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Pour retenir facilement un prisonnier, faites-lui croire qu’il est libre. Ainsi se targue-t-on de penser par soi-même, lorsqu’on ne fait que répéter l’une des innombrables saynètes du grand théâtre de l’illusion.

L’esprit conditionné se défend de l’évidence, nommant toute forme de logique « pensée unique ». En cette ère de pauvreté intellectuelle, la liberté de croire n’importe quoi est-elle réellement une liberté ?

Dans la sphère spirituelle, la femme n’est plus la femme. Elle représente l’énergie dont l’être humain a été dépossédé. Qui a jamais rêvé de toute une vie passée à travailler, et à obéir à l’État ? Depuis l’origine des civilisations, politiciens et religieux œuvrent conjointement à l’asservissement des masses. Comme en témoigne la légende christique, lorsque le héros se retrouve torturé et mis à mort par le roi. Mais nos curés interprètent bien étrangement cet épisode, prétendant que Jésus s’est sacrifié pour racheter les péchés de l’humanité. Nous savons qu’un crime d’État n’a jamais provoqué le salut de quiconque. Pourtant personne n’ose remettre en question la version officielle ni chercher le sens vrai de cet épisode biblique.

La mort symbolique du Christ exprime le fait de mourir à l’illusion, et de renaître à la réalité. Comme le dieu indien Yama, Jésus ressuscite après trois jours, symbolisant la compréhension des trois mondes ; cette représentation ternaire figure dans la plupart des mythes anciens. Monter au ciel signifie comprendre, et non mourir. Lorsque nous mourons, nous allons plutôt sous terre. Atteindre les cieux, représente donc l’éveil spirituel, l’état de Bouddha (celui qui a réalisé la budhi, l’intellect) ou encore le gnôthi seauton, connaissance de soi de la Grèce antique.

Positionnée en plein cœur de l’été, l’assomption, autrement appelée dormition, symbolise l’éveil ; la fin du sommeil. Le sage Patanjali, auteur mythique des aphorismes du yoga, nomme nidrâ l’état de léthargie mentale atteignant l’humanité. Le sommeil de la raison engendre des monstres, rappelle la gravure de Goya. L’être humain ayant perdu sa nature obéit aux injonctions les plus insensées, se rendant aux urnes ou à la guerre sans plus de questionnement.

Sans cesse, le sacré veut nous reconduire à notre nature pure et originelle. Et sans cesse, la doxa spirituelle nous détourne de la lumière de la vérité. En nous racontant par exemple qu’à sa mort, Marie est entrée directement dans la grâce de Dieu. Cette explication n’a aucun sens, mais contentera éternellement celles et ceux qui, cloîtré(e)s dans leur psyché, ne savent plus réfléchir.

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