A la suite de la campagne de communication du Maire actuel concernant l’urgence climatique déclarée à Montpellier, Michaël Delafosse, Président du groupe d’opposition municipal « La Gauche pour Montpellier » et Président de Destins Montpelliérains, réagit.

« L’enjeu majeur pour l’humanité de la transition écologique et de l’urgence climatique, pour laquelle un vœu a été présenté lors du Conseil municipal de Montpellier du 18 juillet 2019, aurait dû conduire le Maire actuel de Montpellier et son équipe à un peu de modération et de modestie. Hélas, il n’en est rien et, depuis quelques jours, fleurit sur les réseaux sociaux et les écrans numériques de la Ville une communication outrancière et insincère s’attribuant un prétendu « engagement » pour l’urgence climatique.

Or le bilan en la matière est plutôt navrant et il convient, encore une fois, de le révéler tel qu’il est aux Montpelliérains. C’est ce que nous faisons avec l’association « Destins Montpelliérains ».

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La transition écologique n’a pas été mise en œuvre durant ce mandat car toutes les grandes réalisations qui auraient permis d’améliorer la situation ont été repoussées ou annulées.

La ligne 5 du tram sera construite au mieux avec huit années de retard. L’extension de la ligne 1 arrivera en 2022 avec quatre années de retard. Ce sont autant de gaz à effet de serre et de CO2 en plus que les Montpelliérains subiront d’ici là.

La création de lignes de bus à haut niveau de service est aussi repoussée aux calendes grecques durant le prochain mandat, occasionnant le même phénomène, alors qu’un plan avait été présenté initialement dans le cadre du schéma directeur des transports en juin 2017.

Les projets de PEM (pôles d’échanges multimodaux) de Sablassou ou de Villeneuve-lès-Maguelone ont été également repoussés. Il n’y a même plus d’échéancier alors qu’ils contribueraient fortement à limiter l’entrée des voitures à Montpellier.

Le service innovant « Totem Mobi » vient de quitter Montpellier en raison, selon l’opérateur, de l’impossibilité de dialoguer avec la Métropole. C’est encore une fois une régression pour notre territoire sur l’enjeu majeur qu’est l’autopartage.

Il n’y a pas eu de véritables réalisations de pistes cyclables en site propre qui contribueraient déjà à la réduction du trafic automobile. Heureusement le mouvement #JeSuisUnDesDeux a forcé le Maire à changer sa posture initiale anti-vélo. Mais on voit bien que tout cela n’est pas sincère, alors que les aménagements actuels à Montpellier continuent d’être de simples bandes cyclables sans continuité et non des pistes en site propre.

L’étalement urbain ne cesse de progresser avec des extensions commerciales hors de proportion comme Ode à la Mer.

Enfin, depuis 2014, nous avons à plusieurs reprises demandé que le Plan local d’urbanisme (PLU) soit révisé pour stopper la construction d’immeubles en lieu et place de petites maisons dans les quartiers de la ville. Ces constructions, parfois anarchiques et sans cohérence, bouleversent notre environnement et occasionnent de nombreux problèmes notamment avec la saturation des groupes scolaires qui oblige à des déplacements plus longs et en voiture.

De plus, la Majorité municipale actuelle est incapable de mener le dialogue avec les collectifs citoyens engagés pour la transition écologique et freine les initiatives citoyennes sur le sujet.

Ainsi l’année dernière, en septembre 2018, le collectif Alternatiba (mouvement national de lutte pour le climat et la justice climatique) a dû se réfugier à Grabels pour son « Festival des Alternatives » devant la faible coopération de la Ville dénonçant dans une lettre ouverte : « nous avons dû faire face à un certain nombre de freins, pour ne pas dire d’obstacles, dans la préparation de l’événement avec la Mairie ».

En mars 2019 à la suite d’une nouvelle action du collectif #JeSuisUnDesDeux sur l’avenue de Toulouse, le Maire actuel réagissait en les menaçant : « un procès-verbal sera dressé ».

Il y a quelques jours,  le collectif « citoyens pour le climat » a mené un happening « Montpellier déclare l’état d’urgence climatique » singeant la communication de la Métropole. Plutôt que le dialogue, le Maire a répondu, là aussi, par la menace par voie de communiqué de presse : « la Métropole (…) se réserve le droit d’agir en justice ». Tout le monde avait pourtant bien compris qu’il ne s’agissait pas d’une communication métropolitaine car sinon il y aurait eu la signature narcissique du Maire-Président actuel sur l’affiche !

Enfin, quand le « Collectif cantine » s’interroge sur la dangerosité des nouvelles barquettes utilisées pour nos enfants, la seule réponse de l’adjointe Marie-Hélène Santarelli c’est de bloquer leurs comptes sur les réseaux sociaux et de refuser la création d’une « commission cantine » ouverte.

Bref il semble que la liste soi-disant citoyenne de Philippe Saurel soit de plus en plus fâchée avec les citoyens.

Déjà lors du Conseil municipal du 28 novembre 2018, le Maire sortant faisait voter un « voeux relatif à un engagement en faveur du désinvestissement dans les secteurs contribuant au dérèglement climatique ». Tout le monde a désormais bien compris que cette Municipalité feuilletonne une écologie des intentions gratuites et du greenwashing, comme avec l’opération 1000 arbres, jusqu’aux prochaines élections municipales pour tenter de leurrer les habitants. Les soutiens du Maire actuel assènent même sur les réseaux sociaux « les vrais écologistes c’est nous ». Mais les proclamations unilatérales et l’autosatisfaction ne suffisent pas et les Montpelliérains voient bien qu’entre les discours et les actes il y a un gouffre.

Alors trois fois oui pour déclarer l’urgence climatique. Mais il faut de la sincérité dans l’action. »

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