La tendance Zéro Déchet : agir pour l’environnement chacun à son niveau, c’est possible. Mouvement très marginal au début, il fait de plus en plus d’adeptes.

Disons-le clairement, être dans le zéro déchet, c’est un changement radical de réflexion sur l’impact écologique individuel. On arrête d’être en surconsommation. On agit pour un mode de vie alternatif plus sain, plus vertueux et surtout, on reprend le pouvoir sur sa consommation. Exit les appels marketing, et autres… On réinvente, on innove, on (re)découvre, on résiste, on boycotte… on revit ! Le Zéro Déchet est donc un acte citoyen fort : on choisit de dépenser son argent autrement. On reprend le pouvoir : notre pouvoir citoyen pour notre bien-être et celui de la planète.

La méthode des 5R

Pour commencer, on peut garder en tête la méthode des 5R : #Refuser, #Réduire, #Réutiliser, #Recycler, #Rot (composter en français). Attention toutefois, la démarche étant un changement profond, il est important de se laisser du temps. On change ce qui est facile au début, ce qui nous parle, ce qui nous fait plaisir à nous, et à notre famille, ce qui nous rend joyeux, ce qui est bon pour notre santé : on se fixe des petits objectifs, pas à pas.

#Refuser :

Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. Refusez-le, et vous n’aurez pas à le traiter. Refuser les pailles et les touillettes dans le café. Refuser les échantillons dans les pharmacies, parfumeries et les hôtels. Boire son café dans un mug au travail (et donc refuser les verres en plastique jetables.) Afficher un stop-pub sur votre boîte aux lettres (les prospectus publicitaires représentent 40kg par an par foyer). Les Stop-pub sont généralement gratuits dans les mairies.

En refusant, on prend alors conscience que notre société nous propose sans cesse des déchets polluants !

#Réduire :

Il s’agit ici de réfléchir à son mode de consommation, et à comment se procurer le produit dont nous avons besoin. En premier lieu, se poser les questions suivantes :

  • En ai-je réellement besoin ?
  • N’en ai-je pas déjà un exemplaire similaire dans mon placard ?
  • Est-il durable ? Recyclable ? Réutilisable ?
  • Est-il possible de le revendre ?

On peut aussi attendre deux à trois jours avant d’acheter un nouvel objet et voir si notre besoin est réel (souvent, ça passe !). De nombreuses alternatives existent aujourd’hui pour éviter d’acheter neuf, exemples :

  • Acheter en seconde main sur des sites comme « leboncoin », « market place », « vide-grenier »… qui en plus, ne présentent aucun emballage ou suremballage.
  • Louer des services, des objets ou se les faire prêter par les voisins, les amis, la famille, surtout pour s’en servir qu’une fois.

Enfin, réduire c’est aussi revendre, ou donner à des associations, des amis, des voisins, de la famille, etc. Ainsi, les biens circulent. Si vous n’en avez plus besoin, d’autres en profiteront, et un cercle vertueux s’installe : nous aidons d’autres personnes à #réduire.

#Réutiliser / Réparer :

Réutiliser un produit, c’est lui trouver un nouvel usage que sa fonction d’origine. C’est aussi oublier le jetable (vaisselles, lingettes …) et réparer au maximum ce qui est cassé, avant de le jeter.

Les « Repair Café » fleurissent un peu partout depuis quelques années. L’accès y est totalement gratuit à Montpellier et le financement est basé sur une participation au bon vouloir de chacun.

Quelques idées pour remplacer le jetable :

  • Acheter des cotons démaquillants lavables,
  • Réinstaurer les torchons, serviettes de table, serpillères, mouchoirs en tissu.
  • Utiliser des sachets en tissu pour acheter ses fruits et légumes et ses produits en vrac (pas trop lourd si le commerçant ne fait pas la tare).
  • Conserver ses bocaux en verre pour y mettre son vrac, ses bidons de lessive pour y mettre la future lessive que vous allez fabriquer vous-même.
  • Pour les parents, oublier les compotes à boire (non recyclables) et opter pour les compotes à recharger qui fonctionnent très bien.
  • Et enfin, se munir d’une gourde pour tous ses déplacements.

