On les appelle des sociétés de services à l’environnement. Suez et Veolia sont en plein « conflit, » même si cela s’appelle une offre OPA (offre publique d’achat) cela n’en reste pas moins une offensive, dont les salariés en première ligne sont potentiellement les victimes immédiates.

Ce matin, la mobilisation en forme de signal d’alerte a réussi. Les salariés ont opéré un débrayage à 90% pour Montpellier et à 65% pour Lunel. Des Lunellois accueillis par des fumigènes rouges devant l’entrée du site de méthanisation Ametyst, pour un débrief avec l’intersyndicale, et envisager les actions à venir.

Désabusés : « hier les remerciements du gouvernement, aujourd’hui le démantèlement de Suez Rv Energie, » ils se vivent comme quantité négligeable dans cette guerre financière des géants de l’eau, des déchets et des services d’économies d’énergie.

La CFDT du Groupe Suez rejette ce qu’elle appelle une « prédation financière » et précise : « nous le savons, cela détruira de façon irrémédiable, l’emploi et les conditions de travail des salariés que nous représentons. »

Si dans cette offensive, il serait déjà question de faire « de la place aux dirigeants de Suez, » quid des salariés ? Toute fusion suppose trop souvent une opportunité pour faire des économies. Dans ce cas de figure, évaluation faite : il s’agit de la suppression d’au moins 15.000 emplois répartis entre le siège de La Défense et les salariés de Suez activité eau, en France. Sur Montpellier dans un premier temps, les emplois détruits seraient les précaires : intérimaires et CDD, selon Jeremy Chauveau délégué syndical CFDT Suez du site de méthanisation Ametyst.

Interview de Jeremy Chauveau délégué syndical CFDT Suez du site de méthanisation Ametyst : 

L’histoire en bref : le groupe Veolia qui souhaite racheter Suez installe plusieurs étapes d’approche. Dans un premier temps, l’objectif est de racheter la participation d’Engie dans Suez soit près de 32%. Le tout pour 3 milliards d’euros, une offre jugée par Engie trop basse pour l’instant.

Dans un tweet Bertrand Camus CEO de Suez explique : « Suez n’a pas besoin de se marier : nous sommes déjà le leader mondial de la distribution d’eau, avec 145 M de foyers desservis. » Et il rajoute : « nous avons en France deux champions mondiaux, et l’on risque de finir avec un seul acteur, affaibli. C’est la France qui y perdrait. »

La coordination CFDT du groupe Suez lance un appel à Jean-Pierre Clamadieu, président du Conseil d’administration d’Engie : « nous sommes en droit d’exiger de votre part en tant que président du conseil d’administration, de la bienveillance envers les salariés de Suez, et avant tout le respect qui leur est dû. Ainsi, vous vous engagerez à nous soutenir pour construire un projet d’avenir écologique et socialement responsable. »