Sabine Raynaud novembre 2020 - Photo © JP Vallespir
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« Elle est là ! C’est celle-là qu’il nous faut ! » lâchent les forces de l’ordre. Sabine Raynaud a été arrêtée il y a un an et demi, lors d’une action « péage gratuit » sur l’échangeur de Béziers-ouest. L’institutrice montpelliéraine doit comparaître mardi 1er décembre devant le tribunal correctionnel de Béziers, pour entrave à la circulation, et dissimulation de son visage lors d’une manifestation.

Après le mouvement #PasDeVague, la loi Blanquer intitulée « pour une école de la confiance » était accusée de vouloir museler les professeurs. Montpellier, maison des syndicats, jeudi 26 novembre, en conférence de presse, Sabine Raynaud montre son foulard. Tout un symbole, pour dénoncer « cette volonté de nous faire taire, » précise-t-elle. Mais rien de bien belliqueux, immense aux couleurs chatoyantes, il peut tout aussi bien se transformer en pagne pour tracter sur la plage.

Intelligente, engagée Sabine Raynaud est une femme d’action et de conviction. Capable de porter les revendications de ses collègues dans les écoles. Elle sait prendre la lumière, sans faire d’ombre à personne. Son syndicat a obtenu de nombreuses promesses de créations de postes. L’enseignante milite pour l’amélioration des conditions de travail et s’occupe d’élèves en situation de handicap.

Victoire de la mobilisation et de l’unité

L’institutrice est sur tous les fronts de l’injustice : éducation nationale, hôpital, violences policières, réforme des retraites, etc. Autour d’elle une impressionnante campagne de soutien s’est mise en place. En début de semaine il était difficile à Sabine Raynaud de pouvoir prendre connaissance de son dossier, mais jeudi 26 novembre après-midi coup de théâtre : un communiqué de presse du procureur de Béziers dans lequel il se dit « contraint de diffuser un certain nombre d’éléments, » mais il est aussi précisé qu’il sera fait « un simple rappel à la loi, avec classement sans suite de la procédure. » Ainsi, Sabine Raynaud est convoquée par le délégué du procureur, qui doit lui signifier les mesures alternatives à la procédure pénale. Mesures alternatives qu’il est possible d’accepter ou refuser.

« Ce communiqué de presse du procureur de Béziers, je vous le dis : c’est une victoire », annonce l’enseignante très émue. Applaudissements dans la salle, pour saluer une victoire de la mobilisation et de l’unité. Il sont nombreux à marcher à ses côtés : les syndicats FO, FSU, CGT et CNT Éducation Social-Services 34, la Libre Pensée Groupe Université et citoyens de Montpellier, les Gilets Jaunes du RPPA et beaucoup d’autres sur le territoire, Convergence 34, PCF34, la députée Muriel Ressiguier et les groupes de la France insoumise de Montpellier, de Béziers, de Lodève, BDS et la ligue des droits de l’homme, le PG, le POI, NPA, Ensemble 34. Sabine Raynaud tient aussi à remercier ses collègues, et les citoyens qui ont su être, eux aussi, à leur façon, des soutiens essentiels.

« On n’a pas besoin de martyrs, on a besoin de victoires », lance Richard Abauzit

Le procureur a l’opportunité des poursuites, il a apprécié la situation. Et semble-t-il : Béziers, un mardi de décembre, ce n’est pas le bon jour pour mettre au pilori une institutrice sur la place publique. Interrogée sur la publicité pour la lutte sociale, que représente un procès, Sabine Raynaud est catégorique : « je n’ai pas la vocation à être un martyr, notre combat il se fait tous les jours. » Réaliste, cette militante veut garder ses forces sur le terrain, et dans l’action : « pour défendre nos droits et nos libertés […] on n’a pas besoin de dépenser du temps et de l’énergie dans des histoires avec la justice. On a besoin de dépenser notre temps et notre énergie auprès de tous ceux qui subissent. »

Et puis « des martyrs on en a, » réagit Richard Abauzit, Gilets Jaunes Montpellier RPPA. C’est vrai, les chiffres sont là ! Une réponse pénale sans précédent, déjà en novembre 2019 on pouvait compter 10.000 gardes à vue, et plus de 3.000 condamnations sans oublier les mutilés et les éborgnés. Occasion de rappeler la situation de Roland Veuillet, un an d’emprisonnement, dont 6 mois avec sursis. Et ce sexagénaire, ancien fonctionnaire de l’Éducation nationale, a été capable de poursuivre la lutte, au sein même de la prison de Nîmes.

« Un homme qui par ailleurs paye son engagement militant, depuis 2003, depuis 17 ans », rappelle à tous Richard Abauzit. Tout en déplorant que « ce martyr-là, il ne fait pas avancer notre cause. Qui connait Roland Veuillet à part les Gilets Jaunes du Gard ? Par contre, la victoire de Sabine et de tous ceux qui l’ont soutenue va peser de plus de poids. On n’a pas besoin de martyrs, on a besoin de victoires. » 

Pour Alban Desoutter, membre de la Libre Pensée, il y a cette même envie de victoires : « une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre tous les autres. Je pense qu’à l’inverse, une victoire d’un seul, c’est aussi un point d’appui, et une victoire pour tous les autres. »

Rappel : Sabine Raynaud risque également de passer en commission disciplinaire, et d’être sanctionnée professionnellement. À suivre donc, dans un contexte où des liens supposés entre le syndicat « Avenir lycéen » et Jean-Michel Blanquer pourraient pousser aussi le ministre de l’Éducation, devant une commission d’enquête parlementaire. Reste à savoir qui de Raynaud, ou de Blanquer passera le premier en commission.

Montpellier 26 novembre 2020 - Sabine Raynaud, Conférence de Presse
Montpellier 26 novembre 2020 – Sabine Raynaud, Conférence de Presse – Photo © JP Vallespir

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