Pour le Premier ministre Édouard Philippe, « au vu des résultats sanitaires de ces derniers jours, la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi 11 mai. » Jour 52, d’une situation inédite d’urgence, face à un fléau qui frappe toute la planète : Covid-19, apparu au mois de décembre 2019 en Chine.

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Jour 52 de confinement [07-05-2020]

Une fois le pupitre posé, le Premier ministre commence son intervention, en précisant bien, « dans la majeure partie du pays, nous avons réussi à freiner la vague épidémique. Nous avons retrouvé des marges de manœuvre à l’hôpital et nous sommes prêts pour les tests. C’est ce qu’on appelle les départements « verts ». S’ils se maintiennent en vert les trois prochaines semaines, nous pourrons, au tout début du mois de juin, envisager une nouvelle étape de déconfinement. Avec peut-être l’ouverture des lycées, des cafés, des restaurants. Bien sûr, dans la mesure où les conditions sanitaires le permettraient. »

Une France coupée en deux, entre zones rouges et zones vertes

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Alors que le déconfinement est retardé à Mayotte, la carte de France se précise, alors que le Premier ministre explique qu’il « n’y aura pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai, même en Île-de-France ».

En pratique, comme l’explique Olivier Véran, ministre de la Santé, « tous les départements des quatre régions restent en rouge, l’Ile-de-France, les Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est. Pourquoi des régions et pas des départements ? Parce que nous faisons le choix de tenir compte comme indicateurs prioritaires du niveau de tension, de saturation des réanimations des hôpitaux. Et ces indicateurs, nous l’avons vu lors de la vague épidémique dans les régions touchées, se conçoivent à l’échelle régionale. En particulier, et le Premier ministre l’a dit, la situation en Île-de-France nécessite la plus grande vigilance. Nous appelons les entreprises à recourir au maximum au télétravail. »

« La France est prête à tester massivement ».

Selon le ministre de la Santé, « la capacité de dépistage est dès aujourd’hui au niveau des besoins estimés […] Si le test se révèle être positif, le médecin vous suivra tout au long de votre maladie. Il alertera également l’Assurance-maladie qui vous contactera afin de commencer avec vous une enquête visant à identifier les personnes que vous auriez pu contaminer autour de vous, sans le savoir, évidemment, et de manière à ce qu’on puisse appeler ces personnes qu’on va désigner cas contact. Votre isolement, si vous êtes malade, durera jusqu’à deux jours après la guérison des symptômes, c’est-à-dire en moyenne pendant huit à dix jours. »

« 100 millions de masques seront distribués la semaine du 11 à destination des soignants, des personnes malades et fragiles ».

Sur l’isolement, le ministre de la Santé explique, « d’abord, si vous partagez votre logement, votre médecin vous conseillera de rester dans une pièce spécifique en évitant les contacts avec les autres occupants du domicile. Il vous demandera aussi d’aérer régulièrement votre domicile, de vous laver les mains fréquemment, d’éviter au maximum de toucher les objets qui peuvent être touchés par les autres personnes qui vivent avec vous, de désinfecter quotidiennement les surfaces fréquemment touchées, comme les poignées de porte et les téléphones mobiles. […] Vous pourrez aller chercher des masques en pharmacie sans prescription préalable et ils seront pris en charge à 100% par l’Assurance-maladie. »

Sur les « cas contacts » (personnes ayant été en contact avec un malade), « si vous êtes cas contact d’une personne malade, le plus souvent, ce n’est pas vous qui appellerez, mais vous serez directement contacté par l’Assurance-maladie ou par quelqu’un qui travaille à l’agence régionale santé et qui aura été informé que vous avez potentiellement été en contact avec une personne malade. Si le risque est avéré, par exemple, si vous avez partagé un déjeuner avec une personne malade sans respecter de distanciation, vous serez invité à rester chez vous en isolement, comme pour une personne malade. Sept jours après le dernier contact avec la personne malade. Vous serez, à votre tour, testé par PCR dans les mêmes conditions qu’une personne malade. » En supplément, « pour faire face à cette situation difficile, le gouvernement accompagne tous les Ehpad et débloque 475 millions d’euros de crédits supplémentaires.

Une réouverture des écoles, le 11 mai

Selon le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, « entre 87 et 90% des communes ont préparé la rentrée pour la semaine prochaine », « parfois la prérentrée durera le mardi 12 mai. Nous n’allons pas accueillir les élèves tous en même temps ».

