreprise) doivent payer, car depuis tout temps ils pillent les richesses créées par le travail. Par expérience et de par le vécu des salariés de nos professions, il est établi que les dirigeants et propriétaires relevant de nos professions ne sont ni des philanthropes, ni des gens empreints d’un soudain humanisme. Ce qui les guide est la recherche du profit immédiat et leur cupidité sans égard envers ceux qui créent les richesses par leur travail : les salariés. En conséquence, dans notre objectif de la défense des intérêts des salariés, nous vous demandons de transmettre nos requêtes et revendications à Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et pour ce qui concerne notre département de prendre les mesures de contraintes nécessaires vis-à-vis du patronat local. Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos salutations distinguées.

Union Départementale CGT du Gard
Anne GARRETA, Secrétaire de l’Union Syndicale
Régionale Agroalimentaire et Forestière
CGT Occitanie

Copie : DIRECCTE OCCITANIE