Illustration - (CR SUEZ France - 2018)
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La nouvelle était tombée en plein cœur de l’été. À la fin juillet, Veolia dévoilait sa volonté de lancer une OPA agressive d’une valeur totale de 10 milliards, sur son concurrent historique, Suez.

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Si le PDG de Veolia, Antoine Frérot estime « à 100 % » que l’opération aboutira, cette manœuvre, stupéfait direction et salariés de Suez. Bertrand Camus, directeur général de Suez, dénonce dans un entretien, « une opération financière opportuniste, avec une démarche baroque » qui « sous-valorise les actifs de Suez ». « Il s’agit d’une tentative de déstabilisation majeure d’une entreprise phare de notre pays ». « Veolia ne propose pas un projet industriel » : « il propose de démanteler 40% de notre activité en France ».

En pratique, Veolia souhaite acheter à Engie 29,9% de Suez. Grâce à cette opération, Veolia mettrait la main sur son principal concurrent, paralysant le groupe, pendant 12 à 18 mois. Fait marquant, l’OPA est dénoncée à la fois, par la direction et les syndicats.

Les conséquences potentielles de cette OPA inquiètent les syndicats.

Pour l’intersyndicale SUEZ R&V Énergie (CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, CFTC), « l’OPA voulue par Véolia, si elle se concrétise, aboutira inexorablement à la  destruction d’emplois sur l’ensemble du territoire français, à un moment où l’on craint une explosion du chômage et à l’aube d’un chaos économique national et mondial induit par la COVID-19 […], car le plan annoncé de Monsieur Frérot n’est pas une réelle fusion des deux groupes, mais plutôt une aubaine pour éliminer son principal concurrent et imposer son prix. Dans cette prédation financière, seuls seront gagnants les actionnaires. Au banc des perdants comme toujours : les salariés, les collectivités et les contribuables. » 

À Montpellier, c’est le délégué syndical CFDT Suez du site de méthanisation Ametyst, Jeremy Chauveau, qui s’inquiète, « les salariés d’Ametyst et plus largement ceux du groupe Suez sont extrêmement inquiets de la situation. Nous estimons que cette opération est un risque majeur pour notre avenir professionnel. Nous estimons également que cette prise de risque, D’Engie, Véolia et du Gouvernement est totalement irresponsable au prisme de la situation sanitaire actuelle et à la veille d’un cataclysme économique qui s’annonce terrible pour l’ensemble de l’économie française et mondiale. Certains ont décidés de jouer à coup de milliard et de politique industrielle hasardeuse avec l’avenir des salariés. Nous ne l’acceptons pas ! »

Les syndicats du groupe Suez ont décidé une (première) action unitaire, en appelant les 90 0000 salariés du groupe à l’action.

L’action nationale, décidée peu avant le week-end, se déroulera mardi 8 septembre avec un débrayage de deux heures de 9h à 11h.

À Montpellier, les salariés d’Ametyst devraient organiser un débrayage accompagnés par des salariés venus de Lunel.

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