En parallèle, « dans les départements verts, les collèges pourront commencer à fonctionner à partir du 18 mai, comme nous nous y étions engagés. « 

Le plan de déconfinement dans les transports

À sa suite, Élisabeth Borne, la ministre de la transition écologique explique, « dès le 11 mai, l’offre de transport de proximité, c’est-à-dire les métros, les bus et les TER, augmentera nettement avec un minimum de 50% des capacités habituelles et un objectif d’offre normale d’ici début juin. »

Pour les trajets en voiture, « le trafic automobile et les risques de bouchons pourraient générer des pics de pollution et des blocages des axes routiers. Le covoiturage et les mobilités alternatives à la voiture sont donc encouragés. C’est notamment le sens du plan vélo que nous avons présenté pour favoriser sa pratique pendant le déconfinement », explique la ministre.

« Le virus ne se déplace pas tout seul et nous devons continuer à lutter contre la circulation de ce virus. »

Pour le ministre de l’Intérieur, les infractions aux règles de circulation « continueront d’être sanctionnées », celle-ci s’élèvera à 135 euros, la règle des 100 km de rayon maximal de déplacement ne s’applique que lorsque l’on quitte son département. Une attestation ad hoc sera mise en ligne prochainement, sur le site du ministère.

Concernant les rassemblements, ceux-ci « devront rester limités à des groupes de 10 personnes maximum, dans le respect des règles de distanciation physique. À compter du 2 juin, un nouveau seuil pourra être réexaminé, mais en tout état de cause d’ici le mois de septembre, aucun événement regroupant plus de 5 000 participants ne pourra être organisé », précise le ministre.

En pratique, face à la forte demande, les plages pourront rouvrir au cas par cas à la demande des maires, mais selon des conditions définies par les préfets. En parallèle, « nous allons travailler avec des responsables cultuels aux conditions d’une reprise des cérémonies religieuses d’ici la fin du mois », explique le ministre. Certains lieux culturels pourront aussi ouvrir, « les lieux culturels de proximité – bibliothèques médiathèques, musées –, dont la fréquentation n’entraîne pas de mouvements importants de population. Les préfets en arrêteront la liste et des systèmes de régulation pourront être mis en place. Les cinémas, les salles de spectacle et de fête ainsi que les lieux de sport couverts resteront fermés. » En parallèle, des dérogations supplémentaires pour franchir les frontières dans l’UE vont être mises en place.

« Le 11 mai, ce sont 400.000 entreprises, représentant 875.000 salariés qui vont rouvrir »

Selon le ministre de l’Économie, la vie sociale et économique qui va pouvoir redémarrer. Pour les centres commerciaux, il pourront rouvrir en accord avec les préfets sauf en Île-de-France. « Le 11 mai prochain, par conséquent, ce sont 400 000 entreprises qui vont rouvrir. Quatre cent mille entreprises qui représentent 875 000 emplois, ce sont 77 000 salons de coiffure, 33 000 commerces d’habillement, 15 000 fleuristes, 3 300 libraires qui vont rouvrir. C’est la vie sociale et économique qui va pouvoir redémarrer. »

Selon Bruno Le Maire, « l’Etat sera aux côtés des entrepreneurs, l’Etat est présent depuis le début et continuera d’être présent. Nous maintiendrons le fonds de solidarité jusqu’à la fin du mois de mai ».

Le Fonds de solidarité sera maintenu jusqu’à la fin du mois de mai

Les charges sociales patronales de mars avril et, mai seront supprimées, pour les entreprises fermées. « Nous maintiendrons par exemple le Fonds de solidarité pour les bénéficiaires jusqu’à la fin du mois de mai. Cela veut dire qu’un fleuriste, un libraire, un coiffeur qui va rouvrir le 11 mai pourra continuer bénéficier du Fonds de solidarité jusqu’à la fin du mois de mai, tout simplement parce que son chiffre d’affaires est amputé des 11 premiers jours et qu’il sera nécessairement un peu moins élevé qu’en période normale. »

Pour clôturer la prise de parole gouvernementale, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud précise que « 54 guides métiers pour le déconfinement sont d’ores et déjà disponibles sur le site du ministère. Il y en aura plus de 60 d’ici dimanche, dont celui, évidemment, très attendu, du commerce non alimentaire et de celui sur la coiffure. »

En parallèle, les centres de formation sont autorisés à rouvrir, le 11 mai.« Ils seront capables, dès lundi, d’accueillir leurs équipes, puis les apprentis et les stagiaires en formation continue qu’ils soient salariés, indépendants ou demandeurs d’emploi. »