Une audience se tiendra au tribunal de commerce de Montpellier pour statuer sur les deux offres de reprise du groupe Orchestra-Prémaman, demain mardi 16 juin. Mais ce lundi, un CSE se tenait à Saint-Aunès, siège de l’entreprise, où étonnement plus de 150 salariés du groupe venus d’Arras et de Suisse ont manifesté « leur affection » au projet de reprise du fondateur Pierre Mestre.

Groupe Orchestra-Prémaman : une situation déconcertante et normalement impossible. Sauf qu’une ordonnance d’Emmanuel Macron du 20 mai 2020 s’est glissée dans l’histoire, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Ainsi, le patron Pierre Mestre, avec un passif de plus d’un demi-milliard d’euros, qui a déposé son bilan, en redressement judiciaire, peut proposer un plan de reprise de sa société. Il effacerait ainsi toutes ses dettes.

Interview, et explications avec Ralph Blindauer, avocat du CSE d’Orchestra :

Est-ce que l’on s’éloigne de l’intérêt public, et de celui de l’emploi et des salariés avec cette affaire de reprise ? Arras FO soutien Mestre avec sa NewOrchestra, à Montpellier les syndicats soutiennent le projet Al-Othaim. Le CSE, comité social d’entreprise du groupe, représentant les salariés a donné son avis sur les deux projets de reprise, et aujourd’hui Jennifer Gaillard, CGT membre du CSE  confirmera le choix unanime pour l’offre du repreneur Al-Othaim. Car cette proposition conserve les emplois sur l’entrepôt de Saint-Aunès et garantit une pérennité de l’entreprise, contrairement à la proposition du fondateur repreneur.

Paradoxe. Si autrefois on pouvait finir en prison pour une faillite, aujourd’hui on vous proposerait presque de la récupérer… 2020 est un monde merveilleux où il possible de transformer un demi-milliard de dettes en 140 millions d’euros, grâce à une nouvelle société dont le nom dit tout : NewOrchestra.

Pierre Mestre de NewOrchestra et le groupe Al-Othaim, reviennent devant le tribunal de commerce de Montpellier avec des propositions renforcées autant sur leurs engagements financiers, que sur la partie sociale et le nombre d’emplois sauvés. Le plus passionnant est à venir, avec une décision des juges du tribunal de commerce qui devra (peut-être) mettre fin à un dossier complexe, et qui fera peut-être jurisprudence bouleversant alors le monde de l’entreprise. Affaire à suivre…