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La meilleure des précautions pour ne pas se noyer dans un étang de 50cm de profondeur, c’est de parler. Talgorn et Thual nous racontent donc des histoires que l’on aimerait abracadabrantesques, hélas elles semblent trop précises pour n’être que des affabulations. Mis en examen pour détournement de fonds, en novembre 2016, ces deux hommes ont témoigné dans l’émission Envoyé spécial , d’octobre 2017 et ils affirment que 117 sénateurs et anciens sénateurs de droite auraient détourné, près de huit millions d’euros des caisses de l’État, entre 2002 et 2014.

Montage financier : L’URS, L’Union républicaine du Sénat, association déclarée à la sous-préfecture de Sens a pour objet : lieu de réflexion et débats politiques, dans le respect des sensibilités de chacun de ses membres ; défendre les institutions républicaines, le bicamérisme et la démocratie locale ; promouvoir les idées libérales, européennes et sociales ; défendre les libertés publiques, individuelles et collectives. Siège social : 34, rue de la République, 89150 Saint-Valérien. Date de la déclaration : 1er décembre 2002.

L’URS aurait détourné l’argent attribué aux assistants parlementaires des sénateurs. En plus des 7 200 euros mensuels de salaire, le sénateur français bénéficie de 7 600 euros pour rémunérer des assistants parlementaires. Michel Talgorn, affirme que certains auraient alors choisi qu’une partie de ces 7 600 euros leur soit reversée via l’URS en décidant de se passer partiellement d’assistants parlementaires.

Selon Envoyé spécial, la comptabilité de l’association laisserait apparaitre plusieurs noms, avec un premier échantillon constitué de :

  • Hubert Falco, l’ex-sénateur maire de Toulon
  • François Fillon, avant de devenir Premier ministre en 2007
  • Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat
  • Henri de Raincourt, sénateur de l’Yonne
  • Jean-Claude Gaudin, le sénateur maire de Marseille

Et quand le sénateur marseillais parle, ses petits mots comme “aujourd’hui” et “avant peut-être” sèment le trouble, même si l’on souhaite vraiment croire en lui. Jean-Claude Gaudin d’affirmer : “il est clair qu’au sénat, aujourd’hui sous l’autorité du président Larcher, il n’y a pas de choses qui ne marcheraient pas.” C’est presque rassurant, si avant aujourd’hui, il n’y avait pas hier. Puis il enchaine : “ Avant peut-être, il y avait des habitudes…” Bonne nouvelle ! ce ne sont que des habitudes. On comprend mieux pourquoi, ce dernier se met dans une “saine” colère, qui sans aucun doute nous « prouve » sa bonne foi, quoique son phrasé confus peut nous laisser pantois.

Avec un mauvais esprit, on pourrait penser que c’est du “foutage de gueule”, mais loin de nous cette idée, même si un expert en la matière comme Michel Talgorn, ancien inspecteur des impôts, aurait tendance à le confirmer dans cet extrait vidéo.

France 2, Envoyé spécial : « Sénat : gros chèques et petites combines », une enquête de Pascal Henry et Olivier de Gandt avec Alkimia Productions.

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