Conseil de Métropole du 17 décembre 2020 (© 3M)
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Conseil pluvieux, conseil heureux. Assurément, le fameux dicton s’est appliqué ce matin pour le Conseil de Métropole, maxime qui habituellement s’applique davantage aux mariages, aux quatre coins de la France. Dans tous les cas, ce dernier Conseil de métropole présidé avec beaucoup de patience par Michaël Delafosse s’annonçait franchement interminable avec une petite centaine d’affaires à l’ordre du jour. Il l’a été, mais tout en restant globalement constructif.

« En conséquence de la situation sanitaire, mais aussi économique que nous vivons et que nous allons vivre, il n’était pas possible de présenter ce matin un budget ni d’avoir un débat d’orientation budgétaire constructif, ni serein, au vu des circonstances qui sont celles que nous vivons », annonce dès les premières minutes du Conseil, le Président Delafosse.

Conséquence de cette décision, parfaitement compréhensible et logique, le Débat d’Orientation Budgétaire et le vote du Budget n’a pas eu lieu ce matin. « Le Conseil Métropolitain de décembre est habituellement le Conseil de présentation du budget. Cela fait des années que c’est ainsi, mais, pour les raisons que le Président vient d’expliquer, cela ne peut pas être le cas cette année », complète Renaud Calvat, maire de Jacou et 1er Vice-Président de la Métropole aux côtés de Michaël Delafosse.

« Les Débat d’Orientation Budgétaire et Vote officiel du budget 2021, eux-mêmes, auront lieu au premier trimestre 2021. Je peux même préciser que le vote du budget interviendra lors de la séance du Conseil de métropole du 29 mars 2021 prochain », conclut le bras droit du président de la collectivité montpelliéraine.

Deux seules affaires budgétaires étaient présentées ce matin par Renaud Calvat. Dans un premier temps, suite à un récent vœu de la Chambre Régionale des Comptes, il a été clôturé le budget annexe transport du budget global de la Métropole. Seul à prendre la parole, Max Lévita, ex-Monsieur Finances sous le mandat de Philippe Saurel, s’est poliment élevé contre ce choix. « Il ne faut pas toujours suivre les avis et demandes de la Chambre. Ils donnent des avis, soit, mais c’est tout. Par exemple, depuis la nuit des temps, la Chambre est opposée à la création de Société d’Economie Mixte. Pourtant, nous en avons, nous les utilisons et cela ne met pas le territoire en danger grave et imminent »,  a argumenté Max Lévita. Sans succès.

En quelques minutes et à distance, puisque le Conseil se déroulait en distanciel, le budget annexe transports a vécu. Il a été définitivement clôturé ce matin.

Dans un second temps, « de façon classique avant un débat budgétaire, nous nous devons d’ouvrir des crédits impérativement pour assurer le bon fonctionnement de la collectivité et du territoire », assure Renaud Calvat. Sans le moindre débat cette fois, les crédits sont donc ouverts, officiellement.

Les heures défilent. L’attention des participants fluctue. La qualité du débat s’étiole, mais tout se poursuit. Michaël Delafosse s’insurge, à raison. Presque seuls dans l’hémicycle, Covid oblige, les élus sont chez eux ou dans les bureaux de la Métropole, lorsque le dynamique patron tempête, à juste titre, sur les propos, très discutables, d’un élu d’opposition estimant que la méthode de travail mise en place depuis le mois de juillet 2020, par Michaël Delafosse « viole clairement la Démocratie« . Les propos sont, il est vrai, difficilement audibles dans une assemblée politique.

« Le viol, les mots choisis sont graves. Le viol, cela relève du Pénal. Je ne l’apprendrai à personne. Je demande donc à l’élu concerné de retirer ses propos et de s’en excuser dès à présent. Je souhaite que le calme, le sérieux, la sérénité président à nos débats. Je ne tolérerai pas, je ne tolérerai jamais sous ma présidence, ce genre de propos dans notre assemblée démocratique. Chacun a droit de s’exprimer ici, j’y veillerai, mais pas avec de tels propos« , s’agace le patron de la Métropole. Pas de réponse de l’élu concerné.

Il est 12h45. Plus de 3 heures passionnantes du conseil se sont écoulées ce matin.

