Conseil de métropole Montpellier 23 novembre 2020
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Une séance bien particulière avec des sens interdits imprimés, installés deux places sur trois dans la salle, et des conseillers métropolitains en visioconférence qui votent électroniquement à distance. Ce lundi 23 novembre ne fait pas oublier le confinement, et les conditions sanitaires de l’ère Covid19.

Éclaircie d’avenir pour débuter : le prochain sommet Afrique-France se tiendra à Montpellier en juillet 2021, et avant le vote de l’ordre du jour, le Président de la Métrople s’en félicite, en précisant que « ce sera un honneur pour nous d’accueillir cet évènement. » 113 affaires ont ensuite été débattues et traitées.

Salle Conseil métropole Montpellier le 23 novembre 2020
Salle Conseil métropole Montpellier le 23 novembre 2020

VOIR AUSSI, Montpellier : Conseil de Métropole, MedValley, tri des déchets et covoiturage

Gréco, Clooney, Gaillard à la métropole

La version numérique de ce conseil métropolitain a eu son lot de surprises, pas encore de quoi rivaliser avec une série Netflix, ou un feuilleton de télé industriel, mais tout de même : un Rémi Gaillard en slip chez Clothilde Ollier, une capsule aluminium usagée chez Alenka Doulain : “What else !” Clooney s’invite dans le débat et dans la bouche du Président, et un Bruno Paternot en mode DJ qui envoie du Juliette Gréco en ligne. Tout pour motiver les administrés de la Métropole de Montpellier, à suivre les prochains épisodes.

Rémi Gaillard Clothilde Ollier
Rémi Gaillard en slip chez Clothilde Ollier en pleine visioconférence du conseil métropolitain

« j’ai été filmé à l’insu de mon plein gré » Rémi Gaillard

Contacté par téléphone, Rémi Gaillard s’étonne « j’ai été filmé à l’insu de mon plein gré, » comprenne qui voudra : toute la finesse du propos, en référence au cycliste professionnel Richard Virenque, auquel on attribue cette déclaration : « j’ai été dopé à l’insu de mon plein gré. » Bref, l’humoriste affirme être confus, et dit vouloir « s’excuser auprès de tous les élus de la métropole […] et du monde entier, puisqu’il y a déjà des articles dans la presse canadienne. »  L’artiste réussit néanmoins à marquer d’un nez rouge, le paysage politique du territoire. Et souhaitons-le, pour en révéler tout l’intérêt.

Pandémie et soutien aux acteurs économiques

Plus sérieusement, la pandémie s’invite d’entrée de jeu avec délibérations et votes sur les mesures de soutien aux acteurs économiques face à une crise sanitaire devenue économique. Des dispositifs d’aide aux loyers professionnels, et redevances, le soutien aux entreprises du commerce de proximité, de l’artisanat et du tourisme, ou encore le report du versement de la Taxe de Séjour sont adoptés. À noter : la mise en place d’un fonds de garantie de 500.000€ pour soutenir le tourisme d’affaires.

Solidarité entre les communes

Solidarité entre les communes approuvée, avec la Dotation de Solidarité Communautaire (DSC). C’est une dotation qui s’adresse aux communes, dans leur budget de fonctionnement. René Revol, maire de Grabels se félicite de cette coopération intercommunale. Pour Cyril Meunier « la commune de Lattes est ravie de cette décision […] mais il faudrait que l’on prenne en compte la surface par habitant pour aider les plus petites communes. » Il est donc institué une Dotation de Solidarité Communautaire fixée à 1.000.000 € au titre de la DSC 2020.

Covoiturage : dynamiser la politique globale de mobilité

Intégrer le covoiturage aux habitudes de déplacement pour dynamiser la politique globale de mobilité, le rendre facile et pratique : c’est l’idée. Fluidifier la circulation des villes de la métropole, avec une expérimentation à 75.000€ pour une durée d’un an. Objectif pouvoir : « multiplier par 3 le covoiturage domicile-travail sur le territoire de la métropole » annonce Julie Frêche. Le principe de cette expérimentation a été approuvé.

Tri des déchets, l’épineuse question du : qui va payer quoi ?

« La justice sociale, nous l’avons en tête en permanence. Pas question de pénaliser les familles nombreuses, et les familles aux revenus modestes » déclare François Vasquez Vice-président de Montpellier Méditerranée Métropole en charge du dossier de la tarification incitative des déchets.

