Après plusieurs mois de manifestations contre la réforme des retraites, après une grève dans les transports d’une ampleur inédite et alors que le rejet de la réforme continue à rassembler une large majorité de nos concitoyens, le gouvernement a décidé de clore, en première lecture, le débat à l’Assemblée Nationale, par le recours au 49.3.

En refusant que le débat parlementaire se poursuive jusqu’à son terme, le gouvernement porte une grave responsabilité en choisissant de passer en force. Il fragilise un peu plus notre démocratie représentative et marque l’indifférence d’un pouvoir qui n’entend rien de la colère sociale qui traverse notre pays depuis deux ans, du mouvement des Gilets Jaunes jusqu’à aujourd’hui.

Ce choix aura des conséquences politiques à court et moyen terme et n’éteindra pas la colère des avocat·es, des enseignant·es, des cheminot·es, de tous les citoyen·nes, salarié.es, précaires, indépendant·es, étudiant·es qui se mobilisent  depuis de longues semaines contre un projet allongeant la durée des cotisations jusqu’à 65 ans, tout en réduisant le montant des pensions, en particulier celles des femmes et des personnes ayant des parcours professionnels heurtés.  Guidé par l’obsession libérale de réduction des dépenses publiques, ce gouvernement a ainsi choisi d’imposer une réforme injuste contre la majorité de l’opinion publique.

Pour EELV, une autre réforme des retraites est possible, un système plus juste qui élargisse le financement aux revenus du capital, qui supprime la décote pour permettre à ceux qui le souhaitent de partir plus tôt, et qui prenne en compte la pénibilité pour répondre à la plus grande des inégalités : la différence d’espérance de vie. EELV continuera à s’associer à toutes les mobilisations à venir jusqu’au retrait de la réforme.

Alain Coulombel et Éva Sas, porte-paroles