La pluie continue de tomber sur Montpellier, malheureusement. Plus de 85 délibérations restent pourtant à évoquer de façon pragmatique. Les débats vont donc durer une bonne partie de la journée. Pour le plus grand bonheur de tout le monde. Assurément.

13h45. Pas de pause déjeuner. Les élus enchaînent, avec plus ou moins d’attention et de participation, les délibérations. Le sujet sensible du naming dans le sport fait son apparition dans le débat. Christian Assaf, mordu de sports, est l’adjoint aux sports aux côtés de Michaël Delafosse. Il prend la parole pour émettre une proposition sur un possible « nommage », naming de la grande piscine Antigone en plein coeur du quartier éponyme de Montpellier. L’idée est de transformer le nom du site sportif et de l’associer au nom d’un célèbre promoteur immobilier.

À peine son propos terminé, l’élu aux sports ne s’est visiblement pas fait que des amis. La liste des personnes toujours éveillées et soucieuses de prendre la parole est longue. À l’exception de Cyril Meunier, aucun d’entre eux n’est favorable à la proposition de l’élu aux sports. Très en verve, Alenka Doulain et Hervé Martin sont parmi les premiers à prendre la parole.

La cheffe de file du mouvement Nous Sommes Montpellier s’oppose à ce possible naming à venir sur un site majeur du sport populaire à Montpellier. Elle argumente, plaidant l’importance de garder les noms des personnalités historiques sur les enceintes sportives et conclut, tranchante, par un « ce choix, annoncé ce matin, ne nous convient clairement pas« .

Davantage prolixe, Hervé Martin avait préparé son propos. Posé, à son bureau, l’élu lit son texte, certes, mais y met bien plus de conviction et de dynamisme. Il sait pertinemment en prenant la parole que son désaccord pourrait sembler futile, vu qu’un vote majoritaire de l’équipe Delafosse suffit à valider la délibération. Mais c’est davantage, un message constructif qu’il souhaite faire passer.

« Le sport, nous le savons tous, est souvent appelé à servir de vecteur éducatif. Il est en effet considéré comme un formidable moyen d’intégration sociale efficace » entame l’élu communiste. Soucieux de rester concret dans son propos, l’élu poursuit en interrogeant à voix haute ses collègues élus « Seriez-vous choqués si la médiathèque Émile Zola devenait la médiathèque Amazon ? Accepterions nous, tous, que le Musée Fabre devienne le Musée Ripolin où bien encore si l’Opéra Berlioz, l’Opéra Spotify ? l’école Schœlcher devenait l’école Bic ? ». L’élu précise qu’il interroge publiquement ses collègues élus de tous les bords politiques et « ne cherche en aucun cas à faire sur un pareil sujet, un trait d’humour« .

« Par le fait même de baptiser un stade où une piscine ou une enceinte sportive, une marque s’approprie de fait, de l’espace public« , argumente l’élu avant d’ajouter qu’il veut que « le sport garde avant tout sa dimension culturelle et qu’il doit rester accessible à tous, populaire et étroitement lié à un territoire et à une Histoire. »

Seul élu à venir, après un tel plaidoyer, en soutien de l’initiateur de la délibération qu’est Christian Assaf, Renaud Calvat, le Monsieur Finances de la Métropole, affiche son « plein soutien à la démarche de Christian Assaf », arguant que « les sports d’élite soient autonomes financièrement afin que M. Assaf ait autre chose à faire de son mandat que de trouver des marges de manœuvre comme celles évoquées ce matin pour faire vivre le sport sur notre territoire métropolitain ».

Au grand dam d’Alenka Doulain et d’Hervé Martin, mais sans grande surprise, la délibération portant sur la convention d’occupation temporaire du domaine public et de dénomination, notamment de la piscine Antigone à Montpellier, a été adoptée à une large majorité peu après 14h.

C’est peu avant 15h20 que s’est terminé ce Conseil de Métropole XXL, soit 5h50 d’assemblée 2.0 !

« On fera vivre la démocratie locale dès 2021 et sur l’ensemble du présent mandat, à un rythme régulier d’un Conseil de Métropole tous les deux mois« , avait annoncé Michaël Delafosse en préambule, ce matin. La prochaine session devrait donc avoir lieu en février 2021.

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