Frontignan, "construire collectivement le cœur de ville de demain" (©LMI)
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À Frontignan, l’opération expérimentale dite « Parvis des chais Botta, quai Voltaire » se déroule jusqu’au 31 juillet, dans le cadre de sa concertation et de sa réhabilitation. Le lancement de cet événement du cœur de ville a eu lieu le mardi 6 juillet, juste après l’inauguration du boulevard des Républicains espagnols.

Le boulevard des Républicains espagnols et le parking paysager ont été inaugurés le mardi 6 juillet 2021. Cette nouvelle voie connecte le quartier des Pielles, au centre-ville. Question parkings, 260 places gratuites de stationnement, dont 121 en zone bleue, dans la partie la plus proche du centre-ville, sont disponibles. 3 sont réservées aux personnes à mobilité réduite, reste encore à aménager une borne de recharge pour les véhicules électriques. « Il faut partager les espaces, » Michel Arrouy, Maire de Frontignan la Peyrade, rappellera aussi l’engagement et la philosophie de la gratuité des parkings dans sa ville.

À l’occasion de cette inauguration, une exposition a été proposée par l’association « No Pasaran, » et la présence de l’association « La roue libre de Thau » voulait sensibiliser aux mobilités actives entre le coeur de ville et le boulevard des Républicains espagnols. Boulevard qui aurait pu s’appeler le boulevard de La Retirada, ou de l’exil républicain espagnol. Boulevard qui permet de cristalliser ce moment d’Histoire dans le présent, où il garde encore tout son sens.

L’humanisme des Républicains espagnols

Riche de sens justement, l’association « No Pasaran » rassemble les descendants des exilés de la guerre civile espagnole, pour se souvenir, et lutter contre l’oubli. L’exposition voulait partager cette mémoire, la garder encore vivante pour toujours cultiver l’humanisme dont les Républicains espagnols étaient porteurs. Et c’est avec beaucoup d’émotion qu’Armand Silvestre Président de « No Pasaran, » exprime toute sa reconnaissance : « recevez toute la gratitude de notre association. C’est de la part des enfants et petits-enfants des républicains espagnols, un double merci, pour ceux qui se sont battus des deux côtés des Pyrénées, et au-delà, contre l’obscurantisme et le fascisme […]  grâce à eux, nous pouvons vivre libres et fiers dans notre pays qui est la France, et notre ville Frontignan La Peyrade. Cette manifestation leur donne toute leur place dans l’Histoire. » Et pour Pierre Bouldoire 1er Vice-président, conseiller départemental de l’Hérault : « avec des symboles comme celui-ci […] nous pouvons dire que Frontignan La Peyrade joue un rôle essentiel de rappel de ce qu’est l’Histoire de l’Humanité. »

1936-1939, l’Espagne est un pays divisé par la guerre civile. L’avancée des troupes franquistes appuyées par celles d’Hitler et de Mussolini venues s’entraîner et tester leur matériel pousse dès 1936, de nombreux républicains à fuir l’Espagne. Près d’un demi-million de personnes franchissent alors la frontière des Pyrénées. . Franchissement de cette chaîne montagneuse vécu hier, comme la traversée de la  Méditerranée aujourd’hui, avec la même défiance.

Crise économique, sentiments xénophobes, la France d’avant-guerre offre aux réfugiés un accueil des plus mitigés. Et les décrets-lois de l’époque du gouvernement Daladier en donnent un aperçu. Celui du 12 novembre 1938 est le plus probant. Il prévoit l’internement administratif des étrangers « indésirables, » supposés troubler l’ordre public et la sécurité nationale. Les Espagnols sont les premiers à éprouver les conséquences de ce genre de politique face à l’immigration, mais de nombreux départements accueilleront ces réfugiés. Parmi les différents camps, celui d’Argelès compte plus de 85.000 Espagnols au printemps 39.  Marc Ribécourt, alors journaliste ayant couvert la guerre d’Espagne, qui travaille pour le quotidien « Ce soir » dirigé par Louis Aragon décrit l’état misérable « des blessés et des malades, » dans « ces camps de concentration, » expression et concept affirmés par le ministre de l’Intérieur, le Bordelais Albert Sarraut qui disait : « le camp d’Argelès-sur-Mer ne sera pas un lieu pénitentiaire, mais un camp de concentration. Ce n’est pas la même chose. » Ironie des mots et de l’Histoire, le Languedoc-Roussillon à la frontière espagnole a été à sa façon, le Lampedusa du siècle dernier.

Alors ce boulevard des Républicains espagnols à Frontignan, ce n’est pas seulement du macadam, des arbres, des parkings, une voie cyclable, une borne électrique, c’est aussi le souvenir indispensable pour tenter d’éviter cette équation définie par Ferdinand Foch, maréchal  : « un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »

« Penser ensemble l’avenir »

Autre inauguration, celle de l’opération expérimentale « Parvis des chais Botta, quai Voltaire », qui se déroule jusqu’au 31 juillet, dans le cadre de la concertation et de la réhabilitation du cœur de ville.

Michel Arrouy le Maire de Frontignan La Peyrade, et Frédéric Aloy Conseiller communautaire, conseiller municipal délégué à l’urbanisme, à l’aménagement et au développement économique sont aux commandes, avec Territoire 34. Durant un mois, le quai Voltaire deviendra un espace de convivialité, avec plusieurs temps forts culturels, festifs et sportifs. Entre les départs en bateau pour les lectures du FIRN ou les cours de Zumba, les entrainements de l’association Muscat’Rames, les ateliers ludothèques, le site se nourrit déjà de l’énergie positive des Frontignanais, jusqu’au 31 juillet. Cette expérimentation urbaine est le premier rendez-vous.

Ensuite, une volonté : « partager et penser ensemble l’avenir. » Un objectif : « construire collectivement le cœur de ville de demain, » note Michel Arrouy. Le calendrier des moments d’échanges à venir compte déjà sept rendez-vous jusqu’en novembre prochain. En 2023, les Chais Botta seront un nouveau pôle culturel en centre-ville.

Le « Parvis des chais Botta, quai Voltaire » accueillera le futur cinéma et pôle de loisirs, et pourra se transformer en un espace de vie et d’animations. L’idée : imaginer et tester de nouveaux usages, des aménagements temporaires seront réalisés pour offrir aux habitants un nouvel espace public en bordure de canal, permettant la réflexion comme la détente et les divertissements.

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