France, lundi 13 avril 2020. Le Président de la République a précisé les prochaines mesures de lutte contre l’épidémie de coronavirus. Un confinement prolongé jusqu’au lundi 11 mai. Et il a annoncé aux Français qu’il souhaitait se réinventer.

C’est en ce deuxième jour de l’Octave de Pâques, conservé férié par une décision arbitraire de Napoléon Bonaparte, qu’Emmanuel Macron a décidé de s’exprimer pour la troisième fois face à la nation, dans une époque de crise planétaire, causée par un virus : Covid-19. En France, déjà 13.832 personnes sont mortes des suites de ce coronavirus, dont 4.889 personnes dans les EHPAD et 8.943 à l’hôpital.

« Jacques a dit »

Depuis le début de cette crise sanitaire, il peut sembler assez juste de percevoir dans la communication de l’Élysée, un petit côté « Jacques a dit. » Le jeu dont le but est d’être capable d’obéir à des commandes, sans être dupé. Après le « nous sommes en guerre » du 16 mars 2020, au lendemain du premier tour des élections municipales, ce lundi soir, Emmanuel a dit : « sachons dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies et nous réinventer, moi le premier. » Un président qui souhaite donc se réinventer et plus encore : « il y a dans cette crise, une chance : nous ressouder, éprouver notre humanité. Bâtir un autre projet…« 

« Nous retrouverons les jours heureux »

Une sorte de dernier acte du quinquennat, imposé par l’urgence sanitaire. Un nouvel acte intéressant à surveiller, tant sur la rapidité de sa mise en oeuvre, que sur sa sincérité politique. Ainsi après « le fil du destin français » (octobre 2017), aujourd’hui le président parle d’un chemin : « je tâcherai de dessiner le chemin qui rend cela possible. Mes chers compatriotes, nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les jours heureux.« 

Entre service présidentiel et saint sacrifice, la parole du chef de l’État était en harmonie avec ce lundi de Pâques. Un Emmanuel Macron qui ressuscite : « un projet français, une raison de vivre ensemble, profonde !« 

VOIR AUSSI : Coronavirus COVID-19, pour Emmanuel Macron : « nous sommes en guerre »

Mais aussi : Macron, un citoyen ressuscité ?

Comme une prise de conscience, le citoyen Macron insiste  : « notre pays aujourd’hui, tient tout entier, sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Ces mots les Français les ont écrits, il ya plus de 200 ans. Nous devons aujourd’hui reprendre le flambeau, et donner toute sa force à ce principe. » En citant en partie, l’article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le président de la République dénonce l’actuelle illégitimité des distinctions sociales. Et il installe le jour d’après coronavirus, dans une possible révolution politique et culturelle. À suivre…

Confinement jusqu’au lundi 11 mai

Confinement le plus strict, jusqu’au lundi 11 mai, et masque grand public, dont l’usage pourra devenir systématique

La durée de la nouvelle prolongation du confinement, entamé le 17 mars est portée dans un premier temps jusqu’au 11 mai 2020 et le président l’a appuyée ainsi : « le confinement le plus strict doit encore se poursuivre, jusqu’au lundi 11 mai. » Mais ce n’est pas tout, « à partir du 11 mai », il y aura de disponible « un masque grand public pour chaque Français,» dont l’usage pourra devenir systématique.

Sortir du confinement : dépistage et pistage

« Le 11 mai, nous serons en capacité de tester toute personne présentant des symptômes », déclare Emmanuel Macron en précisant : « l’utilisation la plus large possible des tests, et la détection seront une arme privilégiée pour sortir au bon moment du confinement. D’ici là, et dans les prochaines semaines, nous allons continuer d’augmenter le nombre de tests chaque jour. » Question pistage et tracking, le Président souhaite prendre le temps de consulter le parlement, et le sénat, avant toute « avancée » dans ce domaine.

Lieux publics, pas de réouvertures

Pour l’heure concernant les lieux rassemblant du public : pas de réouvertures. « Les bars, restaurants, cafés, hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacles et musées resteront fermés. » Pour les festivals, et autres événements de ce type qui rassemblent les foules, leur possible maintien ne s’envisagerait qu’à partir de la mi-juillet. Un gouvernement dans une adaptation hebdomadaire : « la situation sera collectivement évaluée à partir de mi-mai, chaque semaine, pour adapter les choses et vous donner de la visibilité », a promis le chef de l’État.

Crèches, écoles, collèges et lycées ouverture le 11 mai

Normalement, la réouverture progressive des crèches, des écoles, des collèges et des lycées est envisagée à partir du 11 mai. Pour l’enseignement supérieur, Emmanuel Macron précise : « les cours ne reprendront pas physiquement à l’université jusqu’à l’été. Le gouvernement précisera pour chacun la bonne organisation qui sera nécessaire. En particulier pour les examens et les concours. »

Aide aux entreprises et aux particuliers

Concernant les aides aux entreprises, le Président a annoncé un plan spécifique pour « les secteurs, comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, la culture et l’événementiel, qui seront durablement affectés. » En clair ce sont : « des annulations de charges et des aides qui seront mises en place. » Pour les particuliers, l’aide dite « exceptionnelle » s’adressera « aux familles les plus modestes avec des enfants. »