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En cette journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales, SOS homophobie ne peut que rappeler l’urgence de ne pas oublier, une fois encore, la situation des personnes intersexes1.

En effet, les personnes intersexes représentent environ 1,7 % de la population française (OMS, 2000). Par ailleurs, 30 à 80 % d’entre elles subissent au moins une opération chirurgicale2 dont le seul objectif est de faire correspondre leurs organes génitaux à la binarité féminin/masculin attendue. Ces pratiques sont réalisées de manière très fréquente chez les enfants de moins d’un an.

Aujourd’hui, en toute impunité, des chirugien.ne.s continuent, aux moyens d’arguments alarmistes et fallacieux, de pratiquer ces opérations non-consenties (clitoridoplasties, vaginoplasties, ablations des gonades testiculaire…) sur des enfants intersexes. Or, ces interventions peuvent entraîner des complications médicales et des séquelles psycho-sociales, alors que l’écrasante majorité de ces opérations ne répondent en rien à une nécessité vitale pour l’enfant. Les parents sont, quant à eux, dépourvus d’informations fiables, de suivi adapté, voire ne sont ni informés ni consultés.

Par trois fois, depuis 2016, l’Organisation des Nations Unies a condamné la France, qualifiant ces actes de mutilations.

Un bref espoir a été entrevu lors des débats à l’Assemblée Nationale sur le projet de loi bioéthique. Un espoir vite enterré au prétexte que la loi protégerait déjà l’intégrité des personnes sur le fondement de l’article 16-3 du Code civil. Or, la théorie n’est pas la pratique ! Et les réponses proposées sont loin d’être suffisantes face à la situation que vivent de nombreuses personnes intersexes.

SOS homophobie revendique l’arrêt des mutilations génitales sur toutes les personnes intersexes et soutient, sans réserve, les recommandations du Comité contre la Torture de l’ONU adressées à la France en 2016 qui visent à : “Prendre des mesures législatives, administratives ou autres nécessaires pour garantir le respect de l’intégrité physique des personnes intersexuées afin que nul ne soit soumis·e durant l’enfance à des traitements médicaux ou chirurgicaux visant à déterminer le sexe d’un enfant qui ne présentent aucun caractère d’urgence médicale.”

SOS homophobie demande aux pouvoirs publics et à l’opinion de se saisir de cette question, en prêtant une attention particulière aux personnes concernées qui militent depuis des années en faveur des droits des personnes intersexes, notamment le Collectif Intersexes et Allié·e·s.

1. Personne intersexe : personne née avec des caractères sexuels (génitaux, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions binaires types des corps masculins ou féminins

 2. “Corps en tous genres – La dualité des sexes à l’épreuve de la science”, Anne Fausto-Sterling

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