Sète : La création du nouveau quartier à l’entrée Est de la ville « pollue » le débat

Conseil municipal de Sète. (CR LLS)

Ambiance électrique lundi soir lors du conseil municipal de Sète.

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C’est la question sur la création d’un nouveau quartier à l’entrée Est de la ville qui a mis le feu aux poudres entre les élus de la majorité de François Commeinhes et l’opposition de gauche (Ensemble pour Sète). Un projet d’une grande ampleur applaudi par les uns, décrié par les autres.

Il s’agit de créer une Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) de 18,2 ha à l’Entrée Est de Sète comprenant la création de 1800 logements, de commerces, de bureaux, d’un hôtel ainsi que des équipements tels que des parkings, d’une promenade (arborée), des espaces verts, des pistes cyclables… Un nouveau quartier urbain à vocation mixte qui permettrait, selon la municipalité, « de requalifier » la zone et « de répondre aux besoins des habitants et des entreprises ».

Ce qui n’est pas l’avis de l’opposition qui s’arc-boute depuis plusieurs années contre le projet : « Aucune école ou crèche n’est prévue (comme aux Salins), s’inquiète Véronique Calueba. Vous n’allez donc pas accueillir de familles. N’aurait-il pas été plus judicieux que cette – dernière – réserve foncière soit dédiée à la création d’emplois pérennes qui font cruellement défaut dans le secteur ? Vous allez construire des immeubles de 7 étages alors qu’en centre-ville, des logements sont vacants. C’est une réponse résidentielle qui ne répond pas ni aux besoins des Sétois ni aux problèmes environnementaux et de développement durable ».

« Les pollutions des sols liées aux anciennes et actuelles activités industrielles sont incomplètement connues »

Le projet a en effet fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement qui a été soumise à la mission régionale d’autorité environnementale. En raison du caractère industrialo-portuaire de la zone et du trafic routier, la MRAe a identifié un risque lié à la pollution des sols et de l’air.

Si elle considère que le projet est favorable à l’environnement sur la qualité des sols dans la mesure où ceux-ci vont être dépollués, faut-il que tous les terrains aient pu être étudiés. Ce qui n’est pas le cas.  « Les pollutions des sols liées aux anciennes et actuelles activités industrielles sont incomplètement connues », précise Madeleine Estryn de l’opposition.

Selon des remarques émises par la Préfecture, des investigations n’ont en effet pas pu être réalisées sur un site (« Touat ») car le maître d’ouvrage n’est pas propriétaire des terrains. Il faudra attendre leur acquisition (au total, ce sont 88 164 m² à acquérir sur l’ensemble du projet) pour pouvoir procéder à ces investigations.

Par ailleurs, le diagnostic des sols sous-jacents n’a pas pu être réalisé de façon efficace compte tenu de la présence de bâtiments existants.

La pollution des sols ne permet pas, in fine, la plantation de jardins potagers, d’arbres fruitiers ainsi que l’implantation d’établissements « sensibles » à savoir, écoles, crèches….

Inquiétude également de la Préfecture quant à la pollution de l’air – « l’augmentation des modes de déplacement alternatifs à la voiture n’absorbera pas l’augmentation du trafic routier (….). La qualité de l’air (…) devrait être soumise à une dégradation. » – et à l’ambiance sonore.

« Effectivement, la pollution peut être inquiétante conçoit Jocelyne Gizardin de l’équipe municipale (adjointe Pôle Ville Solidaire) mais les feux de toutes les institutions (DDTM, Région….) sont au vert tout comme la nomination d’un commissaire enquêteur. La procédure a été bien réalisée. »

Et Vincent Sabatier, adjoint Pôle Ville Apaisée, de renchérir de manière plus virulente : « vous faisiez quoi lorsque le commissaire enquêteur était là (du 2 mai au 2 juin 2020, NDLR) ? Votre mercato ? Vous avez failli à votre devoir d’opposition. Tout le monde nous a donné un avis favorable. Vous pensez que le Préfet va nous permettre de construire sur des terrains pollués ? C’est bien la peine de nous donner des détails pendant une heure sur l’étude d’impact ».

Mais comme le dit Philippe Carabasse d’Ensemble pour Sète le diable ne se cache-t-il pas dans les détails ?