#Rot (composter en français) :

Composter permet de réduire considérablement nos déchets. On met dans un compost les déchets biodégradables (épluchures de fruits et légumes, coquille d’œuf, marc de café, tontes de pelouse, feuilles …) Dans certaines communes, un bac orange est prévu à cet effet. Pratique, si l’on ne souhaite pas placer un compost dans son foyer. En maison individuelle, un composteur est gratuit à la Métropole de Montpellier. Il faut vous rendre auprès de votre Mairie qui vous le remettra. Enfin, les personnes en appartement peuvent installer un lombri-composteur pour lequel la Métropole prévoit une prise en charge à hauteur de 50 €. convention à télécharger. Avec un jardin, vous pourrez vous servir de votre compost comme engrais gratuitement !

#Recycler :

Tout ce qui n’a pu être refusé, réduit, réparé, réutilisé ou composté devra être recyclé. Trier sa poubelle est parfois complexe et pas réellement maîtrisé par un grand nombre d’entre nous. En cause : des logos divers incompréhensibles et une disparité de la gestion des déchets selon nos territoires d’habitations. Aujourd’hui, 30% des déchets mis au recyclage sont refusés. Bonne nouvelle : sur de nombreux emballages, le Point Vert est désormais accompagné par des consignes de tri donc n’hésitez pas à regarder les étiquettes.

Également, les Mairies fournissent les consignes locales de tri. Vous pouvez vous rendre sur le site ADEME, Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie pour savoir : que faire de vos déchets ? Ou suivre le guide du tri sur le site éco-emballages. Certes, tout cela demande une petite organisation initiale : penser à prendre ses sachets tissus et bocaux, trouver ses magasins vrac, bio et local proche de chez nous, laver ses cotons et autres réutilisables à temps… Ainsi que de petits investissements financiers initiaux : acheter ses cotons lavables, ses serviettes et sachets en tissu… Mais vu les nombreux avantages, cela en vaut largement la peine, exemples :

  • Gain de bien-être, on mange mieux, on élimine les polluants de notre intérieur et de notre assiette, on redevient acteur de sa consommation.
  • Gain de place, on trie, on donne, on vend, on achète moins, mais mieux.
  • Gain d’argent, et retour sur investissement. Une étude menée par L’ADEME en 2009 démontre qu’en appliquant les consignes #ZD (Zéro Déchet), on peut économiser jusqu’à 512 euros par an, et par personne (foyer de 4 personnes) tout en divisant par 2 ses déchets.

On se lance ?… Pas convaincus ? Alors, quelques chiffres pour vous motiver :

  • Chaque année, un Français produit 390 kg d’ordures ménagères.
  • Sur ces 390 kg : 29% finissent en incinérateur (qui engendrent pollution de l’air et gaz à effet de serre), 35% dans une décharge (qui engendre la pollution des sols), seulement 21% sont recyclés et 15% sont compostés.
  • Sur les 21% de nos déchets recyclés : 66% du papier carton est réutilisé en matière première, 55% pour le verre, mais seulement 7% pour le plastique.
  • Le coût de la gestion des déchets en France représente 14 milliards d’euros dont la moitié est payée par le citoyen via taxes et impôts
  • 200 kg de déchets (dont le plastique !) arrivent chaque seconde dans la mer
  • Le plastique ne se recycle qu’une fois, contrairement au verre qui se recycle à l’infini.
  • 1 million d’oiseaux marins, et 100 000 mammifères marins meurent d’ingestion de déchets chaque année.

Après ces chiffres déprimants, pour vous amuser, et tester vos connaissances : le jeu Déchet SCAN