Sauf pour la photo finale, et les échanges avec la presse, Mohed Altrad est resté seul sur scène pour présenter son plan de relance de 1.135 milliard. Un fonds public d’investissement financé par l’économie et le secteur bancaire, la Métropole, l’État et l’Union européenne.

“Nous sommes audacieux”

L’homme d’affaires sait négocier, regarder un contrat dans les moindres détails, les écrire, créer des sociétés. Les talents du patron du Groupe Altrad sont multiples, dans ce domaine comme dans bien d’autres. Après son constat : “Montpellier est dans l’inaction aujourd’hui,” Mohed Altrad parle milliard, 1.135 : “c’est un chiffre très important, c’est un chiffre qui ne s’est jamais vu dans une collectivité sur le plan national, nous sommes audacieux, optimistes, animés par une volonté très forte de réussir, ce que nous allons faire.

Ce projet sera notre arme anti-chômage, anti-misère, anti-pauvreté

“L’audace en commun” rassemble la liste de Mohed Altrad avec “Nous Sommes Montpellier” d’Alenka Doulain, “Écologie en Commun” de Clothide Ollier et “Yes we Clown” de Rémi Gaillard. Vendredi 12 juin, leur tête de liste expliquait le fonctionnement du fonds public de relance économique, outil financier puissant pour : “sauver les emplois et en créer de nouveaux […] et aussi être avant-gardiste sur le plan écologique […] ce projet sera notre arme anti-chômage, anti-misère, anti-pauvreté,” explique Mohed Altrad sans oublier de “guider les entreprises montpelliéraines […] avec les secteurs prioritaires que sont le commerce, les artisans, le bâtiment, la culture, la santé, la silver économie [économie des séniors], le tourisme, l’économie numérique et un déploiement d’une stratégie sur les filières de transition écologique.

Une ambition de relance qui s’appuie sur une SEM. Et les Sociétés d’Économie Mixte (SEM) sont des sociétés anonymes, dont les collectivités peuvent posséder entre 51% et 85% du capital. Elles ont pour compétences : l’aménagement défini par le Code de l’urbanisme, l’exploitation de services publics à caractère industriel ou commercial, les activités d’intérêt général et la construction. Si les décisions restent probablement privées au coeur de cette SA, l’information se devra d’être publique. Certes au sein d’une SEM, la collectivité dispose de la moitié des voix au conseil d’administration, mais quid de la relation entre la personne qui sera maire de Montpellier, celle qui sera présidente de l’EPCI (la métropole), et de celle qui sera présidente de la SEM aux commandes de cet outil financier, avec une dotation d’un milliard ?

Altrad, Ollier, Doulain, Martin juin 2020
Mohed Altrad, Clothilde Ollier, Alenka Doulain, Serge Martin – juin 2020 ©JPVallespir

L’écologie ne semble pas oubliée, Ollier répond

Sur la grande question du Contournement Ouest de Montpellier, dit le COM, une opération routière visant à relier l’A750 et l’A709, pour contenir la circulation d’échanges péri-urbains, bref une nouvelle autoroute, Clothilde Ollier a été catégorique : “on ne peut pas en même temps dire que l’on va faire de l’écologie, et créer des autoroutes […] on s’est mis d’accord, on va trouver des solutions […] il faut arrêter de se mettre un sac sur la tête […] Nous ne ferons pas le COM […] il faut apprendre à faire autrement.” Et l’ex-tête de liste de l’Écologie en Commun précisera que “pour les entreprises qu’on va aider, on demandera qu’elles aient des critères de respect, qui soient écologiques et ça, ça ne coute rien, c’est juste une façon de penser, une façon de penser autrement.” Bon ! S’il suffit de le dire, peut-être qu’il suffit aussi de le croire. Une charte éthique comme celle proposée dans le plan de relance est-elle suffisante ? Il faudra vérifier les moyens de contrainte pour les entreprises qui ne la respecteraient pas, après avoir touché les aides de la SEML. D’expérience, tout ce qui n’est pas contraint par la loi ne se fait généralement pas, c’est un peu le principe de la loi du marché, et du droit de la concurrence. Reste à voir… Et à suivre…

“Yes we laugh,” ou pas…

Si l’audace a été mise en commun, ont-ils la même envie d’un avenir en commun ? Oui, selon Mohed Altrad : “ce plan de relance matérialise la force de notre collectif.  Nous avons l’audace en commun, avec Alenka Doulain, Clothilde Ollier, Rémi Gaillard.” Reste à observer, si d’aventure l’équipe “Coeur Écologie Démocratie” gouverne : quel équilibre décisionnel sera mis en place entre la mairie (Montpellier), l’EPCI (la métropole) et la SEM dotée d’un milliard d’euros. Souhaitons que nous ne soyons pas en mode : “yes we laugh,” mais en mode : “yes we wow.”

Un plan de relance à retrouver dans le détail ici ou sur le site de Mohed Altrad pour ces municipales 2020.

Video de la conférence de presse :