Alors que le Handicap concerne 1 Français sur 5, le Président de la République a annoncé, ce mardi, une série de mesures sur le handicap lors de la Conférence nationale du handicap.

Au programme, une « mobilisation nationale » et un chapelet de mesures de la scolarisation à l’accès à l’emploi.

De la scolarisation à l’emploi, en passant par la question de l’accessibilité

Dans le domaine de l’éducation, le Président propose la mise en place de 45 nouvelles unités d’enseignement autisme, avec une formation des enseignants, fin 2020.

Dans le domaine de l’accès à l’emploi, avec la mise en place, cette année, d’un plafond d’heures pour le cumul de l’AAH avec des contrats à temps partiels sera relevé de 17,5 h à 24 heures, la facilitation de l’accès aux « emplois passerelles » (CDD « Tremplin) vers le milieu ordinaire de travail devrait aussi être favorisé.

Alors même, que le Président était très attendu sur la question de l’accessibilité, celui-ci souhaite, à présent, mobiliser 1 000 ambassadeurs du service civique pour accompagner les personnes en situation de handicap dans les lieux public, ou encore rendre la communication gouvernementale accessible à 100 %, d’ici fin 2020.

Maintien des prestation et raccourcissement des délais

Emmanuel Macron a aussi souhaité rassurer les associations, qui s’inquiètent de l’avenir de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), pour le Président cette allocation ne sera « jamais transformée, diluée ou supprimée » au bénéfice du futur revenu universel d’activité (RUA) qui doit fusionner plusieurs allocations.

Au-delà de ces principales mesures, les délais de traitement devraient être raccourcis, ainsi toutes les personnes ayant un handicap irréversible devrait obtenir des « droits à vie » pour l’AAH et l’AEEH (jusqu’au 20 ans de l’enfant), la RQTH et la CMI. Pour la PCH, ces droits à vie seront effectifs à compter de mi-2020.

Réforme des retraites et sensibilisation du grand public

La question du handicap, devrait aussi être prise en compte dans la future réforme des retraites, les parents d’enfants handicapés pourront ainsi bénéficier d’une majoration spécifique pour la retraite, à hauteur de 5 %.

Une grande campagne de sensibilité aux handicaps doit aussi être lancé en 2025, de même qu’un numéro unique de prise en charge, le « 360 », accolé à la création de 400 équipes dédiées, d’ici à 2022 et et la création de 1.000 places supplémentaires dans les trois régions prioritaires : Île-de-France, Hauts-de-France, Grand-Est, en plus des 2 500 places programmées pour 2021-2022.

« Pourquoi ne pas donner, d’abord, les moyens aux initiatives qui existent déjà ? »

Peut-être pour le prendre au mot le Président, lorsque celui-ci écrit que « nous ne devons jamais nous habituer à ce décalage entre le droit et les faits », Gabrielle Henry, Vice-Présidente de l’Association FNATH (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés) de Montpellier et Vice-Présidente du Conseil départemental de l’Hérault en charge notamment du Handicap porte un regard circonspect sur ce chapelet de propositions, « il y a des effets d’annonce, sur la scène, mais, il y a rien de concret, de précis, à mettre en œuvre ».

« On a l’impression, qu’ils redécouvrent les choses ». « On reprend toujours les mêmes choses, vous avez besoin d’accessibilité, etc…, des choses qui existent déjà ». « On reste dans la bien-pensance, pourquoi ne pas tout simplement prendre tout les décrets d’application de la loi de 2005 ? »

La Conférence nationale du handicap est un rendez-vous prévu tous les trois ans par la loi du 11 février 2005, sous l’autorité du président de la République, « afin de débattre des orientations et des moyens de la politique concernant les personnes handicapées ».