Montpellier : Un étudiant en grève de la faim pour continuer ses études

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier - SCUM

Mis à jour, merc. 23 sept à 7h30

Cette année, de nombreux étudiants refusés en Master n’ont aucune proposition du Rectorat, alors qu’il s’agirait d’une obligation légale. La question qu’ils sont en droit de se poser est « Comment s’assurer un avenir décent si les portes se ferment sans raison ? » 

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Depuis vendredi 18 septembre, Mehdi, un étudiant demandant désespérément son entrée en Master 1, s’est installé sur une chaise posée face au rectorat pour faire une grève de la faim et afficher ainsi son mécontentement. Il a donc cessé de s’alimenter et de s’hydrater depuis ce vendredi matin.

Titulaire d’une licence de Droit Privé à la faculté de Droit de Montpellier, le jeune homme a été refusé sans raison valable en Master dans cette même université. Pourquoi s’évertuer à faire de longues études et s’accrocher jusqu’au bout d’une licence, pour, au final, se retrouver démuni ?

Du côté du SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier) on déclare que ni le Crous, ni l’Université, ni le Rectorat, n’ont répondu à ses sollicitations. Par ailleurs, le mouvement syndicaliste continue de porter son soutien à Mehdi et à tous les étudiants dans le même cas. Ce lundi 21 septembre 2020, ils ont ainsi convié les jeunes touchés par cette situation à se réunir devant le Rectorat de Montpellier à 8h.

Lundi soir, l’étudiant a pu rencontrer un représentant du Rectorat

Dans un communiqué le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier explique, lundi soir, « après quatre jours de grève de la faim, Mehdi a enfin été reçu par Philippe Paillet, du Rectorat. Il avait cessé s’alimenter vendredi 18 septembre afin de faire respecter son droit à la poursuite d’études ». « Durant cette réunion, aucune solution concrète n’a été formulée pour résoudre cette situation grave. Il a juste été évoqué la possibilité pour Mehdi de conserver son logement un mois de plus ».

Suite à cette réunion, le syndicat étudiant explique « dès mardi 22 septembre, Mehdi va durcir sa grève de la faim et y ajouter une grève de la soif. Il est inutile ici de rappeler le caractère vital de l’hydratation. Nous appelons tous les étudiants subissant la même situation, et tous les étudiants touchés par cette injustice, à venir devant le Rectorat de Montpellier tous les jours à partir de 8h. Nous ne laisserons pas Mehdi seul ! »

Mardi soir, après plusieurs jours de grève, Mehdi a enfin trouvé un Master.

Selon le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), c’est « mardi 22 septembre aux alentours de 17h, et après une candidature spontanée auprès de la Faculté de Droit de Montpellier que la bonne nouvelle est arrivée ».

« Cette conclusion met en lumière l’imposture que constitue le droit à la poursuite d’études. Lors de la généralisation de la sélection à l’entrée en Master en 2017, nous avions pointé le caractère non-applicable de ce droit. En effet, les rectorats sont dans l’obligation de proposer des Masters aux étudiants qui font un recours sur « trouvermonmaster.gouv.fr ». Sauf que rien n’oblige les universités à répondre favorablement aux sollicitations des rectorats. Kafka lui-même n’aurait pas imaginé pire absurdité !

Le plus important, et nous nous en réjouissons, c’est que Mehdi va bien. Il a recommencé à s’hydrater et à s’alimenter. »