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Mise à jour à 17 heures, le 24 avril 2018

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) avait annoncé que la Faculté des Sciences serait bloquée, ce mardi 24 avril à l’appel de l’assemblée générale étudiante du campus Triolet, qui s’était tenue le 10 avril dernier, dans les faits :

Journée de mobilisation ou blocage ?

Benoît, étudiant de l’Université de Paul Valéry, explique la situation : « lors de la dernière AG, on a voté un blocage, mais on a pas les effectifs pour faire une blocage total de la Fac, du coup on a misé sur les bâtiments 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7. Le but du blocage c’est vraiment de faire un gros coup de pub, les gens ont pensé au blocage et ils vont tous venir pour ne pas que le blocage soit reconductible, du coup on va essayer d’informer le maximum de personnes sur la loi [relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE)], sur la Fac des Sciences ».  « Le but de ce « blocage », « c’est qu’il ait surtout du monde pour la réunion d’information » continue Anthony, étudiant à la Faculté des Sciences.

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« C’est une journée de mobilisation pour permettre aux étudiants de s’informer, c’est une journée de gréve avec des étudiants, des professeurs et des membres du personnel. Le but de la journée, c’est de permettre aux étudiants de comprendre et d’acter ce que c’est que la loi ORE. Et on a remarqué qu’en Sciences,  ils étaient pas forcément informés », précise Jordan, étudiant en Master 1 de Chimie à la Faculté.

Mais, au sein de la Faculté, tous les étudiants n’accueille pas cette initiative aussi chaleureusement. C’est, notamment le cas de Arthur, étudiant en troisième année de biologie, qui arrachait les affiches accrochés aux poteaux, il nous explique : « je pense que c’est une fumisterie, puisqu’elle a été voté à cinquante personnes, alors qu’on est dix milles étudiants dans la Fac des Sciences et que les étudiants concernés n’ont pas été appelé a voté. On peut faire des grèves mais on est pas obligé de bloquer les étudiants qui n’ont rien demandé ».

Face à cette « journée d’information », des étudiants de l’université ont prévu une contre-manifestation au son de #DéfendsTaFac.

Paul, un des initiateurs du rassemblement, donne la raison de ce petit rassemblement avec banderole et mégaphone : « notre priorité c’est de pouvoir travailler. Ici on a été tranquille jusqu’à aujourd’hui, on est maintenant à quelques jours du début des partiels, ça fait huit mois qu’on travaille pour valider cette année et j’ai pas envie à quatre jours des partiels de tous laisser tomber et que mon avenir soit pris en otage par une minorité. »

Baptiste, représentant étudiant et étudiant à la Faculté de Droit et Science politique présent explique : « Peut-être que c’est vrai, qu’il y avait des gens d’extrême-droite dedans, mais c’était des étudiants de manière spontanée, quelques uns, qui sont venus, qui étaient contre le blocage de la Fac des Sciences ». « Moi, j’ai participé de la même manière en tant qu’étudiant individuel, je n’étais pas d’un mouvement. »

Interrogée, samedi dernier au cours d’un «InterJam», l’ancienne Présidente de l’Université Montpellier 2, Sciences et Techniques (aujourd’hui composante de l’Université de Montpellier) et députée de l’Aude, Danièle Hérin, donnait sa position sur le blocage : « Ça dépend de ce qu’on entend par blocage. Si c’est un blocage, strictement des étudiants, ou même du personnel, ou autre, moi, je dis pourquoi pas ? Il faut que les gens s’expriment. » Elle précise tout de même, « Bloquer, ça me dérange quand même. On peut très bien faire des AG, on peut très bien faire des discussions, sans blocage » ; « Il ne faut pas oublier que normalement une personne extérieure à l’Université, c’est-à-dire : qui n’est ni étudiant, ni personnel administratif, ou même enseignant de l’Université, ne peut rentrer sur le campus, que si elle a l’autorisation du Président. Ça, c’est la loi.» 

Pour Danièle Hérin, la députée de l’Aude : « bloquer est une faiblesse. Ça veut dire qu’on n’est pas sûr d’attirer des gens et à ce moment-là, on bloque ».