Hérodote, père de l’Histoire, nous met en garde. Le terme grec historia signifie d’abord “quête intérieure“. Plus qu’une restitution fidèle d’événements passés, l’Histoire a pour fonction de constituer notre imaginaire.

Les adeptes de la pensée arrêtée et des versions officielles vont certainement s’en émouvoir… mais Toutânkhamon pourrait être un personnage mythique.

Akhénaton, père présumé de Toutânkhaton devenu amon, appartiendrait lui aussi au fantasme. Le roi d’Égypte et son épouse Néfertiti présentent toutes les caractéristiques du couple mythologique. Mais restons-en pour le moment au jeune pharaon, dont le tombeau fournit les preuves rationnelles et matérielles de cette origine légendaire.

En 2014, des scientifiques ont fait parler la momie. Reconstituant d’abord le corps du défunt en image 3D, puis réalisant un mannequin, celui qu’on envisageait comme un robuste guerrier prit la forme d’un garçon court et chétif. Des hanches larges et de petits seins lui donnent une allure androgyne. Sa blessure au genou ne laisse aucun doute : l’homme était boiteux.

Pour les initiés, ces signes constituent une sorte de b-a ba. La figure de l’androgyne apparaît dans plusieurs récits spirituels (androgyne de Platon, hermaphrodite des Grecs, ou Ardineshvar dans l’hindouisme…). Elle symbolise l’être réalisé : je suis, au-delà du genre. Le boiteux constitue un autre symbole de réalisation. Il exprime la dé-marche, ou le fait de marcher à contre-courant. S’appuyant sur un bâton (ou un trident), le boiteux à chaque pas franchit les trois sphères (référence conceptuelle à la trinité chrétienne, ou à la trimurti indienne).

Plutôt qu’un tombeau, la sépulture de Toutânkhamon s’apparente à une mise en scène sacrée. Un homme du peuple porteur de ces attributs symboliques aura été choisi puis momifié après sa mort, pour incarner le dieu-roi.

Un dernier élément, et non des moindres, vient confirmer cette vision.

Le mythe religieux de l’Égypte antique présente le dieu Osiris démembré, avant que les parties de son corps ne soient rassemblées dans un sarcophage. Toutes sont retrouvées, sauf une : son pénis. Le phallus symbolisant la conscience, la quête spirituelle consiste à trouver la pièce manquante. Or dans son sarcophage, Toutânkhamon a été momifié… en érection.

Entre autres détails divins, le célèbre masque d’or fait référence au dieu Horus. L’ensemble du lieu pourrait être en réalité une œuvre initiatique.