Muriel Ressiguier en conférence de presse, mardi 29 sept. 2020 (CR CDS)
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Madame Muriel Ressiguier interroge Madame Barbara Pompili, Ministre de la transition  écologique, sur les mesures envisagées par le gouvernement pour respecter ses  engagements climatiques.

Depuis de nombreuses années maintenant, l’alerte est donnée sur l’extinction et la  disparition avérée et pronostiquée de nombreuses espèces animales et sur l’érosion de la  nature. Sur ces 100 dernières années, 200 espèces ont disparu, là où il aurait fallu 10 000  ans en temps normal.

Ainsi, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les  services écosystémiques (IPBES), qui regroupe 132 états membres, sous l’égide de l’ONU, nous donne les chiffres inquiétants de 75 % d’altération de la surface terrestre, 66 % des  océans subissent des modifications de plus en plus importantes et plus de 85 % de la  surface des zones humides ont disparu. Elle indique aussi que près d’un million d’espèces  sont actuellement en voie de disparition.

Depuis 1993, 43 % des lions ont disparu, et ils ne sont plus qu’environ 35 000, en 10 ans la  population d’orang-outang de Bornéo a baissé de 25 %, on dénombre 18 000 girafes en  moins sur 30 ans et 95 % des lémuriens se sont éteints depuis 2000. Ces extinctions  concernent toutes les régions et toutes les catégories animales, aussi bien les mammifères  que les amphibiens, les reptiles ou les oiseaux.

Les principales causes en sont le réchauffement climatique, l’urbanisation, la déforestation,  l’agriculture intensive, la dégradation de l’habitat et la surexploitation des espèces. De plus, l’incursion de l’humain sur le territoire animal ainsi que le trafic d’animaux sauvages ont  aussi pour conséquence l’émergence de nombreuses épidémies transmises de l’animal à  l’homme.

Déjà en 2017, les scientifiques recommandaient une réduction de la consommation,  l’utilisation de technologies moins agressives envers l’environnement, la fin du commerce  des espèces en voie de disparition, ainsi que le maintien des habitats naturels et la  protection de la biodiversité.

Après l’espoir suscité par l’accord sur le climat en 2015, force est de constater que 5 ans  plus tard, aucune action notoire n’a été menée par la France pour préserver le climat et  notre planète. La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie  circulaire n’a pas permis d’avancées significatives, donnant la primeur à l’économie  capitaliste.

De même, alors que de nombreuses propositions ont été faites suite à la Convention  Citoyenne pour le Climat, quasiment aucune n’a été retenue dans le projet de loi “Climat et  Résilience”. Les mesures les plus structurantes ont été abandonnées ou amoindries. L’avis  rendu par le Haut Conseil pour le Climat en fait lui-même le constat et estime que le texte  manque d’ambition pour respecter les objectifs fixés par la France.

De nombreuses mobilisations ont eu lieu, organisées par des citoyens de tout âge et de  toute catégorie sociale, inquiets pour l’avenir de l’humanité. Les marches pour le climat ont  réuni des millions de personnes, des actions non violentes sont menées, par ANV-COP 21  ou Alternatiba, contre, par exemple, l’exploitation des énergies fossiles et son financement  notamment par les banques françaises, l’inaction des décideurs politiques, la surproduction.

De nombreux scientifiques alertent sur une 6ème extinction de masse, déjà en cours, et une  étude du service européen COPERNIC révèle que 2020 fait partie des années les plus  chaudes, avec un réchauffement à plus de 2,2 % en Europe, ce qui est très loin des objectifs  de la convention de 2015, fixés à + 1,5 %.

C’est pourquoi, Madame Muriel Ressiguier interroge Madame Barbara Pompili, Ministre de  la transition écologique, sur la politique du gouvernement. Pourquoi avoir organisé une  convention citoyenne sur le climat, si c’est pour ne pas en reprendre les propositions ? Que  prévoit le gouvernement pour respecter ses engagements pris lors de l’accord sur le climat  et quels moyens va-t-il y allouer ? Quelles dispositions concrètes la France va-t-elle prendre  pour contribuer à la préservation des espèces et dans quel délai ? Enfin, le 03 février, l’Etat  a été condamné par le tribunal administratif de Paris à verser 1€ symbolique aux ONG qui  ont porté plainte pour « inaction climatique » car les engagements en matière de réduction  de gaz à effet de serre n’ont pas été respectés. Vous avez déclaré que le gouvernement  avait pris acte de la décision du tribunal administratif, concrètement comment comptez-vous  rattraper le retard pris par la France, quelles mesures allez-vous prendre pour réduire de  manière efficace et rapide l’émission de gaz à effet de serre ?

Muriel Ressiguier,
Députée de la 2ème circonscription de l’Hérault.

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