Et si ce virus était une chance ? Une chance pour changer totalement de direction, vers une nouvelle histoire d’amour cette fois, avec la planète bleue. Jour 36, d’une situation inédite d’urgence, face à un fléau qui frappe toute la planète : Covid-19, apparu au mois de décembre 2019 en Chine.

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Et si ce virus était une chance ? De toutes les façons : dans le mur, l’espèce dite humaine y allait à vive allure avec la prétention d’avoir les solutions avant l’explosion finale. Chômage, inégalités de santé, famine, Covid-19 et confinement provoquent une crise sociale mondiale.

Pétrole, une terre qui saigne

1878 naît le quatre temps. Le moteur bien entendu : admission du mélange air-carburant, puis compression de ce mélange, arrive la mise à feu et la détente des gaz de combustion, pour enfin un échappement des gaz brûlés. 1960 c’est l’insouciance et l’essence pas chère. Début des années 80, apparait une timide conscience de ce qu’est la pollution. Début 2000, l’effet de serre devient un danger concret, l’automobile y contribue à hauteur de 30%.

Avril 2020, une nouveauté : le déséquilibre de la demande et de l’offre de pétrole et de gaz est imminent, un excédent d’approvisionnement historique. Le tout en se retrouvant face au choc des réductions de la demande pour cause de pandémie de Covid-19, qui a interrompu dans le même temps la fabrication. L’exploitation se poursuit. C’est coûteux de fermer un puit, enfin de le redémarrer surtout. Les producteurs préfèrent produire, et vendre peu cher, plutôt que d’interrompre leur production. Au quotidien, l’exploitation ne coûte pas grand-chose. Alors la terre continue de saigner son or noir.

-3,77% la Bourse de Paris est entraînée par la débâcle du pétrole 

Le cours du baril américain est devenu négatif pour la première fois de son histoire. En cause la saturation des stocks. Lundi soir, à la clôture de la bourse de New York, le baril de West Texas Intermediate coûtait -37,63 dollars.

Un effondrement qui révèle toute la financiarisation du pétrole. Et malgré celle-ci : il est toujours un produit qui n’échappe pas à la question du stockage. Les stocks sont pleins, le marché est saturé par l’offre, et la consommation ne suit plus. Le risque est qu’il n’y ait aucun endroit pour l’entreposer.

Et quand on ne peut plus stocker, on n’achète plus. Le contrat de juin est passé à 11$, ce 21 avril 2020. À la pompe un tiers seulement du prix du litre correspond au cours du baril, le reste ce sont des taxes. Les prix vont certainement baisser. Vont-ils alors provoquer une consommation importante ?

Un vieux risque réapparait : le pétrole plus compétitif que les énergies renouvelables. Pourquoi financer leur développement ? L’économie mondiale risque de ressortir très affaiblie de cette crise sanitaire, et les gouvernements risquent de céder à la tentation d’une relance dite « grise » basée sur les énergies fossiles en misant sur une économie très sixties, et pas forcément sexy. On ne le sait pas encore, mais ce virus surfe-t-il sur les poussières invisibles en suspension dans l’air : les micro-particules ? Ce sera un niveau de connaissance pour la saison 2. Pardon ! pour la deuxième ou troisième vague.

Alors ! ce virus une chance ?

Consommateurs et producteurs restent ancrés dans leurs habitudes, le pétrole pas cher les incite à le consommer, et les émissions de CO2 repartent à la hausse. Une population que se sent une âme de survivante oublie très vite que cette planète a la fièvre.

Big bang géopolitique, et dépendance de la France à la volatilité du marché pétrolier peuvent provoquer un éveil de la conscience politique, et convaincre à des usages nouveaux. De fait, les énergies renouvelables ont déjà fait la démonstration de leur stabilité. Une chance face à l’adversité pour changer totalement de direction, vers une nouvelle histoire d’amour cette fois, avec la planète bleue.