Une mobilisation interdépartementale, des heurts et des banques prises pour cibles en fin d’après-midi.

Cet acte IX va laisser des stigmates tant sur la ville, neuf banques ont vu leurs vitrines détériorées que sur les gilets jaunes marqués, voire choqués par la disproportion des moyens déployés par les forces de l’ordre pour ce neuvième samedi de mobilisation.

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Le froid glacial de ce 12 janvier n’avait pas pourtant pas démotivé les gilets jaunes venus en nombre pour l’acte IX de la mobilisation. Petite nouveauté, la manifestation avait débuté dès le matin au lieu des 14 heures habituelles.

Ce samedi, les gilets jaunes avaient opté pour une action interdépartementale.

Des gens d’Arles, Montpellier, d’Avignon, et même d’Ardèche  les avaient rejoints. À l’instar de l’acte VII, la manifestation s’était voulue mobile. Le départ à 10 heures depuis les Costières, comptait environ 2000 personnes. Bon enfant, le cortège a commencé une déambulation vers le parc Georges Besse , puis sur le périphérique et ensuite  à la préfecture.

Un manifestant arrivé des costières a très vite saisi que la situation allait être tendue : « Il y avait une quinzaine de CRS devant la préfecture,  mais  aussi une vingtaine devant la gare SNCF qui avait été grillagée, il ne restait plus qu’une sortie praticable. Tout le reste était bouclé par des grilles.  On a  d’abord fait face aux CRS qui étaient devant la préfecture, mais avec une peur de se faire prendre en tenaille par ceux disposés devant la gare distante de quelques dizaines de mètres ».

Le cortège s’est alors remis en marche et s’est posté devant la gare. Là, ils ont fait de nouveau faits aux forces de l’ordre, durant cinq à dix minutes. Vers midi quelques heurts ont été signalés dans la rue Foulc, mais le gros du cortège continuait son escapade nîmoise sans confrontations ni affrontements.

À 14 heures, nouveau départ des Costières, une seconde vague de gilets jaunes. Ils étaient environ 1500 venus renforcer le premier cortège. Vers 15 h30 les deux cortèges se sont rejoints à la maison Carrée.

Un très important dispositif policier appuyé par un hélicoptère de surveillance.

Le cortège continuait son chemin tranquillement, les boutiques étaient ouvertes en ce premier samedi des soldes et gilets jaunes et acheteurs ou adeptes du lèche-vitrine se côtoyaient paisiblement.

C’est en arrivant près des arènes que la situation s’est tendue brutalement, bloqués par un important dispositif policier.

Des policiers et gendarmes mobiles en très grand nombre, et un pourrissement de la situation à partir de 16 heures.

La manifestation qui jusqu’alors était très mobile se retrouve coincée tout autour des Arènes, et surtout devant le parvis, qui soit dit en passant, a fait les frais de cette guerre de position, des centaines d’impacts de bombes lacrymogènes jonchaient le lieu emblématique de Nimeño.

Durant plus d’une heure, les manifestants ont reçu une pluie de lacrymos, flash-balls, même les streets médics, alors en train de secourir un blessé,  le but étant de faire reculer les gilets jaunes dans  le  boulevard Victor Hugo.
Bon nombre de rues adjacentes au boulevard étaient elles aussi remplies de CRS, ce qui rendait impossible tout repli. Des gaz lacrymogènes sont envoyés à ceux qui tentent d’y accéder.

Les motards en jaune arrivent en renfort vers 17 heures, mais sont obligés de rebrousser chemin après avoir attendu longtemps avec leurs camarades de lutte.

Les arènes ont été reprises par les Forces de l’ordre ; malheureusement à la faveur de la nuit, des casseurs s’en sont pris aux établissements bancaires, uniquement, aucune autre boutique n’a subi de dégradations. Le boulevard Victor Hugo lui aussi est dégagé.

Si du côté des forces de l’ordre, il est à déplorer 6 blessés légers, il est à noter que du côté des gilets jaunes, le bilan est beaucoup plus lourd. Une cinquantaine de blessés légers surtout due aux lancers de Flashballs.

Huit personnes ont été interpellées à l’issue la manifestation. Elles sont depuis lors en garde à vue. Ces personnes sont jugées en comparution immédiate ce matin à 9h30.

L’acte X est déjà programmé pour le 19 janvier.

Chris Merlier & Valerie Haumont