Rappel : la Métropole souhaite engager une politique zéro déchet avec l’ambition de diminuer de 40 % dans les 3 ans, les déchets ménagers. C’est Hervé Martin Président du groupe « Communiste et Républicain » à Montpellier qui soulèvera la question essentielle, mais épineuse : qui va payer quoi ?

Soucieux de respecter la promesse du bouclier social, portée par la campagne de « Montpellier Unie ». Le conseiller note avec justesse que « ce sont les industriels qui vendent des déchets, aux consommateurs » faisant référence à la grande distribution alimentaire, passage obligé pour les plus fragiles. Tout le monde ne peut pas consommer dans les bio-magasins, et autres épiceries où le vrac est bien plus présent. Alenka Doulain rejoint pleinement les réserves d’Hervé Martin sur le sujet « qui pose de profondes questions d’équité, de justice sociale et de priorisation dans la politique zéro déchet. » La patronne du mouvement « Nous Sommes Montpellier » se réjouit tout de même qu’il s’agisse ici d’une étude, avant toute mise en oeuvre du projet.

« Dans notre budget 11 millions d’euros sont consacrés à exporter nos déchets »

“Moins je jette, moins je paie” l’étude va être lancée pour tendre vers une tarification incitative des déchets. Michaël Delafosse précisera : « nous devons engager une nouvelle stratégie. Dans notre budget 11 millions d’euros sont consacrés a exporter nos déchets […] nous ne faisons que mettre en oeuvre les engagements pris devant les électeurs. » Une participation de tous s’impose dans cette « stratégie zéro déchet » qui veut différencier « ceux qui trient et qui ont des comportements vertueux […] et  ceux qui ne font aucun effort », affirme le Président de la métropole.

Cambacérès, longtemps et toujours controversé ? « Nous ne pouvons plus fabriquer de la ville comme avant, » Michaël Delafosse

Zone longtemps et toujours controversée, le quartier Cambacérès est ce lundi l’affaire 31. Aménagement, cession du foncier de diverses parcelles pour des surfaces tertiaires, à hauteur de 1.245.860 € : le dossier met d’emblée la Vice-présidente Coralie Mantion sur la défensive face aux questions d’Alenka Doulain : « est-ce qu’on peut garantir aujourd’hui aux Montpelliérains qu’il n’y aura pas de logements étudiants ? Où en sont les discussions avec Montpellier Business School pour repenser le projet ? »

Coralie Mantion détaille alors la posture EELV : « contrairement à ce que certains pensent, nous ne nous sommes pas vendus  pour quelques places, nous n’avons pas cherché à aller au plus offrant, mais nous avons travaillé sur un projet commun avec le Parti socialiste, Michaël Delafosse et ses partenaires. Parce que c’est cela aussi la politique, c’est dialoguer, échanger et trouver des compromis. Donc, oui nous avons accepté d’urbaniser environ 25 hectares entre la gare et Odysseum, car ce sont des terres qui étaient déjà viabilisées, terrassement, routes, réseau posé. Et que ça crée une connexion entre ces deux lieux. Mais c’est bien grâce à nous les écologistes que ce sont pas moins de 130 hectares, je répète 130 hectares […] de terres naturelles et agricoles dans ce quartier qui seront préservées. » La vice-présidente redonne le contexte de la pollution importante et de la santé des citoyens qu’il faut protéger : « de plus Me Doulain, nous réaffirmons […] il n’y aura pas de logements quels qu’ils soient, étudiants ou sociaux à Cambacérès […] car nous sommes dans la zone la plus polluée de Montpellier, et il serait donc irresponsable d’y loger des habitants. »

Sur ce dossier, Michaël Delafosse confirme la modification dans cette zone, rappelle que 48.000 décès en France sont liés à la pollution, et annonce : « nous ne pouvons plus fabriquer de la ville comme avant, ces données scientifiques, nous devons les prendre en compte. » Max Levita enregistre la décision, et voudrait savoir à quelle hauteur financière se place ce renoncement, pour les ressources de la Métropole. Il n’aura pas de réponse chiffrée, juste cette précision : « le logement étudiant sera substitué par des implantations d’ordre économique. »

Doulain contre le greenwashing de Nespresso : what else ?

