[VIDEO] À Montpellier, quel avenir pour les cyclistes ?

À moins de 20 jours du premier tour des municipales, les amoureux de la petite Reine avaient tous rendez-vous ce jeudi 27 février à l’espace Pitot, à proximité de la place Royale du Peyrou, véritable poumon vert de Montpellier, pour débattre de l’avenir de ces précieuses bicyclettes dans la cité héraultaise. Les idées et les propositions ont été très nombreuses !  

Ils sont venus et ils étaient presque tous là. Qui ? Les candidats et candidates aux municipales de Montpellier, nombreux, au premier rang d’une salle Pitot bondée.

Absente de dernière minute, Clotilde Ollier avait dépêché au débat l’un de ses plus proches colistiers, l’ancien directeur de la TAM, Marc Le Tourneur. Pour lui, la situation est aussi inquiétante que limpide. Il n’a pas mâché ses mots. « Le vélo doit très clairement marquer le mandat politique qui vient, pour les 6 prochaines années. Il est impératif de le remettre au cœur de toute notre politique de mobilités. » 

Représentant l’humoriste héraultais Rémi Gaillard, Jeanne Macherez, ingénieure en agroécologie à la ville, déplore qu’il soit « urgent de revoir complètement la politique des transports sur le territoire de notre métropole ». Parmi les outils que la colistière propose, la « mise en place dès 2020, de milliers de vélos en libre-service pour tous les concitoyens » .

« Nous sommes passés en trois décennies de Montpellier la belle, Montpellier la surdouée à Montpellier la saturée ». – Alex Larue

Ces mots sont du candidat des Républicains et de l’UDI, Alex Larue. Le décor est posé. Clairement, nettement, sans fioritures. La voiture est et sera l’épicentre de  nombreuses critiques, tout au long de la soirée, et c’est peu de l’écrire.

Avant de penser à fluidifier la circulation dans la ville, le candidat de la droite républicaine a plaidé, au cours de son discours (3 minutes, montre en main, règle commune pour chacun des candidats présents), pour une idée aussi futuriste qu’inédite. Il « propose de créer une piste cyclable aérienne entre le stade Philipidès et les rives du Lez ».

Dans une prestation verbale minutée, visiblement bien préparée et globalement réussie, Cathy Aberdam, dynamique représentante d’Alenka Doulain pour le mouvement citoyen Nous Sommes, a fait un vœu, une vision vers l’avenir. Reprenant habilement dans son plaidoyer de 180 secondes, les propositions de sa cheffe de file, Cathy Aberdam a notamment proposé de « créer beaucoup plus d’espaces vélos, un peu partout dans la ville et de rendre certains quartiers de la ville beaucoup plus agréables et pratiques pour les bicyclettes ». 

« Je veux que les Montpelliérains puissent se déplacer sans problème dans toute notre ville » Jean Louis Roumégas 

Représentant écologiste indépendant, Jean Louis Roumégas est venu d’un pas décidé au pupitre. Lui qui travaille notamment à l’institut du cancer (ICM) se désole de la place réservée à la petite reine dans ce secteur de la ville où est implanté le célèbre site de recherches. S’il est élu, il s’engage à modifier la situation. L’ancien député de l’Hérault lance, pour sa part, une idée qui pourrait être reprise par d’autres candidats. « Je veux que les Montpelliérains puissent se déplacer sans problème dans toute notre ville, et ce, quel que soit le moyen utilisé. Je propose donc un abonnement unique rassemblant l’autopartage, le vélo, la trottinette et tous les transports en commun ». Une idée qui a recueilli des applaudissements plutôt nourris, de la part d’un peu moins de 350 spectateurs attentifs, présents dans la salle municipale.

Toujours plus de places pour les vélos… Partout dans la ville ! 

Avoir un vélo, c’est bien. Pouvoir le ranger à des endroits prévus pour ça, c’est mieux. La quasi-totalité des chefs de file présents veulent œuvrer en ce sens et proposent de multiplier les parkings à vélos.

Sans grande surprise, la tête de liste écologiste Coralie Mantion a une idée très arrêtée de ce qu’il faudra faire. Elle veut « instaurer beaucoup plus de places pour les vélos dans tous les parkings souterrains existants dans toute la ville ». Décidément dans le viseur de plusieurs candidats, les dirigeants de TAM apprécieront…

Représentant Alenka Doulain, retenue sur Paris par un rendez-vous prévu de longue date, Cathy Aberdam a martelé son idée de voir « s’ouvrir partout dans Montpellier, des espaces accueillants et sécurisés pour tous les vélos de nos concitoyens ». Une autre proposition qui a recueilli de chaleureux applaudissements de la part des Montpelliérains présents.

Dernier à prendre la parole parmi les 9 candidats ou représentants de candidats présents, Michaël Delafosse a mis en avant sa volonté de ne rien faire seul. « Nous travaillerons dans la concertation, durant au moins les deux premières années du mandat, dès ce printemps 2020 afin de repenser complètement les déplacements dans tous les quartiers». Le candidat socialiste a rebondi sur son propre propos, un peu plus tard dans la soirée, en appelant les électeurs à « faire mieux, faire de l’anti-Saurel, faire de l’anti arrogance. Il faut qu’on agisse vraiment, notamment sur les 22 kilomètres de pistes cyclables ».

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Une chose est revenue très souvent pendant ce débat de plus de deux heures : un meilleur partage entre la marche, le vélo et les voitures devient clairement indispensable pour l’avenir de Montpellier. Reste à savoir pour quel type de partage opteront les électeurs de Montpellier pour les six prochaines années. Verdict au soir du 22 mars prochain.

Liste des candidats présents ou représentés. Coralie Mantion, Flora Labourier (représentant Mohed Altrad), Cathy Aberdam (représentant Alenka Doulain), Jeanne Machedez (représentant Rémi Gaillard) Alex Larue, Michael Delafosse, Patrick Vignal et Jean Louis Roumégas.

Absents : Olaf Rokvam (Rassemblement National) et Philippe Saurel (Tête de liste Montpellier La Citoyenne)