Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari a annoncé dans une interview au journal le Figaro que l’État allait venir en aide à la SNCF « à hauteur de plusieurs milliards d’euros. »

La SNCF est en déséquilibre financier, en raison entre autres de la crise du coronavirus. « Plusieurs milliards d’euros » pour aider la SNCF, c’est ce qu’annonce Jean-Baptiste Djebbari dans une interview au Figaro diffusée jeudi. Avec deux scénarii avancés : « la recapitalisation du groupe, ou la reprise d’une part complémentaire de la dette, » selon le ministre.

Environ 5 milliards d’euros de pertes depuis le mois de décembre

C’est Jean-Pierre Farandou, PDG du groupe qui le dit, la SNCF devrait enregistrer des pertes proches des 4 milliards d’euros, dont la moitié sur l’activité TGV. Et cela à cause de la crise ! Même les promotions sur les prix des billets pendant l’été n’auront pas suffi à convaincre les consommateurs. Et il est à noter que la SNCF aurait déjà perdu presque un milliard d’euros avec les grèves, contre la réforme des retraites fin 2019 et début 2020.

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Déjà vers la fin mai, Jean-Pierre Farandou demandait l’aide de l’État devant la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale. Fin juin, il était reçu par Jean-Baptiste Djebbari pour « échanger sur la trajectoire financière du groupe.« 

Relance : « performance économique, environnementale, et sociale »

Mais Jean-Baptiste Djebbari prévient que « si l’État investit des sommes considérables, il attend en retour que la SNCF ait une performance économique, environnementale et sociale de haut niveau. » Des précisions en y glissant le maintien de la réforme qui avait connu deux mois de conflit social : « nous souhaitons que d’ici à dix ans, le réseau ferroviaire soit modernisé de telle sorte que l’on puisse faire circuler sans accrocs des trains de voyageurs, de jour comme de nuit, ainsi que des trains de marchandises. Pour cela, il faut maintenir le cap de la réforme de 2018, c’est-à-dire un investissement de plusieurs milliards d’euros par an jusqu’en 2022 pour régénérer le réseau ferré. »

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Le retour à l’équilibre, c’est possible ? L’État, actionnaire avisé ?

Mardi, lors des questions au gouvernement, Jean-Baptiste Djebbari a fait un rapide retour en arrière, pour marquer la réalité du cas : SNCF. Il a ensuite affirmé sur France info : « nous allons continuer à investir de façon avisée. » Certes relancer une entreprise, ce n’est pas lui fabriquer de la dette. Les projets entrepreneuriaux de M. Djebbari semblent nombreux. Le ministre délégué a indiqué par exemple vouloir « relancer le fret ferroviaire en France. » L’État, actionnaire avisé ? Pour l’heure Jean-Baptiste Djebbari n’a pas annoncé de chiffre exact.

Réforme, investissements, élus, clients et réorganisation…

Toujours ce jeudi sur radio France : « nous allons continuer à investir de façon avisée en demandant à la SNCF de continuer à se réformer et de continuer à investir dans son réseau, de continuer à améliorer la relation aux élus, à ses clients, de continuer à se réorganiser, » annonce Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports.