Montpellier : Michaël Delafosse élu maire, qu’en pensent ses principaux opposants ?

Michaël Delafosse en campagne à Montpellier, en juin 2020 (CR)

Ils étaient venus, presque tous là, plus ou moins souriants ou ponctuels, mais présents. Tous ? Enfin, 64 des 65 nouveaux conseillers municipaux qui débattront des sujets majeurs de la ville de Montpellier.

VOIR AUSSI : [VIDÉO] Montpellier tourne la page Saurel et accueille Michaël Delafosse comme 62e Maire de la Ville

Peu après 10h, samedi 4 juillet, Michaël Delafosse a été officiellement élu 62e maire de Montpellier. Son équipe lui offre une ovation, debout. Mais qu’en pensent les autres, les élus d’opposition ? Tour d’horizon.

« Michaël Delafosse vient d’être élu. On va le laisser travailler un peu »

Tous les bords politiques se réunissent sur un point : ils souhaitent tous la réussite du nouvel édile de la ville et ils devraient tous lui laisser le temps de réussir. « Michaël Delafosse vient d’être élu. On va le laisser travailler un peu », affirme Serge Guiseppin. L’ancien communicant du candidat Mohed Altrad, grand absent du conseil municipal d’intronisation, ce samedi 4 juillet 2020. Le communicant, élu de la liste de l’homme d’affaires poursuit « nous, nous voyons ce qui se fait et nous constituerons clairement une opposition cohérente et constructive dans les 6 années à venir ».

« Michaël Delafosse est le maire le plus mal élu de Montpellier »

Le son de cloche est radicalement différent chez leurs anciens alliés du collectif citoyen Nous Sommes. La dynamique candidate du mouvement citoyen, Alenka Doulain lâche déjà ses premiers coups, peu de temps après la récente échéance électorale.

Après avoir poliment félicité l’élection du nouvel homme fort de Montpellier, celle-ci déplore que la « démocratie locale est clairement mourante », soulignant au passage que « Michaël Delafosse est le maire le plus mal élu de Montpellier », et ce en raison du faible taux de participation enregistré lors du second tour.

Celle qui a créé la surprise en ralliant Mohed Altrad pour le deuxième tour des élections municipales, veut aujourd’hui assurer de son soutien « les 6000 agents de la ville et de la Métropole » et espère que Michaël Delafosse sera là pour les accompagner, les aider et les soutenir dans les six années à venir.

Celle qui se présente dès aujourd’hui comme « le grain de sel du mundillo politique montpelliérain » souhaite que d’ici 2026, « les habitants soient réellement impliqués dans toutes les décisions prises ». Elle plaide également pour la mise en place de « consultations populaires régulières » pour renforcer le poids du citoyen dans les décisions prises. Elle espère aussi que l’accession au pouvoir de Michaël Delafosse permettra d’ « en finir avec l’exercice solitaire du pouvoir et l’opacité ». Philippe Saurel, à qui il a souvent été reproché de prendre seul, certaines décisions majeures, appréciera l’attaque.

« On a un maire jeune. Il est dynamique. […] Il est dans un état d’esprit clairement constructif ».

De l’autre côté de l’échiquier politique et même s’il ne figure pas parmi les 65 élus de la nouvelle mandature, Alex Larue, candidat malheureux des « Républicains » à Montpellier se montre beaucoup plus optimiste sur cette « nouvelle page qui s’ouvre ». « On a un maire jeune. Il est dynamique. On voit qu’il consulte beaucoup. Il se déplace. Il constitue son équipe. Il est dans un état d’esprit clairement constructif », estime l’ex-candidat LR à propos du nouveau maire.

Jetant un œil objectif dans le rétro sur le mandat précédent, Alex Larue estime qu’une « page se tourne, très clairement ». « Cela met fin à une période compliquée, notamment les quatre dernières années où une vraie chape de plomb avait été instaurée sur tous les dossiers majeurs à la ville comme à la Métropole ». L’air serait donc plus respirable si on en croit Alex Larue, dans les hémicycles de la Métropole et de la ville. « En tout cas, cela met fin aux conflits permanents, aux invectives ».

Soucieux de regarder devant, l’ex-élu LR estime Michaël Delafosse capable d’insuffler « une vraie nouvelle forme de gouvernance, dans lequel l’alignement politique avec la Région, présidée par Carole Delga (PS) et le Département, présidé par Kléber Mesquida (PS) est une bonne chose ». Reste à voir, si dans six ans, l’avocat héraultais aura vu juste.

Sollicité ces derniers jours, Philippe Saurel, maire sortant et chef de file de la liste « Montpellier, la Citoyenne », n’a pas souhaité répondre à nos questions.