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L’été. Ce palindrome (mot pouvant être lu à l’envers) pointe un sens caché. Dans la Grèce antique, l’un des cinq fleuves des enfers, Léthé, symbolise l’oubli. Pour les initié(e)s, enfer est synonyme d’envers, invitant à découvrir une réalité généralement inversée par rapport à celle du monde conditionné. Au concept de Léthé s’oppose celui d’aléthéia : réalité, logique et évidence.

En anglais, summer renvoie à Sumer, ancienne région de Mésopotamie, berceau du héros Gilgamesh, qui a fortement influencé le mythe biblique. Summer ou sumer partagent l’étymologie de sommaire, renvoyant à l’indispensable entendement du langage.

Le terme canicule est composé du préfixe cani, signifiant « chien ». Compagnon de Saint-Roch, le chien incarne l’animal mystique par excellence. Ce loup domestiqué symbolise l’être humain conditionné, éloigné de sa nature. Dans les salutations au soleil du yoga, le chien tête en bas / tête en haut exprime la transmutation de la matière en esprit, allégorie issue de l’alchimie, signifiant la réflexion.

Dressé depuis des millénaires, le chien a perdu sa nature sauvage. Même battu et maltraité, il ne songe plus à s’échapper. Pire, se tient prêt à mordre la main qui voudrait détacher sa chaîne. C’est ainsi que nous montre la spiritualité. Comme des chiens serviles, obéissants à l’ordre établi en l’échange d’un sentiment de sécurité.

Lumière, soleil, feu et chaleur constituent les symboles classiques de la lumière de l’esprit et de la destruction de l’illusion. L’être spirituel saisit la dimension consciente de tout ce qu’il expérimente. Intérieurement, la canicule invite à brûler les scories du conditionnement ; les identifications au passé. Que le soleil divin irradie, illuminant les méandres de l’esprit, là où se terre le savoir inconscient. Bien entendu ce qui chauffe, ce qui bout, est une métaphore de la colère. Kali, Zeus, Shiva ou même Jésus, sont des entités colériques. Elles expriment l’ardeur de celle ou celui qui ne veut plus être un chien, et se rebelle. Canicule. Le feu appelle l’eau, l’élément du mental et de l’entendement.

À l’heure où disparaît le sens de l’existant. À l’heure où censure et répression avancent à grands pas dans l’indifférence majoritaire d’un peuple en léthargie. N’est-il pas – plus que jamais – temps de comprendre ces messages de la nature ?

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