Sophie Mazas avocate au barreau de Montpellier, et Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme de l’Hérault ©JPV
Sophie Mazas avocate au barreau de Montpellier, et Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme de l’Hérault (©JPV)
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On pourrait se dire : « ça va s’oublier… » Mais pas vraiment ! Dans une situation de déséquilibre politique, entre le programme et l’action, entre la promesse d’une ville qui protège et l’adoption d’un bouclier social, à Montpellier, Sophie Mazas dénonce « la chasse à la pauvreté. »

Elle se bat pour défendre la dignité humaine. Elle, c’est Sophie Mazas : avocate au barreau de Montpellier, et Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme de l’Hérault. « Nous refusons cette manière de voir, où un préfet qui est un agent de l’État exécutif impose un point de vue politique à un élu, » explique l’avocate.

VOIR AUSSI : [VIDEO] Michaël Delafosse, bouclier social : une ville qui protège

Hugues Moutouh, préfet de l’Hérault semble vouloir en finir avec les bidonvilles à Montpellier. Paradoxe dans une cité qui a vu naître un nouveau maire souhaitant donner une culture commune de solidarité et de bienveillance, pour agir contre les inégalités. Verbiage électoral ? Normalement non ! « Cette campagne municipale engage l’avenir d’une ville » affirmait Michaël Delafosse en décembre 2019.

Aujourd’hui, difficile d’aborder le sujet du « Zénith 2, » avec le maire socialiste de Montpellier. « On ne fait pas de déclaration, » lancent les équipes de COM, lorsque l’on souhaite échanger avec l’édile sur ces questions politiques essentielles pour la ville.  Pour rappel : mardi 31 août, les bidonvilles du Mas Rouge 1 et 2 ont été démantelés sur décision du préfet et mercredi 8 septembre, c’était au tour du site « Zénith 2 » d’être évacué.

VOIR AUSSI: [VIDEO] « Zénith 2 » : « La politique du bulldozer » face « aux bidonvilles qui depuis 20 ans se multiplient »

Mais le Maire aime débattre : « personne ne s’interroge sur pourquoi, on a des gens qui organisent une filière sous un petit réseau mafieux. C’est ça qu’on doit régler aussi ! » Tonalité d’un discours à venir d’un Monsieur Sécurité, destiné certainement aux présidentielles 2022 avec Anne Hidalgo. De façon plus immédiate et plus urgente , Michaël Delafosse insiste : « je n’accepterai pas le procès, vous ne réagissez pas. Parce que nous réagissons. » Un journaliste lance alors : « on est preneur de plus d’infos. » 

La réponse ne se fait pas attendre : « non ! vous êtes preneur sur ce dossier du petit buzz, » tacle alors le maire de Montpellier. Et dans la version, ce n’est pas moi, c’est l’autre : « je vous le dis vous avez été extrêmement indulgent sur l’héritage sur lequel on se retrouve […] Nous on a posé une méthode. D’ailleurs personne n’a relevé ce qui était notre propre engagement, en se disant tient, il y a une équipe qui s’implique. » Michaël Delafosse fait ici référence au Plan Pauvreté, avec un projet de sanitation du bidonville du « Zénith 2 » : c’est-à-dire la mise en place de sanitaires (toilettes et douches), de branchements à l’eau potable, d’une évacuation des eaux usées, et enfin des branchements électriques sécurisés. « Nous on est sur tous les fronts de ce point de vue là. Et on a été très indulgent avec mon prédécesseur sur ce sujet […] On hérite d’une situation, où on est la seule métropole de France où il y a autant de bidonvilles. » Reste que les projets de la municipalité depuis le mois d’avril dernier s’effondrent face à l’action d’évacuation menée le 8 septembre au matin.

Dans un communiqué les élus écologistes Manu Reynaud et Coralie Mantion appellent à « stopper les expulsions, et à laisser le temps aux associations et à la Ville d’accompagner dignement la résorption de ces zones avec pour objectif premier d’insérer durablement leurs habitants dans notre société. »

Résultat, plus de 150 personnes avec des dizaines d’enfants scolarisés se retrouvent délogées. Insalubrité et dangers pour les familles sont les arguments clefs qui valideraient la destruction de ces camps. Dans les colonnes du journal, Le Monde Hugues Moutouh ajoute pour répondre aux associations  : « j’ai aussi des éléments que celles-ci n’ont pas : des rapports de police qui me parlent de prostitution d’enfants et de trafics divers. »

Alors plusieurs questions se posent concernant le démantèlement de ce campement. Questions que nous avons posées à Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier.  Y a-t-il des couacs étranges, voire surréalistes à la mairie de Montpellier ? Est-ce que le préfet de l’Hérault Hugues Moutouh est un homme qui agit seul avec sa politique d’expulsion ? S’il agit seul, quelles procédures sont possibles contre l’action du préfet ?

[VIDEO] Interview avec Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier, et Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme de l’Hérault : « est-ce que le préfet agit seul ? Je ne sais pas, je constate qu’il arrive à imposer ses choix à la mairie qui en l’occurrence est propriétaire » du terrain.

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