Lycéens, étudiants et enseignants étaient à nouveau appelés à la grève ce mardi 6 février 2018. Les mots d’ordre étaient plus larges que ceux du 1er février, la contestation portant à la fois sur la réforme du bac et la sélection à l’université.

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Selon les organisateurs, FERC-CGT, FNEC-FP FO, FSU, SUD éducation, Solidaires étudiant-e-s, Unef, UNL, UNL-SD, SGL, ASES, SLU : « Les personnels, les étudiant.e.s, les lycéen.ne.s n’acceptent pas la mise en place de la sélection à l’entrée de l’université, la destruction du baccalauréat comme premier grade universitaire et diplôme national de fin d’études secondaires et les suppressions de postes qui accompagnent ces réformes. »

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Pour Stéphane Audebeau, du SNES Hérault et professeur de Sciences économiques et sociales : « le gouvernement met en branle tout un ensemble de réformes, qui sont pour nous en l’état inacceptable ». « Elles remettent en cause le caractère national du diplôme, le baccalauréat, avec l’introduction d’une part de contrôle continu très importante, quasiment la moitié », « cela veut dire une évaluation, des épreuves, des exigences qui seraient définies au niveau local et non plus national. » « Cela veut aussi dire qu’il n’y aurait plus de séries, comme à l’heure actuelle, au niveau général ou technologique. Mais ce sera des couplages de modules, donc de disciplines dominantes, qui seront décidées au niveau des établissements. » Même son de cloche, concernant la réforme de l’université : « La mise en place de Parcoursup, impacte directement le lycée, puisque c’est une surcharge de travail considérable qu’on nous demande par rapport à l’orientation des élèves de Terminale. C’est la mise en place d’une sélection sous la forme d’une orientation déguisée. C’est maintenant les universités qui vont pouvoir décider localement comment elles vont recruter leurs futurs étudiants. Cela remet en cause le baccalauréat, qui n’est plus le grade d’entrée à l’université ». Sur le calendrier des réformes, il explique : « Du jour au lendemain, on nous demande des taches supplémentaires ». « C’est quelque chose d’aberrant, il n’y a que dans l’éducation nationale qu’on voit ça. »

Pour Manon Milcent, étudiante et militante La France insoumise, ces réformes vont « créer plus d’inégalités et renforcer les élites ». « L’école de la République est censée promouvoir la devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité ». Elle revient sur les mobilisations successives : « la semaine dernière on s’est mobilisés contre la sélection à la Fac, cette semaine on doit être là contre la réforme du bac ». Sur la faible mobilisation elle précise : « il est important de souligner, que les gens ne sont pas au courant de ces réformes, c’est ce qui explique la faible mobilisation ».

Pour Mehdi, lycéen en Terminal ES, « on est les premiers concernés », « cette réforme va passer sur un coup de force ». « On est mobilisée, contre cette application de la sélection à l’université, qui va accroitre les inégalités dans l’enseignement supérieur, qui sont déjà bien installées. Ce projet de loi va venir les conforter. En tant que lycéens, on est les premiers à avoir non seulement un droit, mais aussi un devoir de mobilisation. »

La réforme portant sur « l’orientation et la réussite des étudiants » doit être examinée les 7 et 8 février au Sénat. Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, doit quant à lui annoncer mercredi 14 février, les projets de réforme du baccalauréat et du lycée.