Mis à jour, dim.19 janv. à 19h30

L’information a été rendue publique, ce samedi dans la soirée. Clothilde Ollier désignée en octobre, à l’issue d’une primaire ouverte, tête de liste EELV vient d’être écartée par le bureau exécutif de la formation écologiste.

VOIR AUSSI : Sondages à Montpellier : Clothilde Ollier gagnera-t-elle la « guerre » des 10% ?

À la suite d’une médiation organisée par trois membres du bureau exécutif, venu depuis Paris, en fin de semaine, la candidate a été écartée, en raison notamment de son rapprochement avec plusieurs formations politiques, dont les insoumis de « Confluence ». Un fossé renforcé par le remplacement de son directeur de campagne en début de semaine, goutte d’eau qui a fait déborder le vase écologiste.

Pour Éva Sas, porte-parole d’EELV, la raison de cette décision est simple, « nous avons observé, depuis le début de la campagne, une gestion très isolée, et de plus en plus solitaire, avec des décisions prises sans son équipe de campagne et le groupe local, nous voulons à présent proposer une équipe de campagne solide ». « Il s’agit d’éviter tout risques pour Montpellier, alors que les verts sont devenus un parti de gouvernement, qui projette de gérer de nombreuses municipalités ».

En pratique, l’ancienne candidate EELV, ne pourra plus utiliser le logo et se prévaloir du soutien d’EELV. La décision « conservatoire » devrait, dans les prochains jours être confirmé par l’assemblée montpelliéraine, selon le principe de subsidiarité du mouvement écologiste, une « Assemblée Générale locale » a été convoquée le lundi 3 février 2020, afin de la destituer.

Malgré un bon sondage, commandé, par Europe écologie – Les Verts et Ensemble, la candidate a été « suspendue à titre conservatoire », « à l’unanimité ». Pour un proche du dossier, ce qui a motivé cette décision, c’est de se rapprocher de l’écologie, ligne Jadot, et de ne plus partir vers une « expérimentation hasardeuse », mettre fin à la « rupture de confiance entre la tête de liste et les militants ». Une assemblée générale des adhérents sera convoquée entre fin janvier et début février, pour décider de la tête de liste EELV, sans « pour autant fermer les portes à Clothilde Ollier qui n’était peut-être pas à la bonne place ».

Du côté des insoumis de « Confluence », autre mauvaise nouvelle, le recours qu’ils avaient engagé devant Comité électoral de La France insoumise (organe de désignation) vient d’être rejeté, La France insoumise réaffirmant son soutien au collectif citoyen « Nous Sommes » et à sa candidate Alenka Doulain, pour les élections municipales de mars prochain.

Premières réactions de ses concurrents aux élections municipales de Montpellier

Alex Larue, candidat LR et UDI, avait hier, interpellé Yannick Jadot, le député européen, et patron des Verts, dans un tweet : « oui à une écologie responsable et vertueuse, non aux Khmers verts » expression qu’il avait utilisée en conférence de presse ce vendredi. Interrogé, ce dimanche, par notre rédaction, le candidat dit ne pas vraiment être étonné, du retrait de cette investiture : « ils ont laissé glisser l’écologie responsable vers des ententes politiciennes, à des fins électoralistes […] aujourd’hui ce retrait, c’est une décision forte en termes d’autorité. » Fort de sa proposition avec ses États Généraux de l’immobilier et une gestion de l’urbanisme comme bras armé de son écologie de croissance, entendre responsable, une question : y aurait-il de la place sur votre liste, pour certains écologistes « déboussolés » et pour le coup séduits par votre réalisme politique face aux promoteurs ? « Je ne parle pas aux appareils politiques, je parle aux gens. Je ne rejette personne en tant qu’individu, il faut parler à tout le monde. S’ils sont sensibles à mes propositions, et si ça leur parle : bienvenue pour venir élargir la réflexion. »

Du côté, d’Alenka Doulain candidate Nous Sommes, soutenue par La France insoumise, la décision d’EELV d’écarter sa candidate pour les municipales est symptomatique de la « décomposition » du champ politique montpelliérain. Une décomposition dont « Nous Sommes » serait la solution en proposant « une autre voie depuis plus d’un an et demi. Pour la candidate, la « démonstration est faite qu’elle fonctionne : nous disposons d’une liste compétente et unie ; et surtout d’un programme solide et crédible. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour emprunter ce chemin avec nous et en finir le 22 mars avec la gestion catastrophique de Philippe Saurel. L’heure n’est pas à la division et au flou, mais à l’union autour d’un projet capable de répondre à l’urgence démocratique, à l’urgence écologique et à l’urgence sociale. » Le collectif citoyen souhaite, à présent, tendre « la main à celles et ceux qui ce retrouveront dans [son] message. »

Pour le candidat LaREM, Patrick Vignal, la « candidate EELV aux élections municipales vient d’être « Tchernobylisée » par la Direction de son Parti ! Les radiations vont contaminer la campagne de la personne qui remplacera Clothilde Ollier. » Pour le député de l’Hérault, à présent les « montpelliérains cherchent un maire dont le seul rôle est d’être maire, un maire simple, un bon maire, un maire moderne, un maire connecté aux réalités des montpelliérains, pour une ville bienveillante et vivable. […] Pour réussir son entrée dans le XXIème siècle, avec 20 ans de retard, Montpellier a besoin de rompre avec les dinosaures et leurs descendants enfermés dans leur dogmatisme figé, il est temps d’entrer dans un nouvel âge. »