Montpellier, manif citoyenne 1200 cyclistes en colère

Comme le battement d’ailes d’un papillon, le hashtag #JeSuisUnDesDeux a fait naître une initiative citoyenne. Samedi 10 novembre 2018 fera date, dans la ville de Montpellier. L’association Vélocité a su mobiliser et organiser sa “manifestive,” du Peyrou à l’Hôtel de Ville.

Avec ce slogan : “Saurel ouvre les yeux, on est plus de deux, les cyclistes ont réussi leur rassemblement. Ils étaient environ 1200 en arrivant à la mairie. Une présence, et un message fort à l’attention du maire de Montpellier Philippe Saurel, lequel avait déclaré sur France Télévision : “le vélo est utilisé, mais pas spécialement à l’intérieur du centre-ville […] vous savez, faire une infrastructure, pour qu’elle soit utilisée par deux personnes, ce n’est peut-être pas l’idéal.

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“Aujourd’hui c’est le citoyen qui fait de la politique”

Maladresse, erreur de langage ? Le fait est qu’il est apparu impossible pour les usagers du vélo, de se laisser considérer comme quantité négligeable, à travers les propos d’un élu. Touché devant le ton et les mots du maire de la ville, Bruno Adele lance le hashtag #JeSuisUnDesDeux. Reflet d’un sentiment d’injustice, qui a fait naître un véritable soulèvement numérique que les militants digitaux de “Montpellier territoires pluriels“ ont eu du mal à contenir, et qu’ils ont certainement amplifié involontairement.

Au sein de l’association Vélocité qui travaille à rassembler et à défendre le vélo et ses usagers, un collectif s’est consacré à l’organisation de cette mobilisation. “Aujourd’hui, c’est le citoyen qui fait de la politique, c’est un bel exemple à suivre” explique Nicolas Le Moigne, qui est surpris et heureux de la réussite de ce mouvement, dont il est un peu le chef d’orchestre.

Nicolas Le Moigne, membre du conseil d’administration de l’association Vélocité :

Pas de bannières politiques, mais des citoyens politisés :
“Le vélo c’est un enjeu d’intérêt général”

Des 7 piliers de développement qui orientent l’action métropolitaine, le pilier numéro 3 consacré à la mobilité ne parle guère de vélo, ni de mobilités douces, ou de pistes cyclables. Tout au plus de deux-roues, expression habituellement associée à l’usage de la moto. Mais en décembre, Philippe Saurel l’a annoncé très récemment dans un entretien paru dans le journal le Midi-Libre, il présentera un schéma des mobilités douces.

Les nouvelles mobilités chez Michaël Delafosse pour le groupe municipal “La Gauche pour Montpellier”, ça se passe ici, avec “Destins Montpelliérains” sa plateforme citoyenne. Les alternatives à la voiture pour des déplacements aisés et sécurisés, pour les piétons comme pour les cyclistes sont l’objet d’une commission thématique à part entière. Pour lui, il était naturel d’être présent : “on sent aujourd’hui qu’à Montpellier le vélo n’est pas une priorité […] en tant que responsable de l’opposition, je dis que le vélo doit devenir une priorité […] le vélo c’est un enjeu d’intérêt général et de qualité de vie…

ITW Michaël Delafosse, vice-président du département et conseiller municipal d’opposition :

“Il y aura un avant et un après, 10 novembre 2018”

Les membres d’Europe Écologie Les Verts communiquent, et mobilisent autour du vélo, depuis déjà plusieurs mois. Il existe même une guerre des chiffres entre EELV Montpellier et “Montpellier territoires pluriels” concernant “les kilomètres de Zones Utilisables Créés.” ZUC donc, résultat d’une habile nuance de mots qui permet néanmoins de différencier ce qui est de l’ordre du colmatage, de ce qui est de l’ordre de la vision politique. Récemment encore, toujours dans le Midi-Libre Philippe Saurel a remis la balle au centre, en parlant de 22 kilomètres déjà réalisés, et de 25 à venir. Pour les Verts, attachés à une culture de mobilité saine et durable, cela ne représente pas grand-chose : “il y aura un avant et un après, 10 novembre 2018 […] il n’y a rien aujourd’hui qui est fait depuis 4 ans, et ce n’est pas en un an et demi que l’on va changer de politique. Donc, oui rendez-vous en 2020, et c’est dans 17 mois,” affirme Manu Reynaud porte-parole d’EELV.

ITW Manu Reynaud porte-parole EELV Montpellier :

“Montpellier est en retard”

Côté France insoumise, Julien Colet animateur du Groupe d’Action “l’Avenir en commun(e)” et René Revol, maire de Grabels étaient présents, pour soutenir cette manifestation. La notion de “repenser la mobilité individuelle” existe au sein de leur programme, dans le volet : Urgence Écologique. Pour René Revol “Montpellier est en retard […] Il y a une vraie attente pour changer la mobilité sur cette ville qui aujourd’hui est en train d’étouffer.

ITW René Revol, maire de Grabels, député suppléant de l’Hérault :

Pour Julien Colet :le constat est terrible pour Montpellier, c’est la quatrième ville la plus embouteillée de France […] c’est toute une politique de transports doux à revoir, et à mettre en place.

ITW Julien Colet, animateur du GA Avenir en commun(e)

La vie dans la ville doit changer

Pour Vélocité comme d’autres associations qui soutiennent et encouragent la pratique du vélo : la vie dans la ville doit changer. Les usagers dénoncent un réseau discontinu et dangereux de pistes et de zones à usage du vélo. Les initiateurs du mouvement du 10 novembre 2018 ont offert le dossard numéro deux à Philippe Saurel, une façon humoristique de lancer une invitation à la rencontre, et au débat.

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