Le marqueur du début de ce mandat : la gratuité des transports a été la première affaire de ce conseil de Métropole du vendredi 31 juillet. Une mesure riche de sens, au centre d’un budget 2020 pour Montpellier Méditerranée Métropole qui s’élève à 1.350 M€.

La politique de gratuité des transports publics a été votée et adoptée, avec la mise en œuvre d’une première phase de gratuité : le week-end à partir du 1er septembre, sur le réseau Tam. Ensuite, une deuxième étape se fera sur des critères d’âge et de situation socio-professionnelle. La gratuité totale est programmée d’ici la mi-mandat.

Guerre des chiffres

Le match amical, mais néanmoins un peu tendu fut celui entre Max Levita encore en campagne, et Renaud Calvat qui joue désormais à domicile. Les deux hommes ont dribblé avec les chiffres, et joué de variations sémantiques, dans une valse budgétaire entre l’ancien et le nouveau vice-président délégué aux Finances.

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Lire, écrire, compter, et se déplacer

La tonalité de la nouvelle ère de la métropole s’énonce ainsi selon son président Michaël Delafosse : « nous avons fait des choix avec vertu et respect de l’argent public, mais avec audace et volontarisme. »

Il y a deux types de politique, celle qui a l’ambition de s’inscrire dans l’Histoire pour devenir une référence, et celle qui n’existera que dans l’instant, au gré des intérêts des uns ou des autres. René Revol, vice-président de la métropole et maire de Grabels, a donné toute la dimension de la gratuité des transports publics, en la comparant à la gratuité de l’école, une grande avancée que personne n’imaginerait aujourd’hui remettre en question.

« La politique ce n’est pas des mathématiques, c’est de la dynamique »

Réné Revol explique : « ce qui était alors, à l’ordre du jour pour permettre le développement social et économique de la nation, c’était de faire que toute la population sache lire, écrire, et compter. Une oeuvre nationale, pour redistribuer la richesse nationale, en prenant comme objectif principal, l’école. Aujourd’hui, nous sommes dans le siècle du changement climatique. Et nous avons une responsabilité, le transport en commun, c’est notre école d’aujourd’hui, et il doit être gratuit, il doit permettre à tous d’exercer leur mobilité et de pouvoir contribuer à la fois à la transition écologique et à la justice sociale. »

Pour Hervé Martin adjoint au maire de Montpellier : « la politique ce n’est pas des mathématiques, c’est de la dynamique […] Nous sommes convaincus que les transports doivent être le prochain service public gratuit national, comme l’éducation, comme la santé. » Le président du groupe « Communiste et Républicain » défend aussi l’idée que « lorsque d’autres territoires entreprendront la même démarche et la même dynamique politique que nous, » l’État comme la Région prendront la juste mesure de ce changement de paradigme pour en « faciliter la mutualisation, » le maillage, et « permettre à tous les citoyens de se déplacer partout gratuitement, » pour peut-être impulser une nouvelle logique économique.

Très justement, sur la notion de la structuration en réseau, Guy Lauret le maire de Vendargues est convaincu par cette mesure de gratuité, « mais il faut aller plus loin, il est très important de mailler ce territoire d’est en ouest, pour inciter nos concitoyens à user de transport en commun. »

Urgence climatique, agir maintenant

Le transport public gratuit, ce marqueur d’un destin montpelliérain va bien au-delà des symboles, et impose la prise de conscience au quotidien de l’urgence climatique, pour rappeler « qu’il faut vraiment commencer à agir maintenant » selon les mots du président de Montpellier Méditerranée Métropole qui prévient : « ce débat-là aura lieu dans toutes les villes de France. » Michaël Delafosse veut tracer « des chemins d’espérances. La gratuité des transports chers collègues est un chemin d’espérances. Il est humble et modeste, mais il dit que Montpellier s’engage à mettre en oeuvre les accords de Paris […] et à trouver des réponses. »

Pour ce changement de modèle, et cette entrée en transition écologique et solidaire, le dossier sera piloté par Julie Frêche vice-présidente déléguée au Transport et aux Mobilités actives.

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