Le meeting des insoumis pour les Européennes se tenait ce vendredi au stade des costières de Nîmes. En compagnie de Jean-Luc Mélenchon, et de Thomas Champigny, candidat gardois, Manon Aubry a tenu son premier grand discours.

Plusieurs thèmes du programme « Maintenant le peuple ! Pour une révolution citoyenne en Europe » ont été abordés. Sans langue de bois, on a vu une Manon Aubry sûre d’elle, et un Mélenchon égal à lui-même, pédagogue et orateur exceptionnel. Des combattants… sur-le-champ national et européen.

La France insoumise contrairement aux poncifs possède un véritable esprit européen. Dès les amFis d’été en août 2018, les insoumis avaient présenté en compagnie d’autres partis européens ce qui allait devenir un programme « Maintenant le peuple ! »

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Juncker, le VRP des paradis fiscaux

Cinq thématiques abordées durant ce premier meeting, mais le gros de la soirée a été donné à l’évasion fiscale, la planification écologique, la situation en France et notamment la justice fiscale. Dès les premières minutes de son discours, l’ancienne présidente d’Oxfam tape fort sur l’évasion fiscale des grands groupes, en expliquant le mécanisme et les conséquences pour les deniers français. Continuant son énumération de ce qui ne fonctionne pas dans cette Union européenne, elle enchaîne sur le casting des « patrons » de l’Europe et en particulier de Juncker, plaisamment dénommé, le VRP des paradis fiscaux. Pour ajouter « c’est un peu comme si on mettait un pompier pyromane dans une forêt. » Et elle s’amuse à rappeler qu’il y a dix ans les associations qui luttaient contre les paradis fiscaux prêchaient dans le désert.

« Aujourd’hui on nous écoute, mais on se fout de notre gueule, car les paradis fiscaux nommés sont hors Europe. » – Manon Aubry

Or, rappelant les corrélations entre l’évasion fiscale, jugée à peu près à un manque à gagner de 100 milliards d’euros par an en France, elle explique que pour regagner sur le budget, on a pour seul levier les impôts, telles la CSG et la TVA et d’enchaîner sur la situation nationale : « Que dit le mouvement des gilets jaunes, le sens de leur colère, ils sont contre l’injustice fiscale pas contre l’impôt. C’est la raison pour laquelle nous continuerons de porter les revendications des gilets jaunes. Ce n’est pas de la récup, c’est juste du bon sens. »

42 lobbyistes pour chaque eurodéputé

Elle continue son discours sur la règle verte, et donne des exemples sur les lobbies présents au sein de l’Europe. 42 lobbyistes pour chaque eurodéputé. Les plus connus évidemment étant Bayer-Monsanto et son glyphosate, mais aussi des multinationales qui s’opposent à l’instauration d’énergies alternatives. Ce sont toutes ces raisons qui amènent à s’attaquer aux traités européens. Manon Aubry conclut en disant une fois encore « nous sommes des gens conséquents, nous avons un programme depuis décembre., ce qui n’est pas le cas de tous les partis. Et que dans ce programme, il faut des ruptures franches et c’est la raison pour laquelle nous nous opposons aux traités ! Les soixante-dix-neuf qui sont sur la liste connaissent leurs sujets, et se battront pied à pied. C’est la seule alternative pour que demain arrivent les jours heureux. »

Mélenchon entre en scène pour soutenir son équipe de choc

D’entrée, à ceux qui l’accusent d’être autocentré sur sa personne, il les renvoie à leurs chères études en martelant « Ce n’est pas moi qui ai constitué cette liste, comme le pensent les sots et les benêts, ce sont 32 personnes dont la moitié était tirée au sort qui ont étudié les 600 candidatures déposées. »

De ces années de professorat, il a gardé le goût de la pédagogie.

Pour Jean-Luc Mélenchon, ce rassemblement nîmois est aussi une bonne occasion pour rappeler ses talents oratoires aux nombreux insoumis venus de tout l’ancien Languedoc, avec un soutien inflexible aux Gilets Jaunes, des retours sur les actions de décrochage d’Alternatiba, en passant par une diatribe enflammée contre le gouvernement Macron. Si le meeting a pu électriser les insoumis, ses poncifs étaient connus et attendus par les insoumis, qui venaient chercher chez le premier orateur des forces supplémentaires pour le long combat jusqu’au 26 mai. Une alliance européenne comme lien indirect avec la première partie présentée par Manon Aubry. « Des exemples d’effondrement de civilisation ça existe », ainsi commence les cours d’histoire de l’ancien professeur, qui a aimé rafraîchir la mémoire des insoumis languedociens, sur la Renaissance et Les Lumières, prélude pour le député à la moderne insoumission et ses luttes contre la marchandisation de la connaissance, de l’enseignement. « On est dans un moment spécial ».

Enfin à ceux qui lui demandent pourquoi aller voter pour les élections européennes alors qu’on est contre l’Europe, il répond avec cette gouaille qui lui est propre, qu’on ne peut combattre qu’en étant au sein même de l’institution que l’on souhaite réformer.

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