C’est la Convention de partenariat avec le Fonds de dotation pour le recyclage des petits aluminiums qui a permis d’inviter en quelque sorte dans le débat, Georges Clooney et Nespresso, la marque commerciale de la Société des Produits Nestlé dont le siège est situé à Lausanne, en Suisse. Nespresso a créé en 2014, le Fonds de dotation pour le recyclage qui veut s’inscrire dans une démarche d’intérêt général, et voudrait garantir l’efficacité environnementale d’un dispositif de recyclage des petits emballages et déchets en aluminium.

Alenka Doulain opposée à ce partenariat dénonce un moyen de défiscaliser les profits de Nespresso. Capsule usagée en main en guise de démo, elle fait remarquer les montants ridicules à l’échelle de cette société qui pourrait ne déboucher que sur une subvention timide de 10 000 euros par an. Pour la cheffe de file de « Nous Sommes Montpellier », c’est clairement le : « greenwashing de cette entreprise aux pratiques climaticides, qui se soucie que très peu des déchets qu’elle produit chaque année, par dizaine de milliers de tonnes […] notre métropole peut se passer de l’aumône de cette multinationale. » La conseillère lancera : « je n’ai qu’une chose à vous demander Mr Delafosse, c’est what else pour les Montpelliérains ? » 

Quoi d’autre ? Michaël Delafosse : « sans doute beaucoup de choses pourraient être encore  perfectibles […] je n’ai pas la prétention de me comparer à George Clooney, peut-être vous oui […] J’ai confiance en M. Vasquez pour porter ce type de dossier. »

François Vasquez sera « désolé de constater que Me Doulain à une mauvaise maîtrise des leviers de la politique zéro déchet […] interprète mal nos intentions […] il n’était pas, par cette mesure, question de faire la promotion de qui que ce soit, ni même de citer cette marque. » Pour l’homme responsable de la nouvelle orientation de la gestion des déchets : l’important est de « récupérer toutes aides qui nous permettront de mettre une politique plus ambitieuse en amont. Même si je comprends le fond, je trouve dérisoires les reproches qui sont faits sur ce point. »

Juliette Gréco, un centre commercial ?

C’est l’affaire de l’ouverture dominicale des commerces de détail pour l’année 2021 qui a permis d’entendre Juliette Gréco au conseil de métropole.

Imaginatif, et dans la provocation positive, pour révéler peut-être « l’absurdité » de la délibération, Bruno Paternot propose en cas d’adoption « de donner le nom de Juliette Gréco à un nouvel hyper marché ». Le conseiller lance en conclusion de son intervention riche de sens, un titre de Juliette Gréco « je hais les dimanches ».

Pour Clara Gimenez, comme pour les élus communistes, « la règle du repos dominical est une conquête sociale majeure, elle a permis le développement d’une vie associative culturelle et sportive riche et essentielle à la cohésion du pays et au bien-être général […] La solution n’est pas l’ouverture le dimanche, mais  bien au contraire la revalorisation du pouvoir d’achat. » La conseillère s’inquiète de la précarité et de l’obligation du travail le dimanche pour les salariés avec de telles mesures. Mathilde Borne reste opposée à « la banalisation de l’ouverture des commerces le dimanche » notamment pour des raisons environnementales, et souhaite, « garder le dimanche comme un jour sans consommation. » Un sujet qui mérite un vrai débat pour Alenka Doulain, mais c’est Cyril Meunier qui aura le talent de remettre la balle au centre en rappelant qu’il s’agit aussi des petits commerçants, faisant remarquer que déjà « au niveau des mesures nationales, les centres commerciaux ont autorisation d’ouvrir tous les dimanches matin. »

S’il sait apprécier l’éloquence de Bruno Paternot, Michaël Delafosse s’amuse à préciser : « il y a bien une chose que nous ne ferons pas c’est de donner le nom de Juliette Gréco à un centre commercial. »

Reste un Président agacé ou déçu en fin de conseil, par des « écarts et attitudes peu responsables … qui ne sont pas à la hauteur de ce qu’attendent nos concitoyens. »

VOIR AUSSI, Montpellier : Conseil de Métropole, MedValley, tri des déchets et covoiturage

À voir ou à revoir pour les 113 affaires abordées durant le conseil de métropole, de ce lundi 23 novembre 2020 : 

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