[VIDEO] L’invitation avait été lancée en début de semaine par l’équipe de campagne d’Alex Larue. Aucun thème n’avait été annoncé sur ladite invitation. « On va vous parler de Montpellier la Méditerranéenne, de son passé avec les rapatriés, à son avenir notamment économique pour les prochaines décennies », annonce d’emblée, le candidat.

Entouré de deux de ses colistiers, qu’il a présentés comme étant de « fidèles amis », Noredine Azrou-Isghi et Pierre Gimenez, ancien homme de confiance de feu Georges Frêche, Alex Larue voulait faire de son ultime point presse d’avant premier tour, « un pont sur l’Histoire de notre ville depuis la période des rapatriés jusqu’à son essor économique.»

« Dans les années 1960, plus de 65 000 rapatriés sont venus et se sont installés à Montpellier pour travailler », rappelle, Pierre Gimenez. Le même homme, toujours calme, ajoute qu’ « aujourd’hui peu ou prou, personne ne s’en rappelle ». Le ton est donné. L’Histoire de Montpellier ne doit pas être oubliée et lui se démènera pour que celle-ci se perpétue.

« Aujourd’hui, malheureusement, notre Maison des rapatriés sert surtout à accueillir des thés dansants, de plus en plus souvent », ajoute, d’un ton plus sévère, celui qui a œuvré durant près de 10 ans dans le cabinet de Georges Frêche.

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« On doit capitaliser sur les compétences de nos jeunes étudiants ! » 

Né en Algérie, mais résidant en France depuis plus de 40 ans, Noredine Azrou-Isghi n’a pas son pareil pour donner son avis sur la situation économique de celle qui fut un temps appelée « la belle endormie ».

Chef d’entreprise, l’homme sait ce que « faire du business » veut dire. Avec son inimitable gouaille, il affirme que « notre modèle économique est mort, et il est urgent de le repenser ». Pour y parvenir, il propose « de faire de nos milliers d’étudiants, des vrais ambassadeurs de notre savoir-faire partout dans le monde ». Un constat qu’il fait pour sa propre famille. « Ma propre fille a 36 ans. Elle a fait ses études ici. Pourtant, maintenant, elle bosse, mais à Los Angeles. Elle est cheffe d’équipe dans un prestigieux restaurant d’Hollywood ». 

Indéniablement, le père est fier de la réussite de sa fille, mais il aurait préféré que celle-ci s’installât dans l’ex Languedoc plutôt que sur les rives du Pacifique, à l’autre bout du monde. 

« On veut que nos jeunes étudient et s’établissent ensuite ici, sur Montpellier ou dans la région », affirme Alex Larue, reprenant la parole au vol entre deux explications de son colistier pour le moins bavard. « Il faut qu’on donne envie à nos jeunes de rester ici et qu’on leur en donne aussi les opportunités », complète le candidat de la droite républicaine.

« Il faut que l’on développe encore plus nos relations avec des pôles économiques sur les rives de la Méditerranée, par exemple Berytech, pôle d’incubations d’entreprises réputé et installé au Liban », suggère Alex Larue.

Des Maisons du Languedoc sans intérêt !

Décidément intarissable, Noredine Azrou-Isghi reprend déjà la parole. Lui qui connait la vie économique des deux côtés de la méditerranée, a un avis très arrêté sur certains de ses pans. « On doit tout repenser pour améliorer le développement économique de notre territoire », lance-t-il, très calmement. « Ouvrir une grande maison du Languedoc au cœur de Casablanca n’a servi à rien et on finance cela. On y perd tout et surtout de l’argent », claque le colistier, dépité de voir que l’argent public peut ainsi servir à financer ce genre de sites dont les retombées semblent plus que limitées, selon lui.

« Nous nous devrons de créer un vrai pont économique, efficace et fiable entre Montpellier et le Maghreb », conclut, pragmatique, le candidat. Un vaste programme qu’il aura 6 ans pour concrétiser, s’il obtient la confiance des Montpelliérains dans les prochaines semaines.