Aucun n’aurait pu s’imaginer une telle issue ! Après un conflit qui perdure depuis près de sept mois avec leur ministre, le collectif des stylos rouges et l’ensemble des syndicats des personnels de l’éducation nationale ont décidé d’appeler à la grève pour le premier jour des épreuves du baccalauréat le 17 juin.

Un tel appel est pratiquement unique (des grèves similaires n’ont eu lieu qu’en 1968 et 2003), c’est dire si la situation est dramatique, eux qui jusqu’alors avaient opté pour de timides « pas de vagues » puis des appels, puis des mobilisations multiples, s’obligent  aujourd’hui à faire un choix cornélien : Accompagner leurs élèves jusqu’aux examens ou faire la grève. 

À quatre jours du début des épreuves de philosophie et de français du baccalauréat général, des épreuves de français et d’histoire-géographie du professionnel, la grève des examens dont l’appel intersyndical a été impulsé par les Stylos rouges a été votée.

Depuis le mois de décembre, une partie du personnel de l’éducation nationale n’a de cesse « d’alerter et de se mobiliser contre les dangers pour les élèves des réformes du lycée, du bac, du lycée professionnel, de parcourSup, de la Loi école de la confiance qui vont accroître les inégalités sociales et géographiques entre les élèves. » Le personnel de l’éducation reproche aussi les dégradations de ses conditions de travail, la réforme de la fonction publique et la stagnation de leurs salaires (avec un indice du point gelé depuis 2010).

Depuis le mois de mars, ils avaient demandé à arrêter les réformes et ouvrir des discussions pour stopper « la folie réformatrice qui se déroule contre l’avis de toutes les organisations représentatives de l’éducation ».

Le ministre de l’Éducation nationale est alerté depuis le mois de mars sur un appel à une grève des examens.

Las, face à un ministre qui semble avoir vis-à-vis de la communauté éducative une absence complète d’empathie, et un mépris de l’expertise (6 % des enseignants sont en accord avec cette réforme), l’option ultime a été retenue.

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Un mouvement passé relativement inaperçu auprès du grand public et du côté des parents.

Il aura fallu le mois de mai et trois grandes mobilisations, pour que les parents d’élèves appellent à des opérations cartables morts ou écoles mortes pour soutenir les enseignants.

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Et aux stylos rouges de conclure « Nous nous retrouvons face à un choix sans précédent. Faire grève pour les examens ou accepter les conséquences désastreuses des réformes Blanquer pour les générations à venir. C’est à contrecœur que nous nous voyons contraints d’appeler l’ensemble des personnels de l’éducation à faire grève pour les examens, mais ce choix n’est pas le nôtre. Il est celui de Jean Michel Blanquer qui refuse d’ouvrir les yeux sur les générations qui seront sacrifiées par ses réformes, qui refuse d’écouter les professionnels de terrain, qui refuse l’expression des enseignants ». 

À ceux qui les traitent d’égoïstes, de preneurs d’otages, ils répondent : « que leur devoir est de protéger les enfants et que « Nous comprenons vos craintes, nous sommes soucieux du bien-être et de la réussite de nos enfants, vos enfants, de vous qui passez les examens de fin d’année ».

Aujourd’hui la loi dite de confiance arrive sur la table de la commission mixte paritaire de l’Assemblée nationale. La loi devrait être votée au mois de juillet.

Le rectorat de Montpellier a déjà prévu de « sur-recruter » afin de pallier aux personnels grévistes.