Sète : Quand les communistes se tournent vers l’avenir à l’occasion du centenaire du Parti

Siege du Parti Communiste Francais (PCF) au 120 rue Lafayette a Paris : "Faites payer les riches" septembre 1935 (©Suddeutsche Zeitung/Leemage)

Créé en décembre 1920 lors du congrès de Tours, le PCF a 100 ans cette année.

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100 ans de luttes, 100 ans de résistance, dix décennies pendant lesquels le parti a levé le poing pour la paix entre les peuples, pour la liberté et la décolonisation, pour la République et l’égalité, pour la Sécurité sociale, pour la retraite à 60 ans… Autant de combats qui ont modifié le visage de la France.

Profondément ancrée sur Sète, la section PCF a donc logiquement décidé de célébrer cet anniversaire en organisant des évènements jusqu’en février 2021. 

Après la projection du film jeudi « Le grand fossé » qui relate l’histoire du Congrès de Tours entraînant la naissance du parti communiste et la tenue d’une conférence-débat sur le même thème, c’est un zoom sur les conquêtes sociales entre 1936 et 1948 qui se tiendra le samedi 21 novembre avec la projection du film « La vie est à nous » de Jean Renoir, suivie d’une conférence-débat*.

« Il était important de fêter ces 100 ans pour rappeler ce que nous devons au PCF, à savoir la Sécurité Sociale, les congés payés, le grand service public, la massification de l’enseignement secondaire…, indique Jean-Luc Bou, membre du parti et coordinateur de la manifestation.

Si la conquête sociale est au cœur du combat des communistes, pour Jean-Luc Bou qui a pris sa carte en 2007 – « l’élément déclencheur a été l’élection de Nicolas Sarkozy dont la politique a été une menace pour la démocratie – », les valeurs du parti ont également été une raison déterminante à son engagement : « ce sont des valeurs de partage, de fraternité et de tolérance. Les communistes ont le souci permanent des personnes en difficultés, quelles qu’elles soient et se battent contre les grandes injustices de notre monde ».

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un maire communiste

Les combats des communistes – et particulièrement des maires PC – sur le plan local seront également au programme avec une conférence-débat le samedi 6 février en présence de François Liberti (maire PCF de 1996 à 2001) et Ian Brossat (conseiller PCF à la mairie de Paris). « Les maires communistes se montrent toujours aussi fidèles au service public. Ses maires plébiscitent la gestion en régie : ils s’opposent aux grands groupes privés qui veulent mettre en coupe réglée les secteurs de l’eau, des transports, du chauffage urbain ».

Le rôle essentiel que les communistes ont joué en faveur de la liberté de création et de la démocratisation culturelle sera également abordé lors d’une conférence-débat le vendredi 11 décembre en présence de Pierre Dharréville, Moni Grego et Caroline Constant.

« Alors que le maire de droite sétois, François Commeinhes se gargarise d’être le chantre de la culture sur la ville, il faut savoir que ce sont des municipalités communistes (Gilbert Martelli, 1973-1983, Pierre Arraut, 1945-1947 /1959-1973, François Liberti, 1996-2001, NDLR) qui ont créé le Miam (musée international des Arts Modestes), le théâtre de la mer, le musée Paul Valéry… ».

Clin d’œil à cette dimension culturelle avec le logo de l’évènement, un pouffre avec, à la place de sa tête, un poing levé, réalisé gracieusement par Hervé Di Rosa.

Une section locale rajeunie

Cet anniversaire se veut également tourné vers le futur. «100 ans d’avenir » tel est d’ailleurs le nom de l’opération. Et à Sète, c’est un tournant que la section locale, riche de 200 adhérents, a engagé. Les nouvelles générations ont récemment rejoint les troupes et ainsi dépoussiéré l’image ainsi que la communication du parti.

« J’étais sympathisant du PCF puis, avec le collectif Marina Sète, j’ai rencontré Carmen, Natan.., des jeunes communistes et les ai rejoints à la section locale, déclare Gabriel Blasco qui, à 35 ans à peine, fut le directeur de campagne de Véronique Calueba aux dernières élections municipales. Une nouvelle dynamique est impulsée avec les nouvelles générations. Le secrétaire de section, Jonathan Level, a 35 ans ».

Ce centenaire est certes l’occasion à l’échelle nationale et locale de s’interroger sur l’avenir du PCF. Mais face au capitalisme effréné et aux injustices qu’il génère, le parti a assurément sa carte à jouer.

*La librairie nîmoise Diderot sera présente à chaque évènement et organisera une signature des livres des invités.