[TRIBUNE] du POI de Montpellier. Parti Ouvrier Indépendant, pour le socialisme, la République et la démocratie.  Membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples. (Comité de Montpellier 16 rue Pierre Fermaud, 34 000 Montpellier)


A peine le second tour des élections municipales a-t-il été annoncé qu’immédiatement, les petites manœuvres ont commencé un peu partout autour des trois candidats qui ont pu se qualifier pour le second tour : le milliardaire Altrad, pro Macron ; le maire actuel, Philippe Saurel, divers droite et divers gauche, pro-Macron et pro Manuel Valls (si!) ; le « « socialiste » » Michael Delafosse (les doubles guillemets s’imposent en pareille occasion), ex Frêchiste, ex Rocardien, ex Hamoniste, ex Hollandiste et pro lui-même. À l’heure où ces lignes seront lues, d’autres manœuvres auront encore eu lieu. Il est dur de tout suivre. 

Dans quelles conditions aura lieu ce second tour des élections municipales ? Nous venons de traverser une période où la destruction de l’hôpital public, par les gouvernements de droite comme de gauche (ou d’un mélange des deux), est apparue dans une lumière crue. Tout a manqué, et au lieu de soigner, de dépister et de protéger les personnels et la population, on a pratiqué la solution moyenâgeuse du confinement. Le patronat et le gouvernement ont largement profité de l’occasion pour imposer une législation d’exception, qu’Informations Ouvrières a régulièrement analysée, commentée et combattue. 

Une colère sans pareille s’est emparée des personnels des hôpitaux, mais également des médecins, des agents publics, des services publics, des travailleurs, de la population et de la jeunesse. 

Dans ces conditions, plus que jamais, nous sommes en phase avec le puissant mouvement des travailleurs et des peuples qui de l’Algérie au Chili, et comme l’ont tracé les Gilets Jaunes disent : qu’ils dégagent ! Oui, avec leurs plans d’austérité, leurs privatisations, leur politique de destruction sociale partout dans le monde pour gagner la course aux profits, nous disons clairement : nous n’avons rien de commun avec cette classe politique détestée ! Ceci, au plan national comme localement. 

Aussi, nous participerons à notre place au combat actuel pour exiger le retrait de la loi d’urgence sanitaire, qui n’a plus rien à voir avec la lutte contre l’épidémie ! Retrait du nouveau plan Véran contre l’hôpital public qui poursuit « le cap suivi depuis trois ans » (dixit E. Philippe) ! 

Retrait de la réforme des retraites, de la LPPR dans l’enseignement supérieur et la recherche, refus de la dislocation/territorialisation de l’école publique; surtout : refus de l’union nationale pour enchainer le mouvement ouvrier, hier comme aujourd’hui ! Enfin, nous mettons en garde tous ceux qui pour une place au conseil municipal à Montpellier sont prêts à renier leur discours « anti système » de ces derniers mois pour revêtir les habits de mendiants d’accords de fusion (pudiquement appelés « techniques ») pour obtenir des places. 

Dans les années 30, une discussion avait lieu pour savoir s’il fallait combattre pour le droit de vote des femmes. Certains maires de gauche refusaient, avec le raisonnement suivant : les femmes étant pieuses, en particulier en milieu rural, des mairies allaient basculer à droite si on accordait le droit de vote aux femmes. Un militant ouvrier de l’époque rétorqua : que pèsent quelques municipalités de plus à gauche, face au combat pour l’émancipation de l’humanité, donc en premier lieu des femmes ? Actualisons : que pèsent quelques places dans une mairie, face à l’indépendance envers les forces politiques qui ont emmené les hôpitaux, les travailleurs et la jeunesse dans la situation sociale que l’on connait, où tout a manqué, y compris des masques pour le personnel hospitalier ? 

Certains nous demandent souvent : « parti ouvrier indépendant, mais indépendant de quoi ? ». Ils ont maintenant la réponse : de ça ! 

Qu’ils dégagent tous ! Macron comme les autres ! Abrogation de la loi d’urgence sanitaire ! 

Montpellier, le 28 mai 2020
POI – comité de Montpellier 16 rue Pierre Fermaud, 34 000 Montpellier