[VIDÉO] Conférence de presse à la Clinique Le Castelet de Saint-Jean-de-Védas, pour Philippe Saurel, Maire et Président de Montpellier Méditerranée Métropole, « Madame Belloubet a menti sur l’argent, menti sur le calendrier, menti sur la décision ».

VOIR AUSSI : [VIDÉO] Cour administrative d’appel : « c’est un cadeau politique à un maire qui a eu l’investiture En Marche »

Pour Philippe Saurel, entouré, de Me Gilles Gauer, conseil de la métropole et de la Ville de Montpellier, Me Rémy Lévi, Bâtonnier du Barreau de Montpellier, et Bernard Travier, Vice-Président de Montpellier 3M, délégué à la Culture, et Conseiller municipal de Montpellier, « Mme Belloubet est en parfait conflit d’intérêts, je veux bien que le conflit d’intérêts s’applique seulement aux citoyens lambda, aux petits élus de quartier, aux sans-grades, à ceux qui ne peuvent pas se défendre, mais dans un pays démocratique, dans une République, la loi, elle doit être là même pour tous, même, si je sais qu’en disant cela, je suis utopique ».

La plainte vient d’être envoyée par courriel, ce samedi, et sera envoyée par La Poste, lundi. Elle vise la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, pour prise illégale d’intérêts, Mme Belloubet étant, selon le conseil de la Ville et la Métropole, « personnellement, directement, intéressée par les enjeux territoriaux, politiques et électoraux toulousains ».

« Madame Belloubet a menti sur l’argent, menti sur le calendrier, menti sur la décision » – Philippe Saurel

Pour le premier Magistrat de la Ville, « le calendrier prête à suspicion », « le bureau d’études et c’est un premier scoop, chargé des études, pour évaluer les sites de Montpellier et de Toulouse est situé à Blagnac et fait des études pour la Métropole de Toulouse », « son client le plus important est la ville de Toulouse », complète Me Gilles Gauer. Et, Philippe Saurel de compléter : « Nicole Belloubet a choisi Toulouse alors qu’elle y fut adjointe et qu’un membre de sa famille est candidate à Toulouse ».

Parmi les arguments avancés, déterminants dans le choix de Toulouse, le coût de la nouvelle Cour administrative d’appel : 5,3 millions d’euros pour Toulouse contre 7,5 millions d’euros pour Montpellier, une position purement budgétaire, soutenue localement, par la députée LaREM, Coralie Dubost. Or ce calcul ne tient pas pour Gilles Gauer, car le bureau d’études, VITAM Ingénierie, a chiffré la construction dans la ville rose « entre 8 et 8,5 millions d’euros hors taxe, ça signifie que la ministre a donné des informations dont on dira qu’elles sont à minima inexactes, et ça signifie que le coût d’une opération à Montpellier serait donc moins élevé ». 

Explications avec Gilles Gauer, conseil de la métropole et de la Ville de Montpellier : « nous déposons plainte pour des faits qui nous paraissent être susceptibles, d’être qualifiés de prise illégale d’intérêts, par la ministre, Garde des Sceaux. »

En pratique, si la voie pénale est aujourd’hui choisie via la Cour de Justice de la République, la voie administrative reste encore ouverte et sera empruntée prochainement, par les avocats du Barreau de Montpellier, quand le décret final sera pris.

La Cour de Justice de la République (CJR) juge les membres du gouvernement, pour les actes délictueux ou criminels commis dans l’exercice de leur fonction. Depuis sa création, seuls sept jugements ont été prononcés à l’encontre de ministres. Lors de sa campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait promis la suppression de la CJR.

Pour Philippe Saurel, le problème est plus profond, que la seule Cour administrative d’appel : « Si, j’avais politiquement, une réflexion à formuler, sans vouloir écorcher Toulouse, sans vouloir tomber dans ce que certains journalistes pourraient qualifier d’une compétition entre Montpellier et Toulouse, qui n’existe pas, la compétition entre les Villes, elle est mondiale, ce que nous sommes en train de chercher, c’est simplement, la Justice, ou plutôt lutter contre l’injustice de cette décision, qui est en train de se prendre, d’abord pour Montpellier, pour la Ville, pour ses habitants, pour ses juristes, et puis pour le principe même, celui de l’équité, celui qui est dans votre Constitution, quand le Garde des Sceaux, se permet d’être en conflit d’intérêts, sur un certain nombre de choses, et qu’on ne lui dit rien, comment voulez-vous que la République soit crédible. Il faut que la Justice, soit la même pour tout le monde, c’est la Déclaration des Droits de l’Homme qui est en jeu, c’est pour ça que je suis pour une VIe République, mais une VIe République qui n’est pas celle de l’inféodation à des groupes d’actions dans chaque cage d’escalier, comme celle de M. Mélenchon, une VIe République éclairée, comme le fût la Ve, comme le fût, celle qui était dictée par les idées des Lumières, mais qui correspond au XXIe